Véronique Hivon se lance officiellement

Véronique Hivon a lancé sa campagne dans un parc de Joliette, accompagnée de ses proches, de partisans et de députés péquistes qui l’appuient, en promettant un « Parti québécois réinventé ».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Véronique Hivon a lancé sa campagne dans un parc de Joliette, accompagnée de ses proches, de partisans et de députés péquistes qui l’appuient, en promettant un « Parti québécois réinventé ».

La députée de Joliette, Véronique Hivon, se pose en réformatrice. Elle appelle les Québécois à se joindre à elle afin de « réinventer » le Parti québécois et, tant qu’à y être, de « rebâtir la confiance » entre la population et la classe politique. Ni plus ni moins.

« Je ne souhaite pas que l’on ajoute tout simplement une couche de peinture aux murs de notre maison. Je souhaite qu’ensemble […] nous rénovions notre maison, tout en laissant la porte grande ouverte », a-t-elle déclaré après avoir officialisé sa candidature à la direction du PQ, et ce, devant plus de 100 sympathisants réunis dans le parc Lajoie de Joliette lundi après-midi.

L’avocate de 46 ans a tendu la main aux membres du PQ, aux militants des autres formations politiques indépendantistes — Québec solidaire et Option nationale —, mais également à tous les « orphelins politiques », dont certains sont « carrément désabusés » du jeu politique. « Donnez-nous une chance. C’est le temps de venir débattre avec nous », a-t-elle lancé, à quelques pâtés de maisons d’où elle a grandi. « Si nous souhaitons plus de liberté, il est temps de faire tomber des murs et de bâtir des ponts. […] Seule, il me sera impossible de parvenir à rétablir la confiance et à réinventer notre parti. »

L’ex-ministre déléguée aux Services sociaux a dit vouloir mettre le PQ au diapason « [d]es besoins et [d]es aspirations de la population du Québec ; les jeunes comme les aînés, les nouveaux arrivants comme les anciens arrivés » sans pour autant renier ses « racines ». Le PQ demeurera sous sa gouverne un « grand parti social-démocrate » agissant comme un « moteur de changement et de progrès au bénéfice de tous les Québécois ».

À la recherche de sens

Mme Hivon a convenu lundi que « le Parti québécois doit retrouver le sens du projet de souveraineté », plus de 20 ans après l’ultime référendum sur l’indépendance du Québec. L’adversaire du « statu quo » constitutionnel s’affairera tout au long de la campagne à la chefferie à battre en brèche l’idée que « la souveraineté est une fin en soit, désincarnée, qui n’a pas de prise sur la vie concrète des gens ». « C’est tout l’inverse », a insisté l’élue, entourée notamment de ses collègues Claude Cousineau, Carole Poirier, André Villeneuve et Sylvain Pagé.

L’ex-responsable de la convergence du mouvement indépendantiste au PQ s’est faite avare de commentaires sur la « mécanique » d’accession à l’indépendance du Québec qu’elle préconise. Elle a à tout le moins mentionné vouloir « donner une chance » aux travaux des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec), qui font l’ébauche d’une « démarche d’accession qui pourrait être commune » en vue des prochaines élections générales, prévues en 2018.

Hivon n’est pas « le sauveur »

Véronique Hivon s’est dite surprise par les nombreux appels reçus au cours de la dernière semaine pour appuyer sa candidature à la succession de Pierre Karl Péladeau. Elle a toutefois précisé lundi n’avoir « rien d’un sauveur ». « Je ne souhaite même pas trouver la féminisation exacte de ce mot », a-t-elle affirmé, faisant rires ses amis et ses sympathisants ballottés par le vent au milieu du parc Lajoie. « Je vous offre mon calme, ma détermination, ma persévérance, ma force de travail et de dialogue, mais je vous offre surtout mes convictions, mes idées et mes idéaux », a-t-elle poursuivi.

D’ailleurs, l’élue s’est moquée de ses détracteurs, qui lui reprochent de chercher à tout prix le consensus. « C’est drôle, des personnes disent : “Elle n’en a que pour les consensus.” Mais, je pense que c’est bon de construire des consensus », a-t-elle déclaré, recueillant les applaudissements des spectateurs. Elle a invité les observateurs politiques à évaluer son « approche » à la lumière de ses faits d’armes, comme la Loi concernant les soins de fin de vie et la Politique nationale de lutte contre l’itinérance. « Je pense avoir donné des résultats. »

Il y aura un véritable débat d’ici à la désignation du neuvième chef du PQ, a promis Mme Hivon. Elle a quelques divergences de vues avec son confrère Alexandre Cloutier, même si elle l’a appuyé lors de la dernière course à la direction du PQ. « Je le connais probablement mieux que vous. Je ne vous révélerai pas toutes nos différences aujourd’hui », a-t-elle laissé tomber.

Avec La Presse canadienne


Ouellet, candidate du développement économique intelligent?

Martine Ouellet a « mis au jeu » lundi son « Plan de développement économique intelligent Climat-Québec 2030 » visant à diminuer de 40 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990 et à créer 350 000 emplois au cours des 15 prochaines années au moyen d’investissements de 15 milliards de dollars. Doit-on y voir la proposition initiale de sa campagne à la chefferie du PQ ? Elle fera connaître sa décision de prendre part ou non à la course « dans les prochains jours ». « Je ne vois pas de presse. Je ne vois pas cela comme une course contre la montre », a-t-elle dit.
18 commentaires
  • David Létourneau - Inscrit 9 mai 2016 18 h 09

    Extraordinaires propos...

    La dame dit : « Je vous offre mon calme, ma détermination, ma persévérance, ma force de travail et de dialogue, mais je vous offre surtout mes convictions, mes idées et mes idéaux. » Et c'est, simplement, tout ce qu'il fallait dire. Pour moi, en tout cas, c'est tout simplement ce qu'il fallait dire. Merci, madame, de vous présenter.

  • Colette Pagé - Inscrite 9 mai 2016 18 h 45

    Voler de ses propres ailes avec les risques de vents contraires !

    Belle, jeune, intelligente. Une première de classe. Une rassembleuse. Une personne qui fait la promotion de la conciliation travail des élus/famille, de la Convergence et de la nécessité de Faire de la Politique Autrement.

    Malheurs aux candidats qui oseront l'attaquer. Cette démarche pourrait les rattraper comme un boomerang.

    Le seul hic : dans ce monde dure de la politique Véronique Hivon pourra-t-elle se doter d'une carapace faite d'une matière genre Kelvar avec laquelle elle pourra se protéger. Car les vents contraires seront nombreux et les pelures de banane sur sa route ne manqueront pas.

  • Pierre Fortin - Abonné 9 mai 2016 19 h 22

    Un coup de printemps

    J'aurais aimé être à ce parc aujourd'hui. Une belle jeune femme authentique qui ose se lancer à la gouverne du Québec mérite qu'on s'arrête et qu'on l'écoute.

    On sait depuis longtemps que le PQ doit être dépoussiéré; et v'là l'printemps! Un bon coup de vent de jeunesse qui prend la relève à qui il faut faire de la place. Ne serait-ce pour entendre ce qu'elle a à dire.

    L'avenir dira la suite, mais saluons l'audace et la confiance.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 mai 2016 19 h 42

    Hivon se lance....

    ...pour faire mourir le PQ dans la dignité(!!!)

    • Benoit Toupin - Abonné 10 mai 2016 08 h 11

      Triste commentaire pour une grande contribution à une politique remplie d'humanité. Ce genre de partisannerie de gauche ou de droite m'indigne...

      Mme Hivon est ce genre de politicienne à réussir dans la patience et le consensus à régler des questions complexes de façon durable. Il y en a comme le Dr Barette qui brasse tout autour d'eux... Mais souvent il faut tout reprendre à leur départ...

      Le PQ a son destin entre ses mains et avec des gens comme Mme Hivon il le fait avec écoute et ouverture d'esprit. Je lui souhaite bonne chance et je la remercie de sa contribution. Les blagues faciles sont bien futiles et malvenues devant l'offre de service et de bonne volonté de Mme Hivon...

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 10 mai 2016 08 h 27

      C'est vrai que la blague était facile, le projet de loi pour mourir dans la dignité est la seule contribution de madame Hivon au PQ.

      Je ne crois vraiment pas que c'est elle qui pourrait battre Couillard en 2018 et redresser le PQ.

      Mais ne vous indignez pas, ce n'est ni de la partisanerie de droite ou de gauche.

    • André Poirier - Inscrit 10 mai 2016 08 h 39

      Votre blague mourra dans l'indignité.

    • Colette Pagé - Inscrite 10 mai 2016 09 h 39

      Cette femme de coeur mérite plus que des railleries. Il faut saluer son engagement citoyen(ne) et sa façon de Faire de la Politique Autrement.

      Quant à votre prédiction à l'effet que Véronique Hivon ne pourrait pas battre Philippe Couillard elle pourrait ne pas se réaliser.

      Qui aurait prédit que Justin Trudeau qui représentait la jeunesse deviendrait PM. Parfois, lorsqu'une vague survient rien ne peut l'arrêter.

    • Benoit Toupin - Abonné 10 mai 2016 13 h 15

      Le projet de loi sur les soins de fin de vie, son vrai nom, n'est pas sa seule réalisation; il y a aussi la politique sur l'itinérance alors que son parti n'a été au pouvoir pendant 18 mois...

      On connait mal ses réalisations parce qu'elles résultent de la vrai force, celle faite de courage, de patience, de persévérence et de respect de la diversité d'opinion lesquels se caractérisent par la tranquilité.

      La visibilté et le bruit d'une action ne sont pas gage d'efficacité; bien au contraire, ils servent souvent à distraire et dissimuler les travers. La visibilité n'est pas à confondre avec la transparence, gage de confiance et de crédibilité. Deux qualificatifs que Mme Hivon cherche à porter avec conviction.

    • Réal Ouellet - Inscrit 10 mai 2016 13 h 43

      La hauteur de votre verbe n'a d'égal que la bassesse de votre inspiration!

      Réal Ouellet

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2016 19 h 46

      " Cette femme de coeur mérite plus que des railleries." - Claude Gélinas

      Cette femme de coeur n'a pas dit un traitre mot quand le PQ a coupé 4000 chèques d'aide sociale. Et elle n'a pas dit un mot non plus quand le PQ a rejeté la motion de Québec Solidaire de la hausse du salaire minimum à 15$ de l'heure. Elle n'a pas plus dit un mot non plus, quand le PQ a coupé 12 millions dans le transport adapté pour les personne handicapées.

      - Quel grand coeur! ..en effet, Véronique Hivon!

      Christian Montmarquette

  • Robert Morin - Abonné 10 mai 2016 07 h 26

    L'espoir du contraste...

    J'étais dans ce parc hier, et je n'ai pas regretté de m'y être spontanément rendu. J'ai ressenti un vent d'espoir que je n'avais pas ressenti depuis la belle époque de René Lévesque! Que de la sincérité et un contraste magnifique entre la voix naturellement chevrotante de Véronique Hivon et l'aplomb remarquable de son propos et de ses réponses aux journalistes. Bravo, avec de tels candidats de qualité, le PQ devrait refaire le plein d'une très précieuse volonté de changement et de pays, depuis longtemps estompée derrière des considérations de pouvoir et de soi-disant «création de la richesse»! Avec Madame Hivon, on sent bien que l'être humain n'est pas qu'un «être économique», n'en déplaise aux gurus et chroniqueurs unidimensionnels et malheureusement omniprésents dans les médias ces dernières années.