Jean-François Lisée sera de la course

Jean-François Lisée avait tenté sa chance en 2015.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Jean-François Lisée avait tenté sa chance en 2015.

Jean-François Lisée a décidé, dimanche, de se lancer dans la course à la direction du Parti québécois, a appris Le Devoir.

Le député de Rosemont en a fait l’annonce aux candidats déclarés, Véronique Hivon et Alexandre Cloutier. 

Il a fallu cinq jours à Jean-François Lisée pour déterminer que sa contribution à la course à la chefferie péquiste se distinguera suffisamment de celles des autres candidats pour que sa candidature en vaille la peine. Mardi dernier, il avait réfléchi tout haut sur l’utilité de sa candidature. «La question que je me pose et que je pose aux gens à qui je parle, c’est : quelle serait l’utilité ou la nécessité de ma candidature ? Est-ce que j’ai des choses à dire qui ne sont pas dites par d’autres ?»

Le candidat croit qu’il est en mesure de formuler, à la faveur de cette course à la chefferie, des propositions qu’il considère comme singulières. 

Lors de la précédente course à la direction de 2014-2015, Jean-François Lisée faisait partie des cinq candidats sur la ligne de départ avec Alexandre Cloutier, Bernard Drainville, Martine Ouellet et Pierre Karl Péladeau. Pierre Céré s’était présenté par la suite. 

Son entrée en piste fut aussi fulgurante que controversée. En octobre 2014, dans un livre-événement intitulé Le journal de Lisée : 18 mois de pouvoir, mes combats, mes passions, Jean-François Lisée révélait les dissensions au sein du Conseil des ministres du gouvernement Marois relativement au projet de charte de la laïcité. Il affirmait qu’il aurait voté contre le projet de charte des valeurs si elle n’avait pas compris un article garantissant les droits acquis. Ses collègues députés lui avaient reproché ce qu’ils considéraient comme une violation de son serment ministériel de discrétion. Il avait accusé son rival Bernard Drainville d’avoir «empoisonné» le débat sur la laïcité avec cette charte.

En outre, Jean-François Lisée avait été le seul candidat à relever la situation problématique du candidat Pierre Karl Péladeau qui conservait ses actions de contrôle de l’empire médiatique Québecor. Il avait qualifié le magnat de la presse de «bombe à retardement» pour le PQ, ce qui avait suscité l’hostilité de maints militants péquistes.

Le 23 janvier 2015, Jean-François Lisée s’est retiré de la course parce que l’avance de Pierre Karl Péladeau lui apparaissait insurmontable. Les militants péquistes veulent avoir «leur moment Péladeau», avait-il déclaré. 

Il faut également souligner qu’un sondage publié à l’automne 2014 ne favorisait aucunement le candidat. Chez les sympathisants péquistes, Jean-François Lisée, en dernière place, ne recueillait que 2 % des appuis.

Mécanique référendaire

Le candidat avait présenté une proposition à la fois et claire et souple sur la tenue ou non d’un référendum sur la souveraineté dans un premier mandat de gouvernement. À six mois des élections de 2018, il aurait informé la population si un tel référendum se tiendrait, une position qu’avait reprise Pierre Karl Péladeau. Dans son livre Sortie de secours, publié en 2000, il avait suggéré au gouvernement péquiste de tenir des référendums sur autre chose que la souveraineté afin de réclamer des pouvoirs du gouvernement fédéral.
 

Consultez notre dossier sur la course à la chefferie du PQ
31 commentaires
  • Georges Tremblay - Abonné 16 mai 2016 01 h 04

    Voici pourquoi je recommande Jean-François Lisée

    Priorité 1: parler aux québécois.
    Le Parti Québécois entre dans une ère de grandes communications pour présenter un projet élaboré de pays. (si c'est le choix du parti)
    Le chef du parti devra être un passionné de communications:
    - publication d’écrits percutants qui ont retenu l’attention;
    - chroniques capables de retenir l’attention de nombreux abonnés;
    - capacité de s’imposer lors de débats publics;
    - en réunions, aptitude à proposer plus d’idées que quiconque;

    Priorité 2: Animer un super débat à l’intérieur du parti.
    Avec l’arrivée du nouveau site http://pq.org/independance/ qui propose un argumentaire sur l’indépendance et avec le nouvel Institut sur la souveraineté du Québec (nom courant) les idées seront nombreuses, variées.
    Connaissant le parti québécois, il apparait évident que nous aurons besoin d’un chef capable d’animer et d’encadrer cet intense débat.
    Le message qui sera proposé à la population en 2018 ne pourra se permettre d’être raté !

    Priorité 3: S’affirmer face aux autres partis;
    Le chef devra être…
    - redoutable lors des affrontements en chambre;
    - capable de dominer lors des débats des chefs

    Pour cela, le chef devra posséder…
    - une solide connaissance de l’historique des partis;
    - une grande agilité intellectuelle;
    - bénéficier du respect des journalistes.

    • - Inscrit 16 mai 2016 07 h 10

      Bons points.

      J'ajouterais que Lisée est probablement le candidat qui peut le mieux exprimer la position du parti aux minorités au Québec. Il est aussi celui qui a la connaissance la plus fine des affaires internationales en général, notamment des États-Unis et de l'Europe.

    • Sylvain Bolduc - Abonné 16 mai 2016 08 h 10

      Je suis bien d'accord avec les points exprimés. Je trouve également que le chef du PQ, surtout en ce moment, doit avoir une personalité forte. Ce qui manque énormément aux 3 autres candidats et candidates.

  • Michel Lebel - Abonné 16 mai 2016 06 h 38

    Mystère!

    La défaite de Lisée est fort prévisible. Pourquoi alors briguer le poste de chef? Mystère et boule de gomme!

    M.L.

    • Colette Pagé - Inscrite 16 mai 2016 10 h 15

      À ce jour même si Alexandre Cloutier est en avance bien malin qui pourrait dire lequel des candidats sortirait gagnant. S'il brigue le poste de chef il est raisonnable de penser que JF Lisée , qui n'a pas la langue de bois, a des idées concrètes à défendre.

      Reconnu comme progressiste avec un argumentaire solide qui en dérange sa contribution et son expérience pourront faire évoluer les idées. Et puis qu'il perde ou qu'il gagne l'important n'est-il pas de participer !

    • Michel Lebel - Abonné 16 mai 2016 10 h 36

      @ Claude Gélinas,

      J'ose espérer qu'il n'y a pas que Lisée à avoir des idées au PQ! Sinon cela fait bougrement pitié! Il est vrai que ce candidat a une forte estime de sa peronne et que l'humilité n'est pas sa marque de commerce! Il fera certainement parler de lui durant cette course...

      M.L.

    • Patrick Boulanger - Abonné 16 mai 2016 11 h 02

      Il est possible que M. Lisée gagne, même si cela nous semble improbable (pour l'instant).

    • Raymond Labelle - Abonné 16 mai 2016 11 h 08

      Il y a des gens qui sont prêts à se sacrifier pour faire valoir leurs idées. JFL s'était sacrifié en tentant d'avertir les membres du PQ de ne pas élire PKP à sa tête. Après le choix de PKP, JFL est resté loyal au parti, étant l'un des parlementaires les plus efficaces de l'opposition.

      Il s'est déjà prononcé, dans cette course-ci, sur la question qui tue, en tentant d'avertir le parti qu'il doit être très clair sur le fait d'assurer la population que le PQ ne ferait pas de référendum s'il était élu en 2018 pendant son mandat.

      Il peut forcer le parti à regarder la réalité en face, et le fait qu'il soit candidat lui donne plus de latitude pour le faire. Même s'il perd.

      À notre époque individualiste, il est bon de voir des gens pour qui la victoire n'est pas le seul motif d'action.

      Ceci étant dit, ce qui semble improbable peut se produire en politique.

      Qui aurait prédit trois mois avant octobre 2015 que le PLC aurait été élu triomphalement aux dernières élections fédérales?

    • - Inscrit 16 mai 2016 11 h 35

      M. Lebel, le fait d'affirmer que M. Lisée ait des idées n’implique pas que les autres n'en aient pas.

      Deuxièmement, si on compare avec le vide abyssal des idées au PLQ, le PQ se démarque significativement. Lors du congrès de fin de semaine au PLQ, c’était la première fois depuis le rapport Allaire qu’il y a eu un « débat d’idée » … et c’était sur le problème des licences de taxi ! C’est dire !

    • Sylvain Auclair - Abonné 16 mai 2016 18 h 28

      En guise de réponse, monsieur Lebel, lisez le commentaire d'Hélène Paulette, plus bas.

  • Hélène Gervais - Abonnée 16 mai 2016 06 h 56

    Il n'a pas la langue dans sa poche ....

    il dit ce qu'il pense, un peu comme Jacques Parizeau dans le temps, et qui nous faisait frémir parfois. Mais il avait raison, et monsieur Lisée aussi. Alors je reprends ma carte de membre pour avoir le plaisir de voter pour lui.

    • Stéphanie Deguise - Inscrite 16 mai 2016 13 h 16

      Je prends une carte de membre pour la première fois, juste pour pouvoir voter pour Lisée. Il semble être le seul au PQ à ne pas être aveuglé par son désir personnel de référendum et à tenir compte des désirs actuels de la population, qui sont pourtant une évidence.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 16 mai 2016 07 h 03

    M. Lisée n'aime pas l'inertie et la facilité

    M. Jean-François Lisée améliorera grandement cette course au leadership en y incorporant des questions ou problématiques jugées taboues par au moins une partie de l'establishment péquiste: probablement conscient qu'on ne le choisira pas comme chef, on le sent moins influencé par les alliances politiques locales, et plus soucieux de s'inspirer de ce qui se passe ailleurs et surtout moins enclin à se dire qu'un jour, le gouvernement libéral actuel aura fait son temps et qu'il faut simplement attendre que la population le répudie pour le remplacer. De plus,l'ancien establishment politique québécois est en voie de disparition et lui-même pourrait très bien disparaître aux prochaines élections si la gauche québécoise n'accouche pas d'un véritable projet de société susceptible de la réunir et de séduire le centre de l'électorat. À ce que je sache, les grandes et nobles causes ne manquent pas dans les pays qualifiés d'indépendants et de progressistes et certains pays indépendants peuvent très bien faire n'importe quoi, par exemple autoriser un projet d'oléoduc semblable à celui de Trans-Canada au Québec...

  • - Inscrit 16 mai 2016 08 h 09

    Lisée, le meilleur mais…

    Jean-François Lisée a tous les avantages notés plus haut par M. Georges Tremblay, plus quelques autres. Il est celui qui pourrait le mieux exprimer le contenu de ses politiques et aussi celui qui pourrait le mieux « performer » lors d’un débat. Il est brillant, connaissant de la politique québécoise, canadienne et internationale et habile communicateur.

    Malheureusement - je le dis à regret - il n’a pas le profil pour susciter l’adhésion des Québécois.

    Pour ratisser large au Québec, il faut savoir susciter la sympathie, avoir un brin de populisme tout en rassurant et donner l’apparence d’être compétent. Lesage, Johnson père, Lévesque, Bourassa, Bouchard et Charest, à des degrés divers, avaient tous l’une ou l’autre de ces qualités. À la rigueur, les Québécois peuvent aimer les arrogants, mais à condition d'être médecins, car aux médecins, tout est pardonné au Québec. Leur incompétence ou leur travers se dissimule facilement derrière leur profession.

    Ce qu’il ne faut surtout pas être ou paraitre au Québec, c’est l’intellect. L’anti-intellectualisme est l’une des composantes de la mentalité québécoise traditionnelle. C’est pourquoi les Parizeau, Ryan et Landry n’ont jamais eu la cote et rien n’indique que Lisée pourrait l’avoir plus que les autres. Lisée a la tare d’être un intellectuel et de ne pas le cacher.

    Ceci étant, la candidature de Lisée est la bienvenue dans le débat. Elle servira certes à le rehausser et à susciter des réponses aux questions pertinentes qu’il saura poser aux autres. C’est une course, qui pour cette seule raison mais aussi pour beaucoup d’autres méritera une grande attention.

    • Georges Tremblay - Abonné 16 mai 2016 17 h 03

      Bonjour M. Hubert.
      Moi aussi cette histoire de charisme me turlupine.
      Je m'inspire largement de votre texte: "Pour ratisser large au Québec, il faut...
      - savoir susciter la sympathie;
      - avoir un brin de populisme tout en rassurant;
      - se donner l’apparence d’être compétent."

      - Lesage, (quelle prestance et quelle diction !)
      - Johnson père, (je me rappelle ses discours à la tv. Il jouait au premier ministre en se tenant debout derrière un bureau brun avec un drapeau du Québec en fond de scène: risible... mais çà tellement marché qu'il a mis dehors le chef de la révolution tranquille! Pire, à la première réunion des sous-ministres qui avaient tous en poche leur lettre de démission; il a déclaré: "On continue comme avant !"

      - Johnson père avait utilisé son meilleur atout: l'image.
      - Parizeau, selon moi , savait bien que son image d'intellectuel ne passait pas. Il a séduit par la clarté fulgurante de ses propos.
      - Lisée peut en faire autant.

      Et puis, qui sait, peut-être que JFL saura rendre risible cette manie de chercher un sauveur à la voix profonde et au regard noir.
      Peut-être qu'il réussira à faire revivre une de ces périodes historiques au Québec où une équipe du "tonnerre" formée de québécois ambitieux et travailleurs ont appliqué avec enthousiasme et honnêteté un programme électoral qui a propulsé le Québec en avant.

      Alors, M. Hubert, je partage votre intérêt pour la candidature de M. Lisé !