Le PQ a reçu plus de dons que tous les autres partis combinés

Bien qu’il ait récemment perdu son chef, le Parti québécois (PQ) n’est pas en mauvaise posture pour autant : la formation souverainiste a reçu plus de dons que tous les autres partis québécois confondus depuis le début de l’année 2016.

Selon les données du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), entre le 1er janvier et le 10 mai, le PQ a récolté 384 250 $ en financement public, ce qui représente le double des contributions versées au Parti libéral du Québec (PLQ), qui s’élèvent à 163 383 $.

Le parti de gauche Québec solidaire (QS), dont les appuis se concentrent en majeure partie dans la région montréalaise et qui détient trois sièges à l’Assemblée nationale, a pour sa part encaissé 69 126 $ — soit 16 000 $ de plus que la Coalition Avenir Québec (CAQ), parti plus à droite de l’échiquier politique qui compte 20 sièges répartis dans la province.

Les résultats des campagnes de financement politique n’étonnent pas Duff Conacher, cofondateur de l’organisme Démocratie en surveillance et professeur invité à l’Université d’Ottawa. Depuis que le Québec a réformé ses lois électorales en 2012, la province applique la « norme internationale par excellence » pour le financement des partis politiques, qui avantage les formations ayant un lien de proximité avec les citoyens, plutôt qu’avec les syndicats ou les grandes entreprises.

Lorsque le PQ avait été porté au pouvoir en 2012 — aidé notamment par les scandales de corruption impliquant des libéraux —, il avait rapidement mis en place ces réformes.


Augmentation du financement public

La nouvelle loi, qui est entrée en vigueur en 2013, a eu pour effet d’augmenter le financement public des partis. Le montant maximal des contributions politiques des individus est passé de 1000 $ à 100 $ par année et les citoyens, par le biais du DGEQ, versent 2,50 $ par dollar pour les premiers 20 000 $ reçus par les partis. Pour les 200 000 $ suivants, le DGEQ égale le montant. De plus, en période électorale, pour chaque vote, les partis reçoivent du DGEQ 1,50 $ au lieu de 0,80 $.

Bien que le gouvernement fédéral, l’Alberta, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse interdisent le versement de contributions par les entreprises et les syndicats, les limites de dons individuels sont bien plus élevées que celles du Québec. L’Alberta, par exemple, a fixé sa limite de contribution à 15 000 $ — soit 150 fois celle du Québec.

Selon M. Conacher, le PQ et QS reçoivent plus de dons parce qu’ils cultivent une base populaire depuis leurs débuts, tandis que les libéraux dépendent davantage des plus riches pour renflouer leurs coffres.

« Quand tu réduis la limite à 100 $, quelqu’un qui donnait déjà 100 $ donne le même montant, alors que la personne qui donnait 1000 $ donne le dixième de ce montant », a-t-il expliqué.

Malgré tout, les libéraux sont demeurés relativement résilients face à ces nouvelles règles. Même s’ils accusent un net retard jusqu’à présent en 2016, ils ont surpassé leurs adversaires en 2015 et 2014.

6 commentaires
  • - Inscrit 13 mai 2016 20 h 24

    Pour le parti moribond ...

    ...dont la vulgate ne cesse d'annoncer la fin prochaine, le PQ semble assez vivant et en santé !

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 mai 2016 22 h 11

      Le dipose d'une santé bien relative à mon avis. Quand on sait que le PQ a reculé de 320,000 votes en 2014 (son pire score depuis 1970) et qu'il a perdu 90,000 membres depuis 2005.

  • Gérard D. Briand - Abonné 13 mai 2016 21 h 01

    le vote et financement du PLQ dans le west island montréalo-rhodésien comme disait René-Lévesque?

    Il aurait été intéressant que le journaliste applique sa méthode, son analyse et son propos affirmant que le financement des solidaires des solidaires de QS soit financé essentiellement dans la région de Montréal et la compare honnetement aux autres partis officiels à l Assemblée nationale afin que l on découvre si la CAQ est pour sa parti financé vraiment dans les circonscriptions de Québec capitale et les comtés centre du QC ou que le PLQ soit financé ou non par les électeurs du west Island montrealais D’Arcy McGee ;Jacques-Cartier ; Jeanne-Mance-Viger ; Marguerite-Bourgeois ; Marquette ; Mont-Royal ; Nelligan ; Notre-Dame-de-Grâce ; Robert-Baldwin ; Westmount-St-Louis, etc.) et qui votent rouge à 80 %, 72% ou 81 % sel0n des normes quasi rhodésiennes sinon nord-coréennes.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 mai 2016 22 h 16

      À Gérard D. Briand,

      Je suis tombé en bas de ma chaise quand j'ai vu que cet article mentionnait le nombre de députés de QS et son caractère régional, et ne le faisait pas pour les autres partis.

      - Mais quel est donc ce journalisme à deux vitesses qui fait l'éloge du PQ en tentant de faire un croc-en-jambe à Québec Solidaire?

      - CM

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 mai 2016 10 h 16

      « Mais quel est donc ce journalisme à deux vitesses qui fait l'éloge du PQ en tentant de faire un croc-en-jambe à Québec Solidaire? »
      Une personne «lucide» peut-être ?

      PL

  • Bernard Terreault - Abonné 14 mai 2016 09 h 41

    Étonnant

    Mais 2016 n'est pas terminée et peut-être que PLQ et CAQ font leur sollicitation à un moment ultérieur de l'année. Mais le manque évident d'enthousiasme chez les électeurs caquistes devrait être préoccupant pour ce parti. Mais justement, le fondement du message de la CAQ est l'avarice, le rejet de la taxation et des impôts pour financer les services communs ; leurs électeurs ne veulent pas non plus financer la CAQ à même leur revenus durement gagnés ! Par contre, le PLQ peut compter sur la générosité des anglophones.