L'adoption du budget provoque de la grogne

L'adoption du budget 2004 du Parti québécois a provoqué hier la grogne de plusieurs associations locales qui se voient forcer d'éponger le déficit accumulé de près de 500 000 $.

La nouvelle formule de partage des revenus adoptée par les militants, réunis en conseil national toute la fin de semaine à Laval, oblige chacune des 125 circonscriptions à verser un montant fixé selon leurs capacités. Elles devront amasser un total de 1,9 million afin d'assurer le fonctionnement minimal de la permanence du PQ et éponger le déficit accumulé. Il ne s'agit pas d'un objectif mais d'une obligation.

Ce n'est qu'après avoir transféré la somme exigée qu'une association locale pourra faire du financement pour son propre compte. Jusqu'à maintenant, les associations avaient un objectif pour recueillir de l'argent dont une portion seulement était dirigée vers la permanence.

Des militants ont tenté de modifier la formule pour permettre qu'un certain pourcentage des fonds reçus demeure dans les coffres de l'association locale, mais en vain. «Il n'y a pas de partage de risques là-dedans!», s'est exclamé un militant visiblement frustré.

Les membres de l'exécutif national, qui sont montés au front pour défendre le changement, ont tous rappelé que cet effort demandé suivait une rationalisation dans les salaires (30 % ce qui correspond à huit postes éliminés) et les dépenses administratives (25 %) depuis l'été dernier.

«La situation financière du parti, particulièrement depuis la dernière campagne électorale, est devenue un boulet qui nous empêche de profiter de façon optimale du contexte politique qui nous est de plus en plus favorable», a-t-on expliqué dans un document officiel remis à l'assemblée.

Quoi qu'il en soit, le Parti québécois a lancé sa campagne annuelle de financement sous la présidence de la députée de Champlain, Noëlla Champagne.

Baisse de l'effectif

Du côté de l'effectif, la situation n'est guère plus reluisante. Des 125 associations de comtés, seulement huit ont plus de 1000 membres. Même la circonscription de Pauline Marois, candidate pressentie pour une éventuelle course à la chefferie, ne compte que 887 membres en règle. Sur toute l'île de Montréal, on ne trouve que 10 000 membres du Parti québécois.

Le président du PQ, Bernard Landry, a dit ne pas être inquiet de la situation, rappelant qu'à son arrivée à la tête du parti en mars 2001, l'effectif avait un seuil de 50 000. Quant aux difficultés financières, M. Landry a souligné qu'il ne fallait surtout pas y voir une crise et que, de toute façon, le conseil national avait adopté une «position opérationnelle» pour y faire face.