La facture pourrait grimper pour les banlieusards

L'adoption de la loi sonnera le glas de l’Agence métropolitaine de transport telle qu’on la connaît aujourd’hui.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L'adoption de la loi sonnera le glas de l’Agence métropolitaine de transport telle qu’on la connaît aujourd’hui.

La nouvelle loi sur la gouvernance des transports collectifs dans la région de Montréal adoptée par l’Assemblée nationale jeudi comporte des vertus, mais elle risque de coûter cher aux automobilistes du 450, déplore la Coalition avenir Québec (CAQ).

La loi fera disparaître l’Agence métropolitaine de transport (AMT) au profit de deux nouvelles entités qui assureront la planification et la gestion des services de transports collectifs de la grande région de Montréal. Mais elle permettra aussi à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) d’étendre à l’ensemble des 82 municipalités de son territoire la taxe d’immatriculation de 45 $ appliquée depuis 2011 sur l’île de Montréal. C’est pourquoi les députés de la CAQ ont voté contre la loi.

Cette taxe s’ajouterait alors aux 30 $ déjà perçus auprès de tous les automobilistes québécois. Et comme beaucoup de résidants des banlieues possèdent deux voitures, la hausse par ménage pourrait atteindre 90 $, explique le député de Groulx, Claude Surprenant. « Ils doivent prendre leur auto, et là, on les taxe pour contribuer davantage aux coûts de fonctionnement d’un système qui ne leur convient pas pour le moment. On calcule que ce n’est pas justifié, dit-il. Ils vont aller chercher 50 millions de dollars de plus avec ça. »


Refonte des structures

L’entrée en vigueur de la loi aura aussi pour effet de réduire de 16 à 5 le nombre d’organismes en transport collectif dans la région. Les sociétés de transport de Montréal, de Laval et de Longueuil conserveront leurs responsabilités pour l’exploitation de leurs services. Quant à l’AMT, elle sera remplacée par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui sera responsable de la planification du transport collectif dans le Grand Montréal, et par le Réseau de transport métropolitain (RTM), qui pilotera l’exploitation des trains et autobus des couronnes.

Dans l’immédiat, l’AMT poursuivra ses activités, mais un comité de transition devrait être mis en place sous peu et les nouvelles entités prendront le relais en janvier 2017.

Après le dépôt du projet de loi 76 en novembre dernier, plusieurs maires des couronnes s’étaient plaints du contrôle détenu par la Ville de Montréal sur le RTM. Leurs doléances ont été entendues puisque des amendements apportés au projet de loi font désormais en sorte que les élus des couronnes seront majoritaires au conseil d’administration.

Un cadre financier attendu

Pour Transit, l’Alliance pour le financement des transports collectifs au Québec, l’adoption du projet de loi 76 tombe à point et est « une étape importante » pour la région métropolitaine.

L’organisme rappelle toutefois le besoin urgent de définir un cadre financier adéquat. « Maintenant que les responsabilités métropolitaines sont redéfinies, il faut donner des moyens accrus de développer le service », a indiqué Félix Gravel, porte-parole pour Transit.

Il a ajouté que l’Alliance « offre sa collaboration [au gouvernement] pour que la nouvelle structure de gouvernance puisse disposer d’un meilleur financement du transport collectif et d’une politique qui permette de déployer l’offre ».

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 20 mai 2016 09 h 02

    Épouvantable !

    On fera payer par les ménages banlieusards à deux voitures un montant annuel astronomique de 90$, imaginez, quelque chose comme le prix d'un repas familial dans un resto pas cher, ou d'un billet de spectacle rock, ou comme 1% du coût annuel d'opération de leur auto. Scandaleux. En fait, sous la CAQ tous les services publics seraient gratuits et de paraite qualité mais il n'y aurait niimpôts ni taxes, le Paradis, quoi!

  • Sylvain Auclair - Abonné 20 mai 2016 09 h 44

    Décourager l'usage de la voiture

    Et non sa propriété. Ce n'est pas en augmentant l'immatriculation qu'on va atteindre ce but.