Québec gèle l'embauche de nouveaux employés

Québec — Le Conseil du trésor a décrété hier un gel de l'embauche pour des emplois réguliers dans la fonction publique au cours des prochains mois. Il s'agit d'un prélude à la politique de la main-d'oeuvre qui sera déposée ce printemps et qui réduira la taille de la fonction publique en ne comblant pas, pour une large part, les postes qui seront laissés vacants par les départs à la retraite.

«Nous sommes à revoir nos mécanismes de planification de la main-d'oeuvre et il nous faut prendre des mesures transitoires pour garantir l'efficacité de notre démarche», a affirmé hier la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, par voie de communiqué.

La ministre déposera ce printemps une politique d'attrition, de renouvellement et de diversification de la fonction publique québécoise. Environ 40 % du personnel prendra sa retraite d'ici 2010. Selon des hypothèses qui circulent de plus en plus, le gouvernement Charest pourrait remplacer seulement la moitié des fonctionnaires qui partiront à la retraite.

Cette nouvelle politique s'inscrira d'ailleurs dans la foulée de la «réingénierie» de l'État, lancée par les libéraux au lendemain de leur victoire. Dans le cadre de cette réforme, le Conseil du trésor a demandé aux ministères et organismes de dresser une liste de partenaires privés aptes à offrir certains services gouvernementaux afin, notamment, de réduire la taille de l'État. La réduction de l'appareil étatique est d'ailleurs un engagement électoral du premier ministre Jean Charest.

Le gel d'embauche décrété hier sera en vigueur jusqu'au 30 avril. Les ministères et les organismes qui auront besoin d'embaucher un employé devront obtenir une autorisation expresse du sous-ministre en titre ou du dirigeant de l'organisme. Seuls les emplois occasionnels «dont il aura été démontré qu'ils sont indispensables au fonctionnement du ministère ou de l'organisme» seront comblés. Au cours de la même période l'année dernière, de la mi-février à la fin d'avril, Québec avait embauché 800 fonctionnaires permanents, ce qui laisse présager un nombre équivalent de postes qui ne seront pas comblés cette année.

«Il ne s'agit pas d'un exercice de compression des effectifs mais bien d'une mesure visant à freiner l'augmentation de l'effectif de la fonction publique. Cette mesure, sans être trop rigide, nous permettra de mieux contrôler l'effectif d'ici au développement prochain de nos grandes orientations en matière de gestion des ressources humaines», a tenu à préciser Monique Jérôme-Forget. Les concours de recrutement se poursuivront malgré cette annonce.

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