La mécanique référendaire surgit comme une embûche

Sylvain Gaudreault, à sa première journée comme chef intérimaire du Parti québécois à l’Assemblée nationale, est accueilli à la réunion du caucus par Alexandre Cloutier, qui, lui, doit annoncer sa candidature à la course au leadership du parti vendredi à Alma.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Sylvain Gaudreault, à sa première journée comme chef intérimaire du Parti québécois à l’Assemblée nationale, est accueilli à la réunion du caucus par Alexandre Cloutier, qui, lui, doit annoncer sa candidature à la course au leadership du parti vendredi à Alma.

Alors que la course à la direction du Parti québécois commence sur les chapeaux de roue et que seule une candidate, Véronique Hivon, a officiellement plongé, la mécanique référendaire a émis ses premiers grincements.

Alexandre Cloutier, qui annoncera vendredi, à Alma, qu’il se portera candidat, a présenté la « mécanique référendaire » comme un sujet inévitable tandis que Véronique Hivon, depuis deux jours, a plutôt cherché à repousser la question pour la remettre entre les mains des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec).

« La mécanique, c’est le piège à éviter évidemment, mais c’est inévitable. Alors les militants en débattront, il y aura une discussion de fond sur cet enjeu important, a affirmé le futur candidat dans un point de presse. Je pense que les candidats doivent être clairs. »

Lui-même devra rapidement clarifier sa position ; il n’a pas voulu, mardi, confirmer qu’il reprendrait sa proposition formulée lors de la course à la chefferie de 2014-2015. Il préconisait la voie du registre : le gouvernement s’engagera à tenir un référendum sur la souveraineté seulement une fois qu’on aura recueilli un million de signatures approuvant cette consultation populaire.

Sur la défensive, Véronique Hivon a indiqué que la clarté sera au rendez-vous lors des prochaines élections. « En 2018, il va falloir être très, très clair, a-t-elle promis Je suis dans la transparence. Il n’y aura jamais de piège ni de surprise avec moi. Tout va être clair. Ça va être la stratégie ouverte. »

Mais il n’est pas question d’en parler maintenant. « Je ne vous parlerai pas de mécanique en 2016, au jour 2 de ma campagne », a-t-elle dit, alors que « le coeur de [sa] démarche », c’est de parler du projet lui-même.

Dans un premier temps, « il faut donner une chance à la convergence », a-t-elle insisté. « Ce serait quand même incroyable, moi, du haut de ma deuxième journée de campagne, de venir vous dire : voici la bonne voie à suivre, la seule, l’unique », d’autant qu’elle était Madame Convergence au PQ. La candidate croit qu’il est possible d’en arriver à « une démarche commune, un plan d’accession à l’indépendance commun ». Le prochain congrès du PQ, qui devait se dérouler au printemps de 2017, mais qui sera vraisemblablement reporté à l’automne, selon Véronique Hivon, sera l’occasion de ratifier le tout.

Martine Ouellet se lance bientôt

La candidature de Martine Ouellet, « c’est une question de jours », a-t-elle confirmé, mardi, au Devoir. Elle aussi a souligné l’importance de ne pas négliger la mécanique.

Dans une lettre publiée sur LeDevoir.com et intitulée « L’indépendance d’abord », Martine Ouellet reprend là où elle avait laissé au terme de la dernière course. Deux routes s’ouvrent au PQ : celle du bon gouvernement provincial ou celle de l’indépendance du Québec, résume-t-elle. D’ici les prochaines élections, le PQ doit mettre en place les bases d’un Québec indépendant, renouveler les études sur l’indépendance et proposer une constitution de transition.

« Il faut avoir pour objectif de vraiment la réaliser, l’indépendance, et le plus rapidement possible », a livré au Devoir la future candidate. Cette attitude volontariste n’éloignera pas le PQ du pouvoir en 2018, ce que d’aucuns craignent. « C’est exactement le contraire, a soutenu Martine Ouellet. C’est en ayant une approche volontaire sur l’indépendance qu’on va se donner la force de réussir à battre le PLQ. »

Nicolas Marceau, qui cogite à la possibilité de se porter candidat afin de contrer une possible dérive à gauche du parti, a également insisté sur l’importance pour le prochain chef péquiste de se montrer d’une irréprochable clarté. « Ça prend de la clarté absolument, a-t-il dit. Je n’appuierai jamais personne, si jamais je ne me présente pas, qui ne serait pas clair sur ces questions-là. »

16 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 11 mai 2016 02 h 47

    Projet de société par et pour le peuple...

    Un référendum sur l'adoption d'un projet de société par le peuple et pour le peuple, sous forme de proposition constitutionnelle claire et contraignante pour les élus par exemple, est selon moi la seule solution viable pour sortir tous gagnants sur cette question.
    Jamais une majorité de Québécois n'acceptera de signer un chèque en blanc à quelque politicien que ce soit. A mon avis, c'est une évidence.
    Alors, allons tous de l'avant plutôt que de faire du sur place en se divisant sur le pour ou le contre d'un référendum qui repose sur un seul désir. Désir justifié, j'en suis pleinement depuis des décennies, mais désir insuffisant en clarté; donc trop vague pour convaincre largement les électeurs.
    Les indépendantistes dont je suis doivent garantir aux Québécois la venue d'une République qui leur ressemble tant, qu'elle leur convient au delà de leurs répartition partisane à droite ou à gauche.
    Qui leur convient au-delà de ces différences d'appréciations individuelles et normales dont le Canada se sert habilement pour diviser notre peuple...
    L'organisation d'un référendum est la garantie devant la communauté internationale de la transparence universelle du processus d'expression claire de notre volonté à nous donner une République libre. Il ne faut dons pas faire l'impasse sur cet outil politique reconnu partout.
    Mais tant qu'un référendum reposera sur une déclaration qui correspond à une simple promesse de tel ou tel autre politicien, il se montrera bien en deçà de ce que les Québécois attendent d'un pays qui leur ressemble si bien, que non-seulement ils en adopteront la construction, mais ils se mobiliseront très largement pour y donner existence concrète et vie particulière.
    C'est à force d'écouter les Québécois eux-mêmes, les humbles et les autres, que j'en ai acquis la ferme conviction.
    Comme le disent nos voisins du sud : Là où une volonté existe, un moyen ne peut qu'être trouvée pour l'exprimer... ?

    Merci de votre lecture.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2016 09 h 34

      " Les indépendantistes dont je suis doivent garantir aux Québécois la venue d'une République qui leur ressemble tant, qu'elle leur convient au delà de leurs répartition partisane à droite ou à gauche." - Yves Côté

      Vous reprenez exactement la vielle doctrine péquiste.

      Car vous la perdrez, votre indépendance si elle n'est ni à gauche, ni progressiste et si votre constitution et votre proposition de pays ne protège pas les droits et libertés des citoyens.nes.

      L'indépendance ne passera jamais si elle ne constitue ni une solution contre les abus politiques et financiers du 1% des élites économiques et politiques sur le 99% des gens ordinaires et ne représente pas de nettes améliorations sociales par rapport à l'État canadien.

      Christian Montmarquette

    • Jean-Pierre Roy - Abonné 11 mai 2016 12 h 19

      Parlez-vous du projet de société pour la province de Québec?
      Le projet de société pour le Québec pays indépendant appartient aux citoyennes et citoyens ainsi qu'aux élus du Québec pays.

    • Yves Côté - Abonné 11 mai 2016 13 h 48

      Merci Messieurs de vos interpellations.
      Monsieur Montmarquette, ouvrez votre esprit.
      Le progressisme et l'humanisme ne sont pas plus de gauche que de droite. Je le dis bien que je sois de gauche...
      Malgré les prétentions à la solution universelle des uns et des autres, le fait d'être de droite ou de gauche n'est pas un élément qui garantie le peuple de quoi que ce soit en terme d'excès de pouvoir et de prise d'intérêt.
      Etre de droite ou de gauche n'est qu'une position politique d'analyse et se proposition d'action à l'endroit du peuple. Donc, qui repose sur ce qu'on adopte comme prérogatives personnelles et qui va selon les valeurs dominantes, secondaires et tierces qui nous habitent.
      Personne n'a le droit de dicter aux Québécois leurs choix. C'est ma position depuis toujours et si je répète souvent en conclusion l'interpellation du général de Gaulle, ce n'est ni par mode (d'ailleurs je me tromperais de le faire), ni par suivisme archaïque. C'est par conviction démocratique et par amour véritable de la liberté pour les Hommes.
      Ce qui m'amène à la très pertinente remarque que vous apportez, selon moi, Monsieur Roy. Celle-ci est fondamentale à mon sens.
      Le Québec se trouve dans une situation où seuls les semeurs d'illusions et les naïfs peuvent dorénavant prétendre qu'ill est possible d'être Québécois et Canadiens en identité. Les faits montrent que depuis 1995-96, le Canada a entrepris non-plus de jouer la carte de distinguer les "bons" des "méchants" Québécois comme il le faisait depuis les années 60, mais d'opposer dorénavant qui de nous acceptent ou pas la position d'insignifiance politique qu'il nous réserve depuis le début du 19è siècle.
      En cela, il y a donc maintenant au Québec des gens qui affirment être chez eux de deux manières différentes.
      D'un côté, les individus qui s'inscrivent dans une continuité historique et culturelle d'abord française et dorénavant francophone qui a pris sa source sur ce territoire au 16è siècle et d'un autre côté,...

    • Yves Côté - Abonné 11 mai 2016 14 h 15

      ...les individus qui s'inscrivent dans un hiatus qui justifie l'abolition de nos droits de peuple au 18è siècle, avant même que les Droits des peuples ne soient définis et bien entendu, verbalisés et mis en actions par les Révolutions Etasunienne et Française. Ce hiatus ayant pour fondement la mainmise armée sur le Canada par l'entité britannique et son maintien par la loi et la force de celle-ci sur les populations qui y habitent. En particulier sur celles qui ont été "maîtrisées" parce qu'elles s'opposaient à cette prise de pouvoir anglaise sur les territoire qu'elles habitaient (et habitent encore, quoi que de plus en plus frangilement...).
      Par conséquent, il y a au Québec les Québécois, républicains qui croient dans les prérogatives du peuple sur la monarchie britannique, les Canadiens, eux qui acceptent de se soumettre aux prérogatives d'une monarchie qui de surcroît est étrangère. Le fait de faire semblant de ne pas être concerné par l'une ou l'autre de ces deux avenues politiques et celui de jouer l'ignorance et en tel cas, l'absence de positionnement sur ce sujet dans l'espoir de "vivre tranquillement" en s'arangeant avec le reste, le reste étant l'essence même de l'humain, sa langue, sa culture, ses valeurs fondamentales, tout cela n'étant au fond qu'une acceptation de ce statu quo qui nous tue à petit feu aussi certainement que le montre les statistiques canadiennes de notre minorisation continue.
      Mais quel rapport, me direz-vous sans doute, avec votre interpellation ?
      Simple : soit nous acceptons le risque de respecter la démocratie en prenant sur nous de vaincre malgré les entourloupes démographiques habiles et continues que le Canada nous a imposées et pour nous parlons à tous les électeurs du Québec en leur donnant l'occasion de devenir Québécois, soit nous jouons nous aussi comme le Canada sur les marges tactiques pour favoriser une réponse qui nous plaît, mais en oubliant l'importance du courage des individus dans la création de tout pays nouveau.

    • Yves Côté - Abonné 11 mai 2016 14 h 34

      Et pour ma part, à soixante ans, mon choix est fait depuis longtemps puisque je n'ai jamais été capable d'accepter la fuite comme une solution constructive.
      L'esquive, la feinte, l'intelligence je le souhaite, quitte à perdre le combat, d'accord. Mais jamais la fuite.
      Parce que la vie m'a montré que la fuite ne fait pas que perdre le match en cour, mais qu'elle fait toujours perdre le championnat de la saison.
      Et parfois pire, qu'elle détruit l'estime des individus et dans notre cas précis au Québec, celle des peuples...
      Si je lutte humblement depuis des années pour en arriver, ce n'est certainement pas pour perdre ce qui a porté mon peuple depuis des siècles : la fierté d'être ce que nous sommes malgré tout ce qu'on nous fait connaître comme attaque pour le détruire et celle aussi de vouloir le faire partager à quiconque vient vivre chez nous, avec nous.
      Le projet de société que nous devons proposer aux électeurs du Québec doit être si emballant, si novateur, si respectueux des Droits Humains et de l'environnement, que non seulement eux tous doivent être tentés de l'adopter, sauf celles et ceux qui nous portent un racisme viscéral, mais que les individus qui n'habitent pas aux Québec et qui donc n'auront pas le droit d'y voter pour ce pays, doivent en être jaloux: tellement il sera emballant d'en être partie prenante de sa création.
      Merci de la lecture que vous aurez faite de ma réponse, Messieurs.
      Et avec vous, je l'espère, Vive la liberté et la République !

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 11 mai 2016 17 h 09

      @ JPR Je seconde...et ça me fait très plaisir.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 09 h 38

      " Etre de droite ou de gauche n'est qu'une position politique d'analyse " - Yves Côté

      Vous irez essayer d'expliquer ça aux millions de Québecois qui subissent les politiques néolibérales de droite d'autérité sélective de gavages des banques et des multinationales à raison de 10 milliards par année, pendant que nos gouvernements néolibéraux coupent dans les services publics et l'aide sociale.. Tant et si bien que les banques alimentaires elles-mêmes crient famine.

      Et il n'y a rien d'analytique dans la gauche et la droite, quand ont sait que 15% de la population détient 80% de la richesse mondiale maintenant des populations entières dans la violence économique telle, qu'ici même au Québec, la pauvreté engendre plus de 17 milliards de coûts de santé par année.

      Christian Montmarquette

      Référence :


      Les banques alimentaires débordées; 1,6 million de demandes par mois au Québec - Le Devoir

      http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci


      .

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 11 mai 2016 07 h 15

    Un suggestion simple pour les candidats à la direction


    Depuis le premier référendum tenu par le gouvernement de monsieur René Lévesque le 20 mai 1980, à chaque élection provinciale au Québec et à chaque processus de désignation d’un nouveau chef du Parti Québécois, l’idée de tenir un autre référendum provoque un « psychodrame politique ».

    De plus, la présence de plusieurs partis politiques favorables à l’indépendance du Québec occasionne des problèmes et des discussions quant à un front commun qui, de façon générale, n’aboutissent pas.

    Pour clarifier et simplifier la question relative à l’indépendance du Québec, ne conviendrait-il pas de modifier la méthode par laquelle les citoyens québécois décident s’ils veulent ou pas que le Québec soit un pays indépendant?

    Cette modification consisterait en la tenue d’élections décisionnelles quant à la question de l’indépendance du Québec, décidées par un vote majoritaire (50 +1 %) des électeurs québécois pour des candidats favorables à l’indépendance, peu importe quel parti politique ces candidats représentent, et ensuite par un vote majoritaire (50 +1 %) des députés à l’Assemblée nationale.

    Cette méthode, d’une élection à l’autre, éliminerait tout psychodrame fondé sur l’aspect final et tragique d’un référendum, et ce par sa récurrence possible à chaque élection. Elle normaliserait en quelque sorte la démarche de tous les indépendantistes pour l’indépendance du Québec.

    D’autre part, pour assurer que les citoyens puissent bénéficier d’un choix de partis politiques représentant les diverses tendances de la « droite » à la « gauche » en passant par le « centre », il conviendrait que la loi relative à l’indépendance du Québec prévoit des élections dès le moment où l’indépendance est légalement et effectivement établie.

  • - Inscrit 11 mai 2016 07 h 47

    Ça commence mal !

    Faudra être très attentif au discours tenus par les divers candidats à la chefferie du PQ.

    Jusqu'à présent, je penchais pour Cloutier. Mais s'il tient à faire de la démarche référendaire un enjeu de cette course ou s'il revient avec cette fausse bonne idée d'un référendum d'initiative populaire avec signatures au registre, j'appuierai définitivement une autre ou un autre candidat-e.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 11 mai 2016 17 h 06

      Un conseil si vous permettez...ne jamais...jamais faire un choix après avoir lu un article de tel ou telle journaliste...tant sans faut , parfois ce dernier (le ou lajournaliste) est là pour semer le doute surtout si la partisanerie lui
      suggère ces écrits...car là où il y a de l'homme , il y a de l'hommerie.

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 11 mai 2016 08 h 26

    bon gouvernement provincial ou celle de l’indépendance du Québec

    Peut-etre
    Bon gouvernement dans un Québec indépendant

  • Benoit Toupin - Abonné 11 mai 2016 11 h 34

    La mécanique démocratique...

    Drôle de question que celle de la mécanique référendaire... Il me semble logique de parler et d'enrichir le concept de souveraineté en dehors des campagnes électorales.

    En campagne électorale, il faut avoir le souci de la transparence et dire ce qui se passera durant le mandat à venir, entre autres, si la tenue d'un référendum est considéré ou non.

    Pour le moment, il faut en toute lucidité enrichir le concept de souveraineté, le projet de société et critiquer, au sens noble du terme, le fédéralisme, ses dédoublements, ses contraintes de gouvernance, son coût et finalement définir ce que le Québec pourrait faire avec les ressources récupérées de sa souveraineté acquise.

    Ceux qui demandent de se prononcer aujourd'hui sur la mécanique référendaire oublie que le processus démocratique doit suivre son cours, incluant la discussion, la définition et l'élaboration détaillée et comprise du projet avant d'être soumis à l'étape du choix démocratique. Et dans le processus, nous sommes encore loin de la présentation du choix aux électeurs. D'abord l'élaboration du projet, incluant sa mécanique n'est pas l'exclusivité d'un seul parti, même si à la fin, il faudra bien qu'un parti élu en arrive aux étapes des choix démocratiques.

    J'en ai un peu marre des journalistes qui font semblant de ne pas comprendre l'abc d'une démarche démocratique en considérant comme floue toute réponse qui ne précise pas un échéance référendaire. Chaque chose en son temps...