Les femmes sans diplômes, les «oubliées du féminisme»

Les femmes sans diplôme gagnent moins, sont plus souvent sans travail et travaillent moins souvent à temps plein que les hommes en pareille situation.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les femmes sans diplôme gagnent moins, sont plus souvent sans travail et travaillent moins souvent à temps plein que les hommes en pareille situation.

Le Conseil du statut de la femme (CSF) constate que c’est entre les hommes et les femmes non diplômées que l’écart de revenus d’emploi est le plus grand, soit 30 %. Ces femmes non diplômées sont « les oubliées du féminisme », juge la présidente du CSF, Julie Miville-Dechêne.

« Les perspectives des femmes sont toujours difficiles par rapport aux hommes parmi ceux qui ne restent pas sur les bancs d’école », a affirmé au Devoir Julie Miville-Dechêne. Le CSF a rendu public jeudi un «Portrait statistique Égalité femmes hommes : ensemble du Québec». Tiré des données du recensement, ce portrait est publié tous les cinq ans par le Conseil.

Les femmes non diplômées représentent 22 % de la population féminine. Quand elles travaillent à temps plein, elles gagnent 69,8 % du salaire médian des hommes, ou un peu moins de 24 000 $. En revanche, lorsqu’elles détiennent un diplôme, elles gagnent 80 % du salaire moyen des hommes diplômés, ou 40 000 $.

Les femmes sans diplôme gagnent moins, sont plus souvent sans travail et travaillent moins souvent à temps plein que les hommes en pareille situation.

Julie Miville-Dechêne a souligné que les salaires sont moins élevés pour les emplois traditionnellement féminins que pour les emplois traditionnellement masculins. Un manoeuvre qui bouche des trous dans la chaussée gagne beaucoup plus cher qu’une préposée en soins à domicile, une fonction qui nécessite pourtant plus de compétences, selon la présidente du CSF.

Progrès

La solution pour ces femmes sans diplôme, c’est qu’on les aide à s’orienter vers des métiers traditionnellement masculins, a-t-elle avancé.

Julie Miville-Dechêne trouve « encourageante » la progression « constante » du salaire horaire que touchent les femmes : il atteint aujourd’hui 90 % de celui des hommes.

Les femmes sont aujourd’hui plus éduquées que les hommes : dans la cohorte des 20-44 ans, elles sont 36 % plus nombreuses que les hommes à détenir un diplôme universitaire. En médecine, en médecine dentaire, en médecine vétérinaire et en optométrie, elles dominent : elles sont 73 % plus nombreuses que les hommes à détenir un diplôme. Le taux d’emploi des diplômées universitaires est élevé, à 81,5 %, et il se rapproche du 83,4 % affiché par les diplômés universitaires.

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