Jean Charest défend l’intégrité de son gouvernement

L'ancien premier ministre Jean Charest a déclaré que son gouvernement avait agi de façon honnête, pendant les neuf ans où il a été au pouvoir.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'ancien premier ministre Jean Charest a déclaré que son gouvernement avait agi de façon honnête, pendant les neuf ans où il a été au pouvoir.

L’ex-premier ministre Jean Charest a rappelé lundi que le processus judiciaire ainsi que des enquêtes en cours permettront de déterminer si des malversations ont entaché les pratiques de financement des libéraux.

M. Charest a déclaré que son gouvernement avait agi de façon honnête, pendant les neuf ans où il a été au pouvoir.

Dans un point de presse, M. Charest n’a pas commenté davantage les récentes informations montrant que certains ministres libéraux devaient récolter plus de 100 000 $ en contributions politiques.

« J’ai connu de très belles années ici en politique québécoise, a-t-il dit. J’ai été à la tête d’un gouvernement honnête, intègre. »
 

À la suite d’un événement sur la place des femmes en politique, auquel il participait lundi à l’Assemblée nationale, M. Charest a rappelé la dissidence du commissaire Renaud Lachance dans le rapport de la Commission Charbonneau.

L’ex-premier ministre a affirmé que M. Lachance a conclu qu’il n’existait pas de lien entre l’octroi de contrats publics et le financement des partis politiques.

 
« Renaud Lachance, un des commissaires, a écrit qu’après quatre ans de travaux, ils n’avaient pas entendu de preuve qui faisait de lien entre le financement, la collusion, la corruption, a-t-il dit. Alors j’ai pris bonne note de ça. »
 

La semaine dernière, le premier ministre Philippe Couillard s’est dégagé de toute responsabilité dans les pratiques de financement politique au Parti libéral du Québec avant son arrivée à la tête de la formation, en 2013.

 
Faisant référence à l’arrestation récente de l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, et à la controverse qui a mené à la démission du ministre Sam Hamad la semaine dernière, M. Charest s’en est remis aux procédures en cours pour déterminer si des personnes sont responsables de malversations.

« Il y a deux processus qui sont engagés, les processus suivront leur cours », a-t-il dit.
 

La vice-première ministre Lise Thériault, présente au même événement que M. Charest lundi, a déclaré qu’elle n’était pas intéressée à trouver les responsables de ces pratiques.

« Qui est responsable ? Moi ce qui m’intéresse ce n’est pas qui est responsable, a-t-elle dit. Nos pratiques ont été changées, on vit avec de nouvelles pratiques, qui sont saines. »

Mme Thériault a expliqué que les pratiques de financement en vigueur avant l’abaissement des contributions à 100 $ étaient tributaires des lois en vigueur.

« Ce qui s’est passé avant 2012, on a fait avec les lois de l’époque, donc je remonterais au législateur, simplement, a-t-elle dit. Je pense que d’autres temps, d’autres moeurs. »

La semaine dernière, M. Couillard avait pris ses distances des pratiques en vigueur dans le précédent gouvernement libéral, dont il a fait partie pendant cinq ans à titre de ministre de la Santé, avant son retour comme chef du PLQ.

« Je prends la responsabilité du parti à partir de ma nomination comme chef, en mars 2013, a-t-il dit. J’assume le passé de l’institution et tout ce qui va avec, mais ma responsabilité personnelle a commencé au moment où j’ai décidé de me lancer en politique à nouveau. »

M. Charest, qui a été chef de 1998 à 2012, a refusé de commenter directement les propos de M. Couillard, préférant quitter après avoir fait sa déclaration aux journalistes.

« Voyez-vous, je ne suis pas en politique active et là j’ai la chance de pouvoir répondre aux questions », a-t-il dit lundi pour repousser les questions.

Mme Normandeau a été arrêtée le mois dernier relativement à des allégations de trafic d’influence au moment où elle était dans le gouvernement de M. Charest.

Son dossier sera entendu la semaine prochaine au palais de justice de Québec, tout comme celui de l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté.

M. Hamad a choisi de siéger à titre de député, jeudi, après la publication de courriels de M. Côté montrant qu’il aurait pu intervenir pour favoriser une entreprise.

Le commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale enquête sur les allégations touchant M. Hamad.

Lundi, M. Charest a exprimé sa confiance envers M. Hamad, après avoir renouvelé son appui à Mme Normandeau.

« C’est également une personne [M. Hamad] en qui j’ai confiance, que je connais, en qui j’ai toujours confiance », a-t-il dit.

43 commentaires
  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 11 avril 2016 13 h 44

    Et moi j'ai une poignée dans le dos...

    Faut vraiment "prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages" pour proférer de telles inepties... Comme si personne n'était venu porter des enveloppes brunes au congrès du PLQ!

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 11 avril 2016 15 h 50

      Le mensonge de l'ex-premier ministre: Charest dit que M. Lachance a conclu qu’il n’existait pas de lien entre l’octroi de contrats publics et le financement des partis politiques. C'est FAUX. Lachance a dit qu'il ne "peut pas faire la preuve" qu'il n'y a pas de liens.

    • Gilles Théberge - Abonné 11 avril 2016 16 h 23

      Oui, et j'ajouterais que "c'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule".

      Comme quoi ia fiction devient réalité!

    • Robert Beauchamp - Abonné 11 avril 2016 17 h 17

      Il devrait aller porter son CV à Gilbert Rozon.

    • gaston bergeron - Abonné 11 avril 2016 21 h 29

      Quel effronté!

    • Donald Bordeleau - Abonné 13 avril 2016 14 h 15

      Mais pourquoi avoir fait Bastarache,marteau, CEIC et l'UPAC?

      Je suis d'accord avec vous que le PLQ a mis beaucoup d'effort depuis 2008. Mais des pertes nettes en corruption de 20% sur les investissements de 11 milliards au Québec durant ces 10 années sombres.

      Cela représente une somme estimée de 10 milliards peso pour la mafia, 5% pour l'ingénieur, 15% en extra, 3% en augmentation des quantités, 5% en dons politiques et tous les pots de vin, billet Céline, roses Normandeau, voyages, billet Centre Bell Ministre Boulet et etc...

      En 2008 année électorale, la caisse du PLQ a reçu 9,267,639$, alors que en 2009 il a reçu 2 millions de moins pour 7,187,207$.

      Un fait intéressant, on note une diminution du financement sectoriel de 2,074,014$ entre 2008 à 2009 pour une diminution de 65%.

      Mais le champion était Tomassi qui avait défoncé son objectif (50,000$) de financement de 269.20% en 2008. Mais en 2009, il devait selon Bibeau ramassé 200,000$ et Monsieur Tomassi a dépassé son objectif 109.74%.

      Pour ses succès de financement Monsieur Jean Charest a été ravie de le nommé ministre. Il devenait par la suite ministre des CPE, l'on connaît la suite de la dérive des attributions des places en garderies vers de bons contributeurs du PLQ

      http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/201

  • André Lajoie - Inscrit 11 avril 2016 13 h 59

    Osera t-il...

    passer un polygraphe?

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 11 avril 2016 14 h 16

      Elle est bien bonne monsieur Lajoie! Si seulement il était encore à l'Assemblée, on saurait, il suivrait la tradition et se lèverait debout avant de mentir!!!

    • Sylvain Rivest - Abonné 11 avril 2016 14 h 27

      ça donnerait rien car selon ses valeurs de néolibéraliste il n'a rien fait de mal. Pour lui, comme pour bien d'autres, dépouiller le peuple et l'état n'a rien de fâcheux.

      Les néolibéralistes ne comprenent rien dans le vivre en société et le partage de la richesse.

      Nous sommes aux portes d'une "révolution française" II.

  • Pierre Marcotte - Inscrit 11 avril 2016 14 h 07

    Qui est responsable?

    Quel bel aveu de la part de Mme Lise Thériault! "Nos pratiques ont été changées, on vit avec de nouvelles pratiques, qui sont saines", qu'elle dit. Ce qu'il faut conclure, c'est que ces pratiques ne l'étaient pas, saines, auparavant.

    CQFD.

    • André Nadon - Abonné 12 avril 2016 07 h 33

      Il faut conclure que rien n'a changé puisque Mme Thériault, ministre et vice-première ministre, déclare qu'elle ne cherche pas de coupables. Si tu ne te fais pas pincer avant la prescription de 5 ans, tu n'es plus coupable.
      Et on vote pour ça!!!

  • Bernard Plante - Abonné 11 avril 2016 14 h 11

    À quoi bon des responsables?

    « Qui est responsable ? Moi ce qui m’intéresse ce n’est pas qui est responsable, a-t-elle dit. Nos pratiques ont été changées, on vit avec de nouvelles pratiques, qui sont saines. » - la ministre Lise Thériault.

    Cela équivaut à dire que parce que la pièce a été nettoyée et qu'il n'y a plus de trace de sang, on se fout de savoir qui a commis le meurtre!

    Madame la ministre, des prix de contrats gonflés qui ont coûté des millions au contribuables, des retours d'ascenseurs qui ont peut-être permis de fausser les élections et un système de financement qui s'apparente à de la magouille organisée exige des responsables. C'est le moins que l'on puisse espérer dans une société saine.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 11 avril 2016 20 h 51

      « parce que la pièce a été nettoyée et qu'il n'y a plus de trace de sang, on se fout de savoir qui a commis le meurtre!»
      Ceci est le meilleure rapprochement que j'ai lu à date.

      PL

  • Christian Montmarquette - Abonné 11 avril 2016 14 h 21

    Tellement hâte..

    Tellement hâte que l'UPAC lui ferme la trappe et le mette en tôle, ce champion de l'arrogance toutes catégories!

    Le langage des barreaux et des menottes sera le seul qu'il comprendra.

    Saint Robert Lafrenière...

    - Priez pour nous!

    Christian Montmarquette

    • Hélène Gervais - Abonnée 11 avril 2016 19 h 26

      bien d'accord avec vous

    • Alain Massicotte - Inscrit 11 avril 2016 21 h 54

      VOUS m'enlevez les paroles de bouche MONSIEUR

    • Gilles Théberge - Abonné 12 avril 2016 11 h 45

      Je serais surpris que l'UPAC aille jusque là.

      Mais on ne sait jamais!