Garderies: 12 000 places de plus d'ici mars 2006

Québec — Les 12 000 places manquantes au réseau québécois des services de garde seront comblées au plus tard le 31 mars 2006, a annoncé hier la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, donnant ainsi le coup d'envoi aux travaux.

«C'est une bonne nouvelle pour les parents du Québec, qui vont enfin voir, à mon avis, la lumière au bout du tunnel dans les services de garde», a dit Mme Théberge lors d'un point de presse à Québec.

Le gouvernement a opté pour un développement «mixte», réservant 4544 places pour le réseau des garderies privées, 6072 pour le milieu familial, géré par les centres de la petite enfance (CPE), et 1344 places dans les garderies publiques existantes.

«Ces places se trouvent dans des installations déjà existantes, alors il n'y a pas de coût d'immobilisations, ce sont des installations déjà existantes dans lesquelles on a répertorié des places qui ne sont pas utilisées ou, surtout, dont l'espace permet d'accueillir des enfants.»

Les services de garde ont jusqu'au 31 mars prochain pour déposer leurs projets et toutes les places devront être disponibles au plus tard le 31 mars 2006.

«On atteint, avec ces 11 960 places-là, l'objectif de 200 000», a indiqué la ministre. Environ 835 places dans les garderies privées dites «non conventionnées» passeront de 35 $ par jour à 7 $. Et ce n'est qu'une première étape, a souligné Mme Théberge.

«Ces garderies-là vont devenir conventionnées [...]. Il y en a 835 [places] ce matin, mais je vous dirais que ça va s'ajouter. Il y a des milliers de parents qui ont attendu à la porte des garderies privées pour y avoir accès. Alors, nous, on s'est assurés que les gens puissent avoir accès à ces places-là.»

En tout, ces nouvelles places coûteront 84 millions de plus par année aux contribuables.

Le ministère va accorder la priorité aux projets provenant des régions où le manque de places se fait le plus sentir, de même qu'aux projets destinés aux clientèles en milieu défavorisé ou avec des besoins particuliers, notamment ceux qui offrent la garde atypique et des horaires non usuels.

Mais le premier critère de sélection, non négociable, a dit la ministre Théberge, sera la qualité des services offerts. La formation des éducateurs, la qualité des locaux, la localisation des services et les services éducatifs seront pris en compte.

Le gouvernement aura à l'oeil les garderies privées, qui sont traditionnellement l'objet d'un nombre plus élevé de plaintes des parents que le réseau des garderies publiques.

«Les garderies privées doivent répondre exactement aux mêmes critères de qualité [que les CPE] pour avoir leur permis, a rappelé Mme Théberge. On ne tolérera pas qu'il n'y ait pas de qualité ou qu'il y ait des infractions. On ne tolérera pas ça.»

Près de 60 % des nouvelles places seront développées au sein des garderies publiques, ce que salue l'Association québécoise des centres de la petite enfance.

«Il s'agit d'une reconnaissance de la capacité des deux modes de garde existant dans le réseau des CPE à développer des services répondant aux multiples besoins des parents du Québec», a dit la présidente de l'association, Hélène Potvin.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de famille, Jonathan Valois, croit cependant que le gouvernement a accordé une trop grande faveur aux garderies privées. «On donne un cadeau aux garderies privées d'abord et on leur dit qu'elles devront hausser leurs normes de qualité ensuite. Moi, j'aurais préféré le contraire. Mais le PLQ était déjà très engagé, de façon à la limite idéologique, à développer par le privé.»