Forums de discussion du gouvernement Charest - La CSN appréhende une simple opération de relations publiques

Les forums de discussion annoncés par le gouvernement Charest doivent être un «véritable débat public» et non pas «une simple classe d'été organisée pour réapprendre à la population le programme du Parti libéral», soutient la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

Selon elle, le principal problème du gouvernement actuel «n'est pas un problème de communication, de relations publiques. C'est un problème d'orientation, d'adhésion d'une majorité de la population québécoise à ses politiques». Pour cette raison, le gouvernement Charest doit aborder ces forums avec «un esprit d'ouverture» et être prêt «à revenir sur un certain nombre de ses positions». Mme Carbonneau compte participer à ces forums, mais souhaite également organiser des discussions parallèles pour qu'il y ait un véritable débat de société.

La présidente de la CSN craint par ailleurs que ces forums ne «soient une astuce pour faire oublier le passé» et souligne que ceux-ci arrivent trop tard dans le mandat de Jean Charest. «Ça arrive très tard dans le sens où l'on veut aborder des thèmes comme l'emploi, la formation professionnelle et la politique familiale. Or, il faut quand même constater qu'avec les lois de l'automne dernier, on nous a fait reculer loin en arrière sur ces thèmes-là.»

Elle dénonce par exemple la loi modifiant l'article 45 du Code du travail facilitant le recours à la sous-traitance et la loi 30 qui force la fusion des accréditations syndicales dans les établissements de santé. La politique de conciliation travail-famille que le gouvernement entend adopter cette année reçoit toutefois son approbation, même si le Parti libéral a déjà grandement nui aux parents «en fragilisant les revenus des familles au travers l'article 45».

Claudette Carbonneau met également les Québécois en garde contre le «nouveau discours misérabiliste» du gouvernement Charest. «Le nouveau mantra du gouvernement — et on le sent beaucoup dans le document de consultation sur les finances publiques — c'est qu'on est les plus pauvres du Canada, les plus taxés, les plus endettés et que nos services publics coûtent le plus cher. Ce nouveau discours, c'est juste pour nous convaincre que sommes au bord de la catastrophe et qu'il faut tout jeter à terre. Alors que c'est entièrement faux», affirme-t-elle.

La mobilisation continue

La présidente de la CSN prévient le gouvernement que la mobilisation syndicale se poursuivra dans les prochains mois. La CSN n'a pas l'intention de laisser les employés sans protection à cause de la sous-traitance, avertit Mme Carbonneau. «Ce n'est pas vrai non plus que nous allons laisser le secteur de la santé perdre le droit de négocier et que nous allons laisser mettre à mal le droit d'association comme c'est le cas avec la loi 30», ajoute-t-elle.

Une première manifestation d'envergure est prévue le 8 mars pour dénoncer l'impact sur les femmes des politiques adoptées par le gouvernement Charest. Une importante journée de mobilisation est aussi à l'agenda de la centrale syndicale le 19 mars. Les membres de la CSN vont également descendre dans les rues le 14 avril, premier anniversaire de l'élection du Parti libéral, et le 1er mai, à l'occasion de la Fête des travailleurs.

Mme Carbonneau a par ailleurs rappelé au Parti québécois, qui a conclu hier son conseil national, «qu'il est l'opposition au sein de l'Assemblée nationale et qu'il doit s'occuper des objectifs immédiats» pour défendre les acquis passés des Québécois. Elle note cependant «qu'une bonne partie de nos problèmes comme société tiennent au fait que nous n'avons pas la maîtrise de tous nos moyens pour y faire face» et que le débat sur la souveraineté a encore toute sa place au sein de la population.
3 commentaires
  • hebe MARTORELLA - Inscrite 9 février 2004 17 h 07

    M. Charest c'est trop tard pour changer de peau

    M.Charest on a vu déjà assez de vos mensonges, de vos bêtises et maintenant, je vous assure il est trop tard pour jouer au relationniste, vous avez oublié ce qui veut dire respecter la volonté populaire qui malheureusement vous a élu. Ne vous en faites pas tout peuple a le droit de se tromper, mais nous sommes trop fatigués de votre stratégie trompeuse, de vos grand discours en l'air et vos mots vides.

    Vous avez mené le Québec presque au désastre, maintenant assez de vos blagues, on ne joue plus, on ne peut plus jouer avec les besoins et les espoirs du peuple québécois.

    Arrêtez de jouer cette comédie qui insulte l'esprit des québécois.


    Hebe Martorella
    Relationniste
    hebemartorella@ciudad.com.ar

  • Marie-France Legault - Inscrit 11 février 2004 09 h 29

    A chaque parti ses forums!

    ...Puisque nous vivons dans une démocratie, les partis politiques (P.L.Q./P.Q.)ont la LIBERTÉ d'organiser des discussions publiques.

    ...Ces discussions qui porteront sur les objectifs, les politiques. Tous sont invités à y participer contrairement au P.Q. qui invitait ses copains.

    ...Tous les SOMMETS organisés par le P.Q. ne se sont pas concrétisés par des changements radicaux dans la Société.

    ...La pauvreté est-elle réglée?
    On a réfléchi sur le problème, on a échaffaudé certaines hypothèses, mais a-t-on fait une analyse sérieuse des CAUSES de la pauvreté?

    ...Selon certains sociologues (au Québec) il y aura toujours 10% de la population qui sera toujours pauvre, et cela, quel que soit le PARTI au pouvoir!

    ...Des citoyens sont pauvres de père en fils parce qu'ils ne savent pas s'organiser, ne savent pas établir des priorités dans les dépenses ex: caisse de bière vs viande, pain et beurre.

  • renée legault - Inscrit 16 février 2004 10 h 27

    Et les forums

    Et les forums.

    Pourquoi les souverainistes me donnent-ils l'impression que vouloir mettre en place des forums de consultation populaire serait une bien mauvaise chose de la part de M. Charest?

    - Est-ce que ce sont les forums qui seraient mauvais ou l'usage qu'on en ferait?

    Je me rappelle d'une période où le parti indépendantiste souverainiste avait mis sur pied une consultation appelée populaire soit disant pour connaître le choix et les orientations de la pensée québécoise par rapport à la souveraineté.

    Je me rappelle aussi les conditions dans lesquelles ceux qui n'étaient pas souverainistes étaient appelés à s'exprimer. Sans aucun scrupule la salle comble de partisans souverainistes les intimidaient, les enterraient par des cris lorsque les récalcitrants se présentaient au micro. Ou les huaient sans vergogne. Aucun compte n'était tenu des propos réfractaires.

    La preuve, si l'on en veut une, que tous n'avaient pas eu la même écoute et que le compte n'a pas été tenu de tous les messages y compris les récalcitrants, la voici. Madame Vézina, responsable de cette gigantesque mise en scène est venue à la fin de ce tourbillon de marketing, nous dire d'une voix assurée « Tous les québécois sont pour la souveraineté ».

    Aucune information ou nuance n'a été apportée. Cette affirmation était impensable dans les circonstances. Et pourtant elle a été faite à la télévision française de Radio-Canada à toute la population québécoise avant le référendum 1995.
    Les raisons que le P.Q. nous donnait pour entreprendre de telles « agitations » étaient rarement les vraies. Qu'on se souvienne de la grande illusion de la réforme de nos institutions démocratiques du 21 au 23 février 2002.

    Menée celle-là pour faire dire aux Québécois ce que Claude Béland et le gouvernement soufflaient déjà aux participants. Pour Landry, les changements sont tributaires de la souveraineté lisait-on dans le Soleil dès le samedi 22 février 2002. Son gouvernement et lui le savaient déjà avant toute la mascarade. L'important était d'amener les participants à faire cette constatation, afin de l'exposer à toute la population comme une découverte contraignante et incontournable. (Il fallait que les québécois se sentent brimés.)


    Je comprends les souverainistes de presque paniquer, de ne pas voir d'un bon oeil ces consultations. L'utilisation qu'ils ont faite de cet outil démocratique les plonge dans la crainte que d'autres fassent comme eux. N'étant plus aux commandes, le parti québécois ne pourrait pas présenter les conclusions qui l'avantageraient autant que celles qu'il nous a imposées durant cette période où il était au pouvoir.
    « Je me souviens » devrait s'appliquer aussi à l'astuce que monsieur Parizeau a élevé au rang de vertu souverainiste dans le but de hâter la souveraineté.