Hivon veut «reconnecter» le projet souverainiste au quotidien des Québécois

La candidate à la course à la direction du Parti québécois Véronique Hivon, qui n’est pas « dans le rêve en couleurs », attendrait six mois avant les prochaines élections pour préciser sa démarche d’accession à l’indépendance.

Depuis la démission de Pierre Karl Péladeau, puis l’annonce de sa candidature, Mme Hivon a refusé de parler de « mécanique » et du moment où un gouvernement péquiste devrait soumettre le projet souverainiste à un référendum.

En dévoilant vendredi lors d’une conférence de presse son « plan de relance du projet souverainiste », Mme Hivon a précisé qu’elle se soumettrait à un délai de six mois avant le prochain scrutin pour informer les électeurs des intentions du Parti québécois.

« En 2018, nous allons savoir non seulement quelle va être la démarche, mais je dirais le rythme d’implantation de la démarche, a-t-elle dit. Moi, ce que je propose, c’est qu’environ six mois avant la prochaine élection, tout ça soit très clair. »

Entre-temps, Mme Hivon, si elle est élue chef du PQ, voudrait « reconnecter » le projet souverainiste à la vie quotidienne des Québécois.

Selon la candidate, les électeurs doivent voir la dimension concrète du projet, trop présenté jusqu’ici comme un idéal. « Je suis dans la préparation, dans bâtir et rassembler, a-t-elle dit. Je ne suis pas dans le rêve en couleurs, je ne suis pas déconnectée, au contraire. Ce que je dis, c’est qu’il faut reconnecter le projet d’indépendance aux Québécois dans leur vie de tous les jours, ce qui va donner de l’essor au projet. »

Le plan, qui pourra être exécuté à partir de l’an prochain, inclut notamment une tournée de mobilisation pour stimuler la relance du projet souverainiste.

La candidate souhaite également s’appuyer sur les études de l’Institut de recherche sur l’autodétermination et l’indépendance, un projet amorcé par M. Péladeau pour obtenir des études précises sur les différents aspects du projet du PQ.

« Je vais montrer aux Québécois jusqu’où cette vision peut aller dans le Québec province, dans le bleu pâle, et jusqu’où on pourrait aller si on avait tous les leviers dans le Québec pays, le Québec bleu », a-t-elle dit.

Mme Hivon souhaite d’abord proposer une vision qui offrirait aux Québécois davantage que ce que proposent les libéraux actuellement. « On est face à un gouvernement qui gère à la petite semaine, a-t-elle dit. On pourrait mettre de hauts fonctionnaires, que je respecte énormément, et ils feraient le travail de gestion. Je veux que le PQ de 2016 soit un parti aussi inspirant que le PQ de 1976. »

Entourée d’ex-représentants d’Option nationale et de Québec solidaire, Mme Hivon a répété que la convergence des forces souverainistes demeurait au coeur de sa démarche.

Alors que son adversaire dans la course, Alexandre Cloutier, conçoit le PQ comme le « vaisseau amiral », Mme Hivon a affirmé qu’elle préfère parler de diversité au sein du mouvement.

« M. Péladeau a dit une chose, qui est son legs le plus significatif : “Le PQ n’a pas le monopole sur l’option indépendantiste.”  Il s’est éloigné de la philosophie des brebis égarées, de pauvres petites brebis qui n’ont pas vu la lumière et qui ne reviennent pas. »
 

17 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 20 mai 2016 14 h 40

    «Je ne suis pas dans le rêve en couleurs, je ne suis pas déconnectée au contraire, a-t-elle dit.» (Véronique Hivon)

    Vous pouvez toujours le dire mais ce sera à nous d'en juger.

    • Marie-Josée Gagné - Abonné 20 mai 2016 19 h 48

      Laissez la au moins le dire car je la sens très sincère. Cels ne vous enlève aucunement le droit d'en juger.

    • Benoit Toupin - Abonné 20 mai 2016 20 h 46

      Elle se donne 2 ans pour travailler avec les gens à fixer une démarche précise et claire; mais elle promet d'être transparente avant l'élection 2018. D'ici là, elle désire débattre de l'impact de la souveraineté dans le quotidien des gens.

      Exiger que les candidats se prononcent aujourd'hui sur la tenue du référendum est aussi inutile que prématuré. L'obligation des candidats est d'être claire sur la tenue d'un référendum avant l'élection 2018 et d'annoncer les étapes prévues au cours du mandat à venir.

      Mme Hivon ne veut pas s'approprier à elle seule la définition de la démarche; elle invite à la participation; il est donc normal qu'elle ne déclare pas de facto sa vision. Accepteriez vous de discuter avec quelqu'un qui a déjà tout décider? J'aime bien cette approche participative et j'invite à lui laisser sa chance et accepter qu'il s'agit d'un processus en évolution.

      Il reste beaucoup de travail à faire avant d'arriver à l'étape finale du référendum. Non seulement pour débattre et convaincre, mais aussi pour jeter les bases d'un processus politique national, international, et dessiner le Québec pays, parce que les électeurs voudront savoir à quoi ressemblera ce pays...

      Voir la souveraineté comme un simple vote sur la sortie du Québec de la fédération canadienne , c'est manquer l'essentiel. Il faut préparer dès maintenant l'avant, le référendum, et surtout l'après. Je me réjouis qu'une candidate invite à la participation citoyenne parce qu'il ne faut pas seulement gagner un référendum mais réussuir un pays qui inspire et rassure...

    • Lise Bélanger - Abonnée 22 mai 2016 09 h 13

      Et pourquoi est-ce un rêve en couleurs de vouloir un pays? Presque tous les pays colonisés se sont affranchis depuis les années '60 et le Québec traîne de la patte.

      Il est normal et réaliste de vouloir gérer son propre état plutôt que de laissé le conquérant nous imposer ses lois et surtout maintenir le peuple conquis dans son infériorité, son incapacité d'agir en état responsable, se limitant à approvisionner les provinces chéries canadiennes (vache à lait ou porteur d'eau).

      Mais surtout, ce qui retarde le projet d'indépendance, ce ne sont pas uniquement les fédéralistes, mais les québécois qui attendent un plan parfait, une assurance irréaliste et à toute épreuve pour accorder de la crédibilité à l'indépendance du Québec.

      Ceux qui attendant la promesse d'un Eldorado, et que sans cet assurance préfèrent se soumettrent à un régime dégradant dont le dollar ne cesse de chuter.

      Les défaitistes qui se disent: pourquoi voter PQ puisque de toute façon la démagraphie est contre nous etc....plutôt que de relevé le défi.

      Si il y a à mourir, vaut mieux mourir debout qu'écrasé.

  • Raymond Labelle - Abonné 20 mai 2016 14 h 45

    La souveraineté dans le quotidien - visualisons les prochaines élections.

    Visualisons.

    Un militant péquiste fait du porte-à-porte: "Nous aimerions vous parler de notre position sur Énergie Est".

    L'électeur: "Ça pourrait m'intéresser mais, dites-moi, tout d'abord, allez-vous faire un référendum si vous êtes élu?"

    Le militant: "Ça dépend, mais je peux vous parler de l'impact de la souveraineté sur votre quotidien".

    Pas le choix. Il faut répondre à la question qui tue. Clairement.

    • Marie-Josée Gagné - Abonné 20 mai 2016 19 h 55

      Justement, comme vous le dites bien, c'est une question qui tue peu importe la réponse. Voici pourquoi:
      Si les gens a qui vous souhaitez parler "d'Énergie Est" veulent d'abord savoir s'il y aura un référendum, il serait très important que vous preniez le temps de leur rappelez que:
      - un référendum est un rendez-vous démocratique qui permet aux citoyens d'exprimer leur choix. Il n'y a pas de compté lors d'un référendum, un vote dans un petit compté a le même poids qu'un vote dans un gros compté et la question permet une réponse claire (OUI ou NON)
      - les médias et les fédéraux nous font croire qu’un acte démocratique engendre de la turbulence, de l'insécurité. Nous devons résister à cette propagande.
      - en Suisse, leur démocratie fait en sorte que ces derniers sont consultés par référendum plusieurs fois par année pour toute sorte de décisions sociétales.
      Alors pourquoi les Québécois ont-ils développé une peur du référendum? Par ce que des gens ont instrumentalisé ce mot.
      Cessons de jouer dans cette joute sans issue (date du référendum). Parlons des avanatges que l'indépendance nous procurera et lorsque l'évidence prendra forme, ce sont les citoyens qui exigeront de pouvoir prendre la décision.

  • François Doyon - Inscrit 20 mai 2016 15 h 50

    Responsable et clair message.

    La préparation, le bâtir, rassembler et reconnecter le projet au quotidien voilà ce qui aurait toujours dû être fait et sans relâche.
    Tout peuple qui se distingue a sa patrie et son pays.

    Beaucoup plus facile par la suite de vivre en harmonie avec les peuples et pays voisins ou éloignés.

    Un rêve très loin d'être en couleurs. Soyons seuls responsables de nos choix, nous serons respectés.

    Merci Madame Véronique Hivon!

  • Colette Pagé - Abonnée 20 mai 2016 18 h 55

    Le flou artistique !

    Nous sommes toujours dans le flou et le jovialiste ! Il faudra bien un jour répondre directement à la question et sortir de la zone de confort. JF Lisée qui n'a pas la langue de bois obligera les candidats de se commettre et de cesser de tergiverser.

    Pourquoi attendre six mois avant l'élection pour connaître la position de Madame Hivon sur le référendum.

    La campagne à la chefferie n'est elle pas une excellente occasion de prendre position et de choisir le camp des pressés ou des réalistes.

    • Marie-Josée Gagné - Abonné 20 mai 2016 20 h 04

      Pourquoi attendre 6 mois ?
      C'est simple, parce quand tu es à discuté avec des partenaires pour les convaincre de s'unir pour gagner, tu as un minimum de considération pour eux en ne décidant pas toute seule de la date, du processus, de la question, etc.
      Cessons de nous concentrer uniquement sur une date pour qualifier si les candidats sont sérieux dans leur démarche ou non.
      Demandons leur en quoi l'indépendance va nous permettre de toucher a des avantages inaccessibles aujourd'hui.
      Questionnons les bénéfices reliés à l'indépendance et cessons de réduire la discussion à une date.
      Laissons ce jeu au fédéralistes qui ont réussis à nous faire croire que vivre un momment démocratique (un référendum) c'est source de traumatisme et d'instabilité. Foutaise!

    • François Doyon - Inscrit 21 mai 2016 15 h 37

      Merci... Marie-Josée Gagné... pour votre lucide commentaire.

  • Gilles St-Pierre - Abonné 20 mai 2016 19 h 04

    Tanné du référendum

    Pourrions-nous tout simplement se satisfaire des élections référendaires? Ainsi, si le PQ prend le pouvoir, il n'aura qu'à déclencher le processus de l'indépendance du Québec sans autre alternative. Si les québécois ne sont pas encore prêts, il y a le PLQ et la CAQ pour les servir (ou les asservir) et quand ils en auront assez des partis fédéralistes ils sauront alors pour qui voter.

    Pourquoi s'obstiner autant et de vouloir prendre le pouvoir à tout prix? Rien de pire pour le PQ et pour nous que ce parti prenne le pouvoir dans un régime fédéraliste et en subir toutes les contraintes. Pourrions-nous en finir une fois pour toute avec ces demies mesures de gouvernance des péquistes et ces référendums à la va-comme-je-te-pousse, peut-être b'en que oui, peut-être b'en que non, ou b'en peut-être que ça dépend, etc. Alors faisons des élections référendaires et rien d'autres surtout pas question d'avoir le PQ au pouvoir sans ces conditions. Point final.

    Que les québécois se branchent une fois pour toute s'ils veulent profiter du PQ et en attendant, qu'ils se contentent du PLQ ou de la CAQ puisqu'ils aiment ça le fédéralisme; inutiles de gaspiller nos énergies et perdre notre temps pour rien.

    En attendant, comme toujours: vive le Québec libre.