Uber continue à diviser les libéraux

Une manifestation en appui à Uber s'est déroulée à Montréal, le 29 avril 2016.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Une manifestation en appui à Uber s'est déroulée à Montréal, le 29 avril 2016.

L’enjeu d’Uber a continué à diviser le Parti libéral lors de son conseil général, qui s’est ouvert vendredi.

La Commission-Jeunesse du PLQ (CJPLQ) et son président, Jonathan Marleau, persistent et signent : ils s’opposent toujours avec énergie à la réglementation d’Uber telle qu’énoncée dans le projet de loi 100 présenté par le ministre des Transports, Jacques Daoust.

Samedi, la CJPLQ entend faire adopter une résolution sur l’économie de partage qui exige « un cadre législatif et réglementaire qui prend en compte et qui s’inscrit dans la logique des nouveaux modèles d’affaires des acteurs de l’économie du partage et collaborative ».

Dans son discours d’ouverture, le chef libéral, Philippe Couillard, n’a pas mentionné la controverse. Mais il y a fait allusion en brandissant le livre sur les valeurs libérales de Claude Ryan, des valeurs libérales « construites avec équilibre », a-t-il dit. « Alors, les libertés individuelles, oui. Certainement dans le mot libéral, il y a le mot liberté. […] Mais la liberté dans le respect d’une société démocratique, de ses lois, de ses règlements. »

La journée de dimanche du conseil général du PLQ sera consacrée à l’étude d’une résolution-cadre sur l’éducation. Comme en 1964 au moment de la création du ministère de l’Éducation — un 13 mai —, « soyons le parti de l’éducation, le gouvernement de l’éducation. Moi, je veux être le premier ministre de l’Éducation », a lancé Philippe Couillard.

En revanche, les militants risquent de sentir que leur contribution n’est pas des plus utiles, puisque les grandes orientations en matière d’éducation sont déjà arrêtées. Le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, en a dévoilé les détails en entrevue.

Ce ne peut être le fruit du hasard : les propositions contenues dans la résolution-cadre coïncident parfaitement avec les visées ministérielles.

D’entrée de jeu, le document critique les projets de chambardements de structures comme s’il anticipait la décision du ministre de ne pas procéder à l’abolition des élections scolaires et aux changements dans la gouvernance des commissions scolaires. « Alors que les dernières années ont été monopolisées par les questions de structures, de gouvernance et de ressources, trop peu d’efforts ont été déployés autour de ce qui importe le plus, c’est-à-dire l’apprenant, son milieu et les facteurs reconnus pour favoriser sa réussite scolaire », peut-on lire dans la résolution-cadre.

On y retrouve également le projet de Sébastien Proulx d’offrir graduellement la maternelle dès quatre ans à tous les enfants au Québec. Le document suggère aussi d’évaluer la possibilité d’augmenter l’âge de l’instruction publique obligatoire à 18 ans, ce que le ministre entend justement faire. Et comme le ministre l’a évoqué, la résolution-cadre propose de rehausser les exigences d’admission des programmes de formation des enseignants et d’obliger les enseignants à suivre des programmes de formation continue. Enfin, tout comme Sébastien Proulx, le document exprime le voeu que le gouvernement mette fin à l’ancienneté comme unique facteur pour déterminer l’attribution des classes.

Samedi, les militants auront 81 résolutions à étudier, mais compte tenu du temps imparti, ils ne pourront se pencher que sur une fraction d’entre elles. L’immigration fait partie des préoccupations des militants : six propositions portent sur cet enjeu. La Commission des communautés culturelles du PLQ propose que le Québec accueille au moins la part d’immigrants reçus au Canada qui correspond au poids de sa population. Il faudrait que le Québec admette 70 000 immigrants pour maintenir le mêmerythme que le reste du Canada en 2016.