Logement social: Québec prépare une réforme majeure

Québec — Le mode d’accès au logement social sera bientôt totalement transformé, selon ce qu’a appris La Presse canadienne lundi.

Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, travaille à une réforme majeure de la Société d’habitation du Québec (SHQ) et de ses programmes, comme Accès Logis et le Supplément au loyer, qui visent à fournir un logement à coût modique à des milliers de ménages à faible revenu.

En entrevue, le ministre Coiteux a confirmé qu’il s’apprêtait à faire « un grand ménage » en ce domaine.

Il dit s’être rendu compte en prenant les commandes du ministère qu’il existait un écart important, année après année, entre le nombre de projets de construction de loyers modiques annoncés et les logements réellement livrés.

Comme si le gouvernement, pour toutes sortes de raisons, avec des programmes mal conçus, trop ou pas assez normés, souvent mal ciblés en termes de clientèles, n’arrivait pas à atteindre ses objectifs et respecter ses engagements.

Au Conseil du trésor, le ministre Coiteux avait fait sa marque en instaurant une révision permanente des programmes. Il semble suivre la même voie aux Affaires municipales.

Avec les programmes Accès Logis et Logement abordable Québec, notamment, la SHQ finance la construction de logis abordables, alors que le supplément au loyer permet à des gens d’habiter à faible coût des coopératives.

Le ministre ne dit pas si sa réforme signifie qu’il privilégiera à l’avenir la construction de logis ou l’aide directe aux personnes dans le besoin. Il dit que les deux approches doivent demeurer, mais selon de nouvelles normes, plus souples et mieux adaptées aux clientèles visées.

Actuellement, « on annonce la construction de nouvelles unités, mais le nombre de projets qui démarrent, systématiquement, depuis plusieurs années, est inférieur au nombre d’unités qu’on annonce. Alors, il y a quelque chose dans les programmes actuels qui ne fonctionne pas », selon lui.

Au cours des dernières années, « quand on en annonçait 3000 [logements], il ne s’en réalisait pas 3000 », a reconnu le ministre.

Tous les programmes existants seront donc revus, leurs critères réévalués, l’administration de ces programmes aussi, de même que la gouvernance de la SHQ, de façon « systématique », dans les mois qui viennent.

Les Offices municipaux d’habitation, qui gèrent ces loyers modiques, devront se regrouper, de gré ou de force. Québec veut en réduire le nombre total, actuellement de 500.

« On vise un regroupement des Offices municipaux d’habitation », dit-il, dans le but d’offrir « de meilleurs services ».

Le but du gouvernement n’est pas de construire moins de logements abordables, ni d’aider moins de gens à faible revenu, assure-t-il.

« Au contraire », M. Coiteux dit vouloir s’assurer que « le maximum de projets valables puissent se réaliser ».

Le budget de la SHQ a été fixé à 430 millions de dollars cette année, en baisse de 29 millions.

Les groupes communautaires demandent la construction de 3000 logements sociaux par année, une commande que Québec n’arrive pas à livrer.

1 commentaire
  • Véronica Ponce - Abonnée 19 avril 2016 07 h 46

    Ce problème n'existe pas

    Le problème identifié n'existe pas: il ne s'agit pas de réussir à construire autant d'unités qu'il y a d'annoncé chaque année. Comme s'il était possible de trouver un terrain (au prix ridiculement bas autorisé par le programme), l'acheter (cela prend des mois avant d'avoir l'autorisation des autorités), embaucher des architectes, des entrepreneurs, construire un immeuble et l'occuper dans l'espace d'une année! De toute manière, toutes les unités annoncées sont éventuellement construite.

    Ce ministre est intelligent, et il sait que le problème est ailleurs: les listes d'attentes sont trop longues et le programme Accès Logis est trop peu généreux. Mais avec le faux problème du logement social qui ne se construit pas assez vite, on voit bien que ce qui s'en vient, ce sont des coupures drastiques (encore!) dans le logement social et cela, au profit du programme qui finance des propriétaires privés offrant des logements bas de gamme subventionnés. On se rappellera peut-être, peut-être, que le ministre a menti.