La CAQ soupçonne les libéraux d’avoir favorisé Premier Tech

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, rejette les allégations de la CAQ.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, rejette les allégations de la CAQ.

L’entreprise Premier Tech a bénéficié du monopole dans un marché de fosses septiques pendant près de deux ans, et ce, grâce au gouvernement libéral, soupçonne la Coalition avenir Québec.

Le parti politique de François Legault a reproché mercredi au ministre de l’Environnement, David Heurtel, d’avoir favorisé l’entreprise Premier Tech — où l’ex-collecteur de fonds libéral Marc-Yvan Côté était administrateur jusqu’à son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) il y a près d’un mois — au moyen d’un décret sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées, qui a été adopté par le Conseil des ministres le 16 juillet 2014.

« Est-ce que le ministre de l’Environnement a subi des influences de la part de Marc-Yvan Côté, des dirigeants de Premier Tech ? » s’interrogeait à voix haute l’élu caquiste François Bonnardel, tout en pointant un échange de courriels datant de la campagne électorale de 2008 qui mêlent des dirigeants de Premier Tech et de Roche, dont Marc-Yvan Côté.

« Charrest [sic] et Normandeau arbore [sic] dans la volonté du Conseil des Îles de traiter les eaux usées et le candidat Chevarie en fait un cheval de bataille, souligne André Côté de Roche à Henri Ouellet de Premier Tech. Il faudrait deux [chèques] personnels de 1000 $ (75 % de crédit d’impôt) faits au nom du Parti libéral du Qc », ajoute-t-il.

Plus de cinq ans plus tard — « coïncidence », selon la CAQ —, le ministre David Heurtel recommande de nouvelles normes de rejet des eaux usées pour les résidences isolées qui bénéficient à première vue à Premier Tech. Le Conseil des ministres les entérine le 16 juillet 2014. « Ce règlement avait eu le malheur d’instaurer un monopole pour le système DpEC de Premier Tech. À cause de celui-ci, il y a des citoyens du Québec qui étaient dans l’obligation de se procurer un tel système qui pouvait coûter jusqu’à 40 000 dollars », a déploré le député caquiste Mathieu Lemay en commission parlementaire.

Autre « coïncidence », selon la CAQ : « Tech a aussi obtenu [ce même 16 juillet 2014] son certificat de conformité du Bureau de la normalisation du Québec pour cette technologie DpEC », a-t-il ajouté, tout en précisant que l’un des membres du conseil d’administration du Bureau de normalisation était au même moment employé par Premier Tech. « Est-ce pour cette raison que vous avez présenté une révision du règlement dimanche dernier ? » a demandé M. Lemay à M. Heurtel moins d’une semaine après le retrait de Sam Hamad du Conseil des ministres.

M. Heurtel a dit avoir toujours révisé la réglementation de « bonne foi ». Il a accusé la CAQ de « faire de la petite politique » à coups « [d’]associations, [d’]amalgames qui n’ont aucun lien avec la réalité ». « Ce qu’insinue le député est assez sérieux. […] S’il a quelque preuve que ce soit qu’il y a eu une intervention ou une forme d’ingérence, je demande qu’il les dépose dès maintenant », a-t-il tonné tout en tapant du doigt sur une table.

Avant la CAQ

L’ancien ministre péquiste Richard Le Hir a questionné — 48 heures avant la CAQ — les motivations du gouvernement libéral derrière le décret du 16 juillet 2014. « Dimanche, à Val-D’Or, aussi discrètement que possible, [M.] Heurtel, a annoncé des mesures qui ont pour effet d’éliminer le monopole, un peu trop voyant dans le contexte actuel, mais d’offrir “un crédit d’impôt de 20 % dont le montant pourra atteindre 10 000 $ sur les travaux excédant 2500 $”, ce qui est le cas de la solution Premier Tech », a-t-il écrit dans un article hébergé sur le site Web vigile.quebec  avant de conclure : « Les magouilles amorcées sous le gouvernement Charest se poursuivent. »

9 commentaires
  • Robert Lauzon - Abonné 14 avril 2016 05 h 13

    Comment un PLQuiste peut-il être fier?

    Je ne pourrai jamais comprendre que des PLQuistes puissent encore se pavaner. Il s'avère que toute honneur et honnêteté soient que d'histoire, du temps de la révolution tranquille. Car depuis ce temps ça va de mal en pire. Le seul rouge qui devrait leur seoir encore est celui de la honte.

  • Patrick Daganaud - Abonné 14 avril 2016 07 h 17

    Eaux usées libérales

    Il y a cette expression « Ça schlingue! » qui colle aux fesses sceptiques libérales.

  • Benoit Thibault - Abonné 14 avril 2016 08 h 07

    Des soupçons très pesants

    Le lien entre ces faits est encore une fois inquiétant sur la manipulation organique au sein du gouvernement. Un sujet d'enquête à approfondir, des possibles répercussions de la part des particuliers qui ce sont fait laiser!

    Est-ce que l'on aurait de telles situations si les parties politiques étaient imputables des malversations? S'il pouvait être poursuivi au civil notamment pour avoir engendré indument des frais à des citoyens?

  • Colette Pagé - Inscrite 14 avril 2016 10 h 10

    Ne pas accepter les déclarations du Ministre comme une lettre à la poste !

    Comment expliquer qu'à chaque déclaration du Ministre de l'Environnement on l'écoute sans le croire ? Ce qui s'appelle un Ministre en perte de crédibilité.

    Le dossier Premier Tech doit être fouillé. Tout comme toutes les entreprises qui offrent des services dans les fosses techniques. Un marché des plus lucratifs.

  • Gilles Théberge - Abonné 14 avril 2016 10 h 11

    Monsieur le Hir a raison

    Les magouillesmamorcées sous Charest sont toujours vivantes et en santé.

    Va bien falloir qu'on se décide à questionner Charest...!