La lenteur du processus fédéral n’inquiète pas Barrette

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, ne s’inquiète nullement du fait que le gouvernement fédéral tarde à présenter sa loi sur les soins de fin de vie, qui doit pourtant avoir passé à travers tout le processus parlementaire d’ici le 6 juin.

Interrogé à ce sujet lundi à Montréal, alors qu’il annonçait justement l’ouverture de 28 lits supplémentaires en soins palliatifs dans l’est de Montréal, le ministre Barrette a rappelé que le gouvernement fédéral devait respecter le jugement de la Cour suprême à ce chapitre.

« Ça ne m’inquiète pas du tout, parce que la loi fédérale, par définition, va aller au moins là où nous sommes allés au Québec. Et d’aucune manière je ne vois quelque décision fédérale que ce soit venir « impacter » à la baisse ce que nous avons fait dans notre loi sur les soins en fin de vie [au Québec], a commenté le ministre Barrette.

« C’est une loi, au fédéral, qui doit être une réponse au jugement de la Cour suprême — un jugement qui va bien au-delà de l’application et des situations prévues dans notre loi [québécoise] », a-t-il pris soin d’ajouter.

Quant à savoir ce qu’il fera si la future loi fédérale est plus permissive en matière d’aide médicale à mourir que la loi québécoise, il a dit vouloir attendre de voir le projet de loi fédéral avant de trancher.

« Si le fédéral annonce qu’on doit aller par leur loi, plus loin, et bien on va attendre de voir ce qu’il décidera, parce que ce n’est pas encore annoncé », a-t-il répondu.

Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Sur un autre plan, le ministre Barrette a également reproché à l’opposition officielle de faire de la politique avec l’avenir de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, également dans l’est de Montréal — un hôpital qui a obtenu la cote E lors de l’évaluation dévoilée récemment par le ministère, à cause de la vétusté du bâtiment.

Au cours des derniers jours, l’opposition péquiste a critiqué le ministre Barrette pour avoir évoqué la possibilité que cet hôpital doive carrément être reconstruit plutôt que rénové. Le dossier date de plusieurs années.

Le ministre Barrette a répliqué lundi que les soins à Maisonneuve-Rosemont étaient d’excellente qualité et que seul le bâtiment posait problème. Il a aussi souligné qu’il devait également penser à d’autres établissements de santé dans l’ensemble du Québec, qui sont en plus mauvais état encore que l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

« Maisonneuve-Rosemont donne des soins de qualité irréprochable, dans un environnement qui est critiquable. Il est critiqué dans nos documents. On va « prendre action » de ça, mais malheureusement, nous avons des situations encore pires auxquelles il faut « s’adresser » », a affirmé le ministre de la Santé et des Services sociaux.

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1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 11 avril 2016 17 h 58

    La population a hâte d'être rassurée

    65 000 personnes décèdent annuellement au Québec. Près du 1/4 de million, au Canada. Proches et soignants et établissements de soins ont hâte que tout cela soit clarifié et adopté. Pour que le mourir puisse se faire davantage dans la dignité, dans la sérénité et dans le respect de tout et chacun.

    Plus vite le projet de loi sera présenté, plus vite la population pourra présenter des amendements pour le bonifier.

    Il est à espérer qu'il sera possible pour toute personne en fin de vie de pouvoir la terminer avec le minimum de souffrances et de douleurs, peu importe son âge.

    Il est à espérer aussi que la demande d'aide médicale à mourir puisse faire partie des directives médicales anticipées. La grande majorité de la population y est favorable. Tout cela serait une grande source de sérénité et de paix professionnelle et familiale et sociale.

    Comment ne pas avoir hâte d'avoir bientôt des nouvelles de la Commission québécoise permanente sur les soins de fin de vie.

    Comment ne pas espérer que les dirigeants du Réseau québécois des soins palliatifs va enfin réaliser que nous sommes en 2016, que nous sommes dans l'univers des soins appropriés et personnalisés de fin de vie, que les finissants de la vie ont de nouveaux droits, que le Réseau se doit d'avoir de nouvelles obligations. De quoi inspirer son prochain congrès de mai.