Un comité de suivi «public» publiera un rapport en novembre

<p>Le comité fera <em>«le point sur l’avancement du travail des différentes instances, gouvernementales ou autres, ayant un rôle à jouer dans la mise en oeuvre des recommandations»</em>. </p>
Photo: Annick MH de Carufel Archives Le Devoir

Le comité fera «le point sur l’avancement du travail des différentes instances, gouvernementales ou autres, ayant un rôle à jouer dans la mise en oeuvre des recommandations»

Le Comité public de suivi des recommandations de la Commission Charbonneau déposera un premier rapport le 24 novembre prochain, soit un an après la publication du rapport officiel de la commission d’enquête sur l’industrie de la construction.

Ce comité, qui est une initiative de professeurs et d’experts qui refusent que les 60 recommandations de la Commission Charbonneau restent lettre morte, a rencontré la presse, mardi à Montréal, pour expliquer le mandat qu’il s’est donné et présenter ses sept membres.

Des bénévoles assisteront ce comité d’initiative citoyenne, notamment d’anciens employés de la commission d’enquête et des membres de la Ligue d’action civique et de l’organisme Transparency International Canada.

Parmi ces sept membres, on retrouve le maire de Westmount, Peter Trent, l’ancien bâtonnier du Québec et ancien député libéral Gilles Ouimet et la professeure de droit Martine Valois.

Le comité a donc annoncé qu’il dévoilerait son premier rapport le 24 novembre « pour faire le point sur l’avancement du travail des différentes instances, gouvernementales ou autres, ayant un rôle à jouer dans la mise en œuvre des recommandations ». D’autres rapports suivront donc.

Le professeur de science politique Denis Saint-Martin, aussi membre du comité, affirme qu’il n’appartient pas au gouvernement et aux ordres professionnels seulement de veiller au suivi des recommandations de la commission d’enquête.

« Si le Québec veut réussir à se débarrasser de la corruption, ce n’est pas juste le gouvernement qui va y parvenir, il faut que les citoyens, que la société soient impliqués dans le processus. Ce n’est pas juste les bureaucrates et les juges et les enquêteurs qui vont y réussir. Il faut transformer notre culture et prendre conscience, éduquer les citoyens que la corruption n’est pas un crime sans victime », a plaidé M. Saint-Martin.

« Nous avons un gouvernement qui, en 2011, a demandé une enquête publique et qui, quatre ans plus tard, tarde à mettre en œuvre les 60 recommandations qui ont été faites par la commission. Et il nous annonce, dans une conférence de presse au mois de mars 2016, qu’il étudiait les recommandations de la commission qu’il avait demandées. Alors on peut se demander dans combien d’années cette étude d’une étude sur le problème de la collusion et de la corruption va se terminer », a déploré Me Valois.

Du même souffle pourtant, Me Paul Saint-Pierre Plamondon, aussi membre du comité, affirme que le comité ne cherche pas à exprimer ainsi sa méfiance envers le gouvernement. « Le but, ce n’est pas de parler d’inquiétude, c’est de s’assurer que le travail soit fait », a-t-il conclu.

Le comité public de suivi accepte les dons du public pour financer ses travaux. Les intéressés peuvent consulter son site Web.

Québec réagit

À Québec, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a vu une bonne nouvelle dans cette préoccupation citoyenne envers le suivi à donner au rapport de la Commission Charbonneau. « Voir des citoyens qui s’investissent dans une démarche comme celle-là, c’est sain », a-t-elle opiné.

La ministre a fait valoir que « 80 % des recommandations (du rapport) commandent des modifications législatives » — ce qui nécessite un certain temps.

Elle a nié que le gouvernement Couillard ait tardé à agir. « Vous allez voir au fil des prochaines semaines des projets de loi qui seront déposés », a dit la ministre de la Justice.

Elle a rappelé que certaines modifications avaient déjà été apportées au fil des ans, notamment à la loi électorale, pour interdire plus clairement le recours aux prête-noms, et pour mieux encadrer l’octroi de contrats publics.

Son collègue Jean-Marc Fournier a aussi dû défendre la position gouvernementale, après que le leader de l’opposition officielle, Bernard Drainville, eut laissé entendre que la formation de ce comité démontrait que ses membres ne faisaient pas confiance au gouvernement pour mener à bien les réformes nécessaires.

« Ces gens-là qui sont en comité sont plus nos alliés que quoi que ce soit d’autre. Ils veulent travailler dans la même direction » que nous, a répliqué le leader parlementaire du gouvernement.

Le ministre Fournier a ajouté que « quiconque va être heureux » de voir des citoyens s’intéresser aux recommandations de la Commission Charbonneau.

Le député péquiste Drainville a invité le ministre Fournier ou un représentant du gouvernement libéral à prendre ses distances face à l’ancien premier ministre libéral Jean Charest qui, lundi, a soutenu qu’il avait dirigé un gouvernement « honnête et intègre ».

Le ministre Fournier n’a pas répondu directement à l’invitation du député Drainville et a évité de commenter les déclarations de son ancien chef.

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12 commentaires
  • Lise Falardeau - Abonnée 12 avril 2016 12 h 39

    Un suivi «public» publiera un rapport en novembre

    Depuis ce matin, les médias répètent que le gouvernement n'a pas appliqué les 60 recommandations du rapport Charbonneau. Je me demande donc quelle importance auait ce suivi ?

    • Pierre Fortin - Abonné 12 avril 2016 17 h 40

      Ce suivi aura au moins l'immense importance d'apporter un peu de lumière sur ce que le gouvernement tient dans l'obscurité depuis le dépôt du rapport Charbonneau.
      Les recommandations de la Commission ne doivent pas être que du vent.

  • Colette Pagé - Inscrite 12 avril 2016 12 h 58

    Chapeau à cette initiative citoyenne !

    Scandaleuse procrastination ! Manque de volonté politique. Les libéraux sont heureux d'être contents. Et ce même avec la mise en accusation de l'ex VPM et des enquêtes sur le Président du Conseil du Trésor.

    Un Gouvernement qui en élection avait promis la transparence et qui banalise la corruption à la suite de la la position déraisonnable du commissaire Lachance.

    La nature ayant horreur du vide, vu le laxisme du Gouvernement, les journalistes d'enquêtes , les lanceurs d'alertes et ce comité citoyen viennent à la rescousse de la démocratie et surveilleront le Gouvernement.

    • Pierre Fortin - Abonné 12 avril 2016 16 h 38

      Quand inviterons-nous les Islandais à venir nous instruire de leur activisme citoyen?

  • Simon Pelchat - Abonné 12 avril 2016 13 h 32

    Une initiative bienvenue

    Cette initiative est bienvenue et un plus pour notre démocratie. Elle ne peut que favoriser un rééquilibrage de la responsabilité face à ce qui nous arrive dans notre société. Il est bénéfique que les citoyens accompagnent les journalistes d'enquête sur le tribune du pouvoir que s'approprient certains politiciens et autres décideurs ainsi que certains médias.

    • André Poirier - Abonné 12 avril 2016 15 h 54

      Charest a mis toute sa confiance en Normandeau, Hamad et tout le parti libéral y compris donc Couillard, ce qui augure mal pour notre démocracie.

      Charest, ne me donnez pas votre confiance, ce qui ternirait ma réputation.

      De toute façon, la population ne devrait pas leur faire confiance.

  • Placide Couture - Inscrit 12 avril 2016 14 h 10

    méfiance candide

    Permettez-moi d’espérer que « l’infiltration » de ce comité par cet ancien député libéral qu’est M. Ouimet n’ait pas le même effet sur le futur rapport que la dissidence de M. Renaud Lachance sur le rapport de la Commission Charbonneau. Je vous avoue que je me méfie des « magouilles » du parti de Jean Charest.

    • Richard Lupien - Abonné 12 avril 2016 15 h 05

      Je ne sais si vous avez raison ou non monsieur Couture, mais c'est dire à quel point le simple nom de ce parti libéral crée le doute, fait naitre la suspicion. Trop de mauvaises expériences avec ces cachotiers.

      Au secours l'UPAC.

    • Simon Pelchat - Abonné 12 avril 2016 17 h 30

      Je partage votre méfiance, mais contrairement à la commission Charbonneau, M. Ouimet ne sera le second mais un membre du comité. J'espère que le leadership au sein de ce comité sera bien réparti.

  • Pierre Asselin - Abonné 12 avril 2016 17 h 05

    Where are we going?

    Ma question ....Est-ce que je comprends que nous avons besoin d'un comité pour s'assurer de l'honnêteté de nos élus .......Pourquoi rendu à ce point ne devrait--on pas les brancher en permanence à des polygraphes .....Je crois que des élections anticipées sont désormais une nécessité , une obligation ....