Le DGEQ se dit prêt à analyser l’information qu’on lui fournira

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) est « prêt » à passer au crible les « livres » des vingt dernières années du PLQ, du PQ, de la CAQ et de QS. Il invite tous les partis politiques « accept[ant] de se prêter à l’exercice » de lui remettre toute la documentation en leur possession.

« On va procéder à l’examen de ce que les partis vont être en mesure de nous fournir », a indiqué la porte-parole du DGEQ, Julie St-Arnaud Drolet, dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir jeudi soir. « On est prêts à entamer une vérification. […] Le DGE va procéder à l’examen des livres des partis [politiques], et des pièces justificatives qu’ils pourront fournir », a-t-elle ajouté.

L’organisme disposant d’un pouvoir de surveillance et de contrôle à l’égard du financement politique a cru bon d’afficher sa disponibilité « à la suite de la discussion des derniers jours à l’Assemblée nationale ».

Les partis d’opposition se sont affairés toute la semaine à accentuer la pression sur le premier ministre Philippe Couillard afin qu’il dévoile les « secrets » du financement du Parti libéral du Québec. « Le Parti libéral va finir par plier. […] Il faut juste persister », avait lancé le député solidaire Amir Khadir, mercredi midi, après que le gouvernement libéral eut balayé du revers de la main une motion « reconnaiss[ant] la nécessité de déclencher, en collaboration avec le Directeur général des élections du Québec, une enquête […] concernant le financement des partis politiques au cours des années 1996 à 2011 ». Il a refait de même jeudi. « Nos livres sont ouverts, M. le Président, pas de consentement », a déclaré le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Gerry Sklavounos.

M. Couillard a répété que les « livres » du PLQ, où sont colligées une foule d’informations sur les revenus et les dépenses engagées à « toute époque », sont accessibles « en tout temps » au DGEQ.

« Actions à entreprendre »

En l’absence de consigne unanime de l’Assemblée nationale, le DGEQ a décidé de prendre les devants. Il précise toutefois que son « examen » des rapports financiers de toutes sortes qui lui seront éventuellement soumis ne lui permettra pas de prendre toute la mesure du financement illégal amassé par chacune des formations politiques. « À lui seul, l’examen des livres et des rapports financiers des partis ne viendra pas établir le portrait global du financement illégal. La Loi électorale prévoit actuellement un délai de conservation de cinq ans pour les pièces justificatives. Ce délai était de deux ans avant 2010 », a souligné Mme St-Arnaud Drolet. « Mais nos vérifications vont toutefois pouvoir guider les actions à entreprendre par la suite », a-t-elle poursuivi.

Le PLQ établira un « modus operandi » avec le DGEQ, a fait valoir le porte-parole du parti politique, Maxime Roy. « On va offrir notre collaboration pleine et entière. On l’a toujours fait. On va continuer à le faire. »

4 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 22 avril 2016 05 h 49

    Le DGEQ prend les devants par derrière

    « On va procéder à l’examen de ce que les partis vont être en mesure de nous fournir »

    Vont être en mesure...Rigolade!

    « Le DGE va procéder à l’examen des livres des partis [politiques], et des pièces justificatives qu’ils pourront fournir »

    Qu'ils pourront fournir...Rigolade!

    Fraude étatisée et justice complice!
    Nous sommes dans l'ère de tous les mensonges.

  • Bernard McCann - Abonné 22 avril 2016 07 h 23

    Voilà, la conclusion est déjà tirée

    « À lui seul, l’examen des livres et des rapports financiers des partis ne viendra pas établir le portrait global du financement illégal. La Loi électorale prévoit actuellement un délai de conservation de cinq ans pour les pièces justificatives. Ce délai était de deux ans avant 2010 », a souligné Mme St-Arnaud Drolet. « Mais nos vérifications vont toutefois pouvoir guider les actions à entreprendre par la suite », a-t-elle poursuivi.

    Le rapport du DGE va accoucher, tout comme le rapport de la commission Charbonneau, de quelques recommandations de bon aloi... sans écorcher qui que ce ce soit... au moins, celà ne nous coutera pas des millions de dollars...

  • Bernard Terreault - Abonné 22 avril 2016 08 h 04

    Utile ?

    J'ai des doutes sur l'utilté de cet exercice. Les partis fautifs n'auront pas laissé de traces comptables. Ce sont les contributions en dessous de la table, les "bénévoles" prêtés par des gens d'affaires, les services gratuits fournis par des entreprises, les promesses de belles jobs pour les politiciens sortants.

  • Gilles Théberge - Abonné 22 avril 2016 09 h 42

    Les libéraux continuent

    De rire de nous autres!