Le chef du PQ ne ferme pas la porte aux «primaires sociales»

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, accueille avec ouverture la proposition d’Amir Khadir d’organiser des « primaires sociales » entre les partis souverainistes pour ravir des circonscriptions libérales.

« Toutes ces conversations, ces discussions vont avoir lieu. Nous ne sommes fermés à rien du tout », a déclaré M. Péladeau trois jours après la publication d’une lettre dans laquelle il appelait les forces indépendantistes à élaborer « une feuille de route commune ». À ses yeux, le « rassemblement » des forces indépendantistes est une condition « essentielle » à la victoire du PQ à l’occasion des prochaines élections générales, prévues le 1er octobre 2018.

L’élu solidaire Amir Khadir a soutenu mardi que « la tâche la plus urgente » consistait à « faire converger les luttes de portée sociale avec la lutte pour l’indépendance nationale ». Pour y arriver, il a soumis l’idée, à titre personnel, de tenir des « primaires sociales » lors d’une prochaine élection partielle dans une circonscription libérale. Les militants péquistes, solidaires et onistes sélectionneraient un candidat conjoint parmi des « acteurs du mouvement social » souverainistes, a-t-il suggéré. « Le mouvement social, qui a besoin de victoires, et le mouvement indépendantiste, qui a besoin d’avancer, pourraient trouver leur compte si les mouvements sociaux, les écologistes, les étudiants, les féministes, ceux qui se mobilisent contre le projet d’oléoduc d’Énergie Est, le mouvement ouvrier et le mouvement communautaire pouvaient se mettre ensemble là où c’est possible. »

« Monde parallèle »

La députée péquiste Véronique Hivon s’est « réjouie » mardi de voir M. Khadir « s’inscri[re] à sa manière dans la démarche de convergence » du mouvement indépendantiste. « Il indique qu’il souhaite travailler avec les souverainistes d’autres allégeances et les groupes de la société civile. Nous nous rejoignons très bien là-dessus », a-t-elle mentionné dans un échange avec Le Devoir. Elle invite QS et ON à « commencer le travail » à cette fin.

De son côté, le premier ministre Philippe Couillard a reproché à M. Péladeau de faire partie d’un « monde parallèle d’imagination sur la séparation du Québec ». « Alors que nous développions le Québec […], le chef de l’opposition, lui, s’occupait à bâtir une coalition arc-en-ciel pour séparer le Québec du Canada. C’est ça, ses priorités », a-t-il déclaré dans un élan de combativité.

M. Couillard n’est toutefois pas sans savoir qu’une proportion quasi identique de la population québécoise — grosso modo 35 % — appuie le projet de pays du Québec et le Parti libéral du Québec, selon un sondage Léger effectué en février dernier.

Le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, a pour sa part dit redouter de voir le PQ et QS « bât[ir leurs] appuis électoraux sur [leur] capacité de remplacer les libéraux plutôt que sur un vrai projet de pays ». « Bien sûr que les indépendantistes doivent s’unir. Mais ils doivent s’unir pour faire l’indépendance », a-t-il martelé.

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22 commentaires
  • Robert Lauzon - Abonné 27 avril 2016 06 h 02

    Les PLQuistes inculpés de voir les vrais besoins du Québec!

    La stratégie des PLQuistes face au projet d'indépendance du Québec est celle du négationnisme. Couillard ânonne que ce projet est imaginaire et sous-tend qu'il ne se fera pas. Or, le Québec pour sa survie même, doit s'extirper du carcan fédéral. La spécificité du peuple du Québec est détruite peu à peu et disparaît, à terme, si nous ne sortons pas de cette situation de colonisés.

    On le voit bien, même les plus fédéralistes québécois, obligés de quémander la moindre permission afin de tenter de se défendre ou pire encore, être obligés de s'en remettre au fédéral, lui qui n'a pas les mêmes intétêts, pour se défendre dans les conflits économiques avec d'autres provinces où d'autres pays. Actuellement, sous le joug des colonisateurs, le Québec est impuissant et incapable de se défendre lui-même. Nos intérêts sont absents des représentations inter-provinciales mais aussi internationales.

    La langue et la culture du Québec se ratatine et subit les affres répétées des jugements des juristes fédéraux qui refusent de nous reconnaître comme égaux. Un génocide culturel est en cours et personne n'étend le glas qui hurle au Québec. La langue française s'étiole et notre culture s'assimile à vitesse grand V. Notre lutte pour la conserver est un cri du cœur, un appel au secours pour que nous survivions. Si nous demeurons sous la protection de nos geôliers canadiens, à terme, Durham aura vu son œuvre s'achevée. "Et nous, nous serons morts mon frère"

    Chaque année le Québec envoie grossi modo 50 milliards de dollars à Ottawa. Ces "généreux" fédéralistes nous en retournent plus ou moins 16 MM$, donc le Québec perd annuellement, années après années, le contrôle sur plus de 30 000 000 000$ (30 MM$) qui servent à défendre les intérêts du Canada trop souvent au détriment de celles du Québec.

    Le Québec peut et mérite beaucoup mieux!

    L'indépendance du Québec est une question de survie pour "quelque chose comme un grand peuple"

    Retrouvons notre avenir à nous!

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 avril 2016 09 h 14

      À Robert Lauzon,

      « Actuellement, sous le joug des colonisateurs, le Québec est impuissant et incapable de se défendre lui-même. » - Robert Lauzon

      « Un tiens, vaut mieux que deux tu l’auras.. »

      À mon avis, l'urgence et les pires problèmes que le Québec subit depuis des années, ne viennent pas du gouvernement fédéral, mais bien des gouvernements provinciaux néolibéraux qui saccagent nos services publics et les acquis de la Révolution tranquille depuis des décennies en donnant des deniers publics qui devraient financer les services publics à l'entreprise privée.

      - Pourquoi mettre tous ses oeufs dans le même panier à rêver des milliards d'Ottawa conditionnels à une indépendance dont les chances d'aboutir s'amenuisent d'année en année. Alors qu'un gouvernement de gauche pourrait aller chercher entre 10 et 20 milliards par année de plus pour financer la social-démocratie sans avoir à passer par une indépendance à laquelle le Québec a déjà dit Non deux fois?

      Comme le dit la sagesse populaire..

      Un tiens, ne vaut-il pas mieux que deux tu l'auras?


      Christian Montmarquette

    • Robert Lauzon - Abonné 27 avril 2016 09 h 36

      Le correcteur a mis "inculpés", j'écrivais plutôt incapables
      Désolé
      RL

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 27 avril 2016 11 h 21

      à CM

      Et voilà, le chat est sorti du sac...au grand jour.

      Votre hargne viscérale à l'endroit du PQ ...ce n'est pas uniquement
      votre détestation d'un parti (pas assez à gauche, pour votre goût)...mais, de sa raison d'être ... l'Indépendance.

      =Un tiens, ne vaut-il pas mieux que deux tu l'auras= Voilà le
      vrai Christian Montmarquette...et la sagesse populaire que vous invoquez...sournoisement... ne se laisssera pas toujours berner.

    • Robert Lauzon - Abonné 27 avril 2016 11 h 37

      @CM
      Si le Québec gérait ses propres resources au lieu d'avoir à continuellement compenser les réductions unilatérales que le fédéral imposent sans que nous puissions, de quelque façon que ce soit, intervenir sur ces décisions. Nous subissons sans rien pouvoir y faire.

      Les gouvernements provinciaux aux pouvoirs émasculés se retrouvent devant des choix déchirants. Nous ne pouvons pas uniquement leur imputer tous les torts, mais certains de ces gouvernements font des choix plus à droite que d'autres, j'en conviens.

      La sagesse du peuple devrait nous amener à rapatrier tous les leviers nécessaires à l'indépendance complète de prises de position.

      Tant que nous serons autant handicapés par la constitution canadienne notre pouvoir dilué ne permettra pas d'obtenir toute la marge de manœuvre qui nous est nécessaire pour pleinement obtenir la société tant souhaitée et désirée

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 avril 2016 12 h 04

      " Tant que nous serons autant handicapés par la constitution canadienne notre pouvoir dilué ne permettra pas d'obtenir toute la marge de manœuvre qui nous est nécessaire pour pleinement obtenir la société tant souhaitée" - Robert Lauzon

      Ceci est un affirmation gratuite quand on sait que tous les acquis de la révolution tranquille, de même que la nationalisation de l'électricité se sont fait en plein régime fédéral.

      - Et que proposez vous donc de faire d'ici le Grand Soir pour améliorer les choses au Québec entre-temps ?

      - Continuer à laisser vendre le Québec au plus offrant, en saccageant les services publics et en détruisant nos acquis?

      Ce genre d'intégrisme nationaliste et de mentalité binaire ne parviendra qu'à perpétuer la destruction du Québec réel au profit d'un Québec virtuel.

      - Si vous aimiez vraiment votre pays, vous vous organiseriez pour non seulement pour revendiquer son indépendance, mais pour qu'on le protège chemin faisant.

      À l'instar des intégristes de la question nationale du PQ votre position de la politique du pire, est en totale contradiction avec le nationalisme le plus élémentaire.


      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 avril 2016 12 h 06

      " Et voilà, le chat est sorti du sac.." -Nicole D. Sévigny

      Avant de critiquer les chats des autres Mme Sévigny..

      Je vous recommande de regarder l'éléphant qui sort du sac du PQ qui n'a pas de référendum au programme depuis plus de 20 ans.

      - CM

    • Robert Lauzon - Abonné 27 avril 2016 16 h 18

      @CM
      Je propose que tous les nationalistes préparent ensemble un projet rassembleur autour d'une assemblée constituante qui définirait les grandes lignes de la société d'un pays du Québec. Les leaders des partis indépendantistes et de la société civile ont pour mission de réunir toutes les parties prenantes et de s'entendre sur un projet de constitution qui dictera éventuellement les droits et responsabilités des citoyens et des institutions.

      Une fois entérinée par la constituante, le projet de constitution et le projet de société en découlant devront être expliqués, discutés, ré-expliqués en toute honnêteté et toute ouverture. Puis à la fin de ce processus informatif les électeurs seront, à leur tour, appelés à se prononcer en faveur du projet proposé.

      Le Québec sera.

    • Robert Lauzon - Abonné 27 avril 2016 16 h 32

      Pour vous suivre dans votre raisonnement, étant entendu que nous avons collectivement, il y a deux ans, reporté au pouvoir la pire alternative en ce qui concerne la conservation des acquis sociaux, il devient urgent, voire vital, comme toutes les forces progressistes de gauche et de centre-gauche participent à l'élaboration du projet rassembleur qu'est la confection d'un projet de société autour d'une constitution républicaine.

      Tout retard à former cette alliance stratégique contribue à réduire voire annihiler les espoirs de survie de Québec.

      Merci de contribuer à la construction d'un meilleur climat autour de la construction du pays du Québec. Votre voix, avec un peu de bonne volonté, pourrait contribuer à mener les discussions sur la bonne voie.

    • Robert Lauzon - Abonné 27 avril 2016 16 h 44

      @CM

      Vous n'êtes sûrement pas sérieux quand vous affirmez que le Québec ne sera pas mieux équipé quand il aura récupéré les pouvoirs qu'Ottawa exercent à notre lieu et place.

      Tous les pouvoirs économiques concernants le transport hors territoire, les ententes sur le commerce tant extérieur qu'intra-canadien son pouvoir de dépenser notre propre argent sans que nous puissions nous faire entendre.

      La vie au Canada mine nos ressources naturelles et économiques. Nous perdons annuellement le contrôle sur 30 MM$ de notre argent à nous, des taxes que nous versons au gouvernement d'Ottawa.

      Vous me dites qu'il n'est pas urgent que cela cesse. Franchement, Christian, je ne vous suit plus.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 avril 2016 13 h 54

      "Vous n'êtes sûrement pas sérieux quand vous affirmez que le Québec ne sera pas mieux équipé quand il aura récupéré les pouvoirs qu'Ottawa exercent à notre lieu et place.. Vous me dites qu'il n'est pas urgent que cela cesse" - Robert Lauzon

      Décidément, à l'instar de nos parlementaires, vous êtes un As pour passer à côté de la question et déformer ce que disent les autres.

      "NULLE PART" je dis "il n'est pas urgent que cela cesse".

      Je vous ai posé une question simple à laquelle vous ne répondez pas et que je vous répète:

      - Que proposez vous de faire d'ici le Grand Soir pour améliorer les choses d'ici l'indépendance?

      C'est pourtant simple à comprendre non?

      - CM

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 27 avril 2016 07 h 23

    … identitaire ?

    « De son côté, le premier ministre Philippe Couillard a reproché à M. Péladeau de faire partie d’un « monde parallèle d’imagination sur la séparation du Québec ». » (Marco Bélair-Cirino, Le Devoir)

    De ce reproche, une question :

    Dans et de quel monde vit notre premier ministre ?

    Celui de l’austérité ou celui de l’incohérence, des mondes susceptibles d’affaiblir le Québec dans sa quête économique, politique, nationaliste et …

    … identitaire ? - 27 avril 2016 -

  • Christian Montmarquette - Abonné 27 avril 2016 07 h 44

    Le monde parallèle d’imagination de Philippe Couillard

    Et que dit Philippe Couillard de son monde parallèle d’imagination d'un Parti libéral actuel supposément différent du Parti libéral de Jean Charest?

    Christian Montmarquette

  • Dominique Roy - Abonnée 27 avril 2016 08 h 04

    Ce brassage d'idées et cette soudaine ouverture me réjouissent. Le statu quo ne rime pas avec évolution. LoBo

  • Christian Montmarquette - Abonné 27 avril 2016 08 h 19

    Pour battre les libéraux il faut une candidature neutre 



    Personnellement, je ne vois pas trop l'utilité de chercher un candidat des luttes sociales, alors que Québec Solidaire constitue déjà à ce type candidature.

    D'autant plus que si la candidature en question s'affiche clairement comme une candidature souverainiste, l’éternel clivage «fédéralisme-souverainisme» va continuer de jouer et les circonscriptions libérales visées risquent fort de la rejeter.

    Or donc, s'il fallait réunir les forces sociales capables de mobiliser les électeurs pour défaire les libéraux. C’est une candidature sociale «neutre» au plan constitutionnel qu’il faudrait, et non une candidature souverainiste.

    Comme quoi, une fois de plus, la question nationale semble se jouer au détriment de la question sociale.

    Christian Montmarquette