Hamad rayé de la liste des ministres

En point de presse, Sam Hamad a dit avoir «convenu avec le premier ministre» qu’il siégerait comme simple député.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne En point de presse, Sam Hamad a dit avoir «convenu avec le premier ministre» qu’il siégerait comme simple député.

Après avoir opté pour une suspension temporaire, le premier ministre Philippe Couillard a écarté définitivement Sam Hamad du Conseil des ministres.

« Je vais au cours des prochains jours assermenter les personnes qui ont été nommées comme suppléantes pour qu’elles occupent définitivement leurs fonctions, c’est-à-dire président du Conseil du trésor et ministre régional de la capitale », a indiqué Philippe Couillard dans une mêlée de presse qui a suivi une période de questions particulièrement acrimonieuse à l’Assemblée nationale. Par décret, le ministre des Finances, Carlos Leitão, avait repris temporairement le Trésor, à compter de samedi dernier, tandis que le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, assume la responsabilité de la région de la capitale nationale, la chasse gardée de Sam Hamad depuis 2008, mis à part lors de l’éphémère passage du gouvernement Marois. Le premier ministre et les ministres se présenteront devant le lieutenant-gouverneur, J. Michel Doyon, la semaine prochaine.

Redevenu simple député, Sam Hamad, qui demeure membre du caucus libéral, ne touchera plus son salaire de ministre que Philippe Couillard lui avait permis de conserver même s’il n’exerçait plus aucune fonction ministérielle.

Par délicatesse, Philippe Couillard a parlé de cette rétrogradation comme d’une décision prise par le député. Il a répété que Sam Hamad était « courageux ». « Il a pris la bonne décision », a dit le premier ministre.

En matinée, Sam Hamad a lu une déclaration. « J’ai convenu avec le premier ministre de siéger comme député de Louis-Hébert sans aucun autre privilège » puisqu’il était devenu « une distraction ». Contrairement à ce qu’avait déclaré Philippe Couillard mercredi, Sam Hamad n’a répondu à aucune question des journalistes, et n’entend pas le faire avant que le commissaire à l’éthique et à la déontologie des membres de l’Assemblée nationale, Me Jacques Saint-Laurent, ne produise son rapport à son sujet. « Je veux me battre pour défendre mon intégrité. Je n’ai rien à me reprocher », a-t-il dit. Tout au plus a-t-il admis qu’il aurait dû rappeler aux personnes qui ont cherché à l’influencer, comme Marc-Yvan Côté, leur obligation de s’inscrire au registre des lobbyistes.

Sa fuite en Floride fut « une décision guidée par l’émotion », a dit le député. « J’étais en colère et la colère est mauvaise conseillère. »


Plusieurs enquêtes

Il n’est pas exclu que Sam Hamad réintègre le Conseil des ministres s’il est blanchi, mais Philippe Couillard a laissé entendre que de l’eau coulerait sous les ponts. « On a le commissaire à l’éthique, le vérificateur général, le Directeur général des élections qui vont travailler sur le dossier », a-t-il énuméré.

Philippe Couillard s’est dit mauvais juge pour dire que la crise actuelle avait été mal gérée. Il a tenté de concilier « l’intérêt supérieur du Québec et de l’État » et « les sentiments humains » en laissant Sam Hamad garder ses émoluments. « Je ne veux pas, moi, me déshumaniser dans le travail que je fais », a-t-il fait valoir. « Les hommes et les femmes qui travaillent avec moi, ce ne sont pas des meubles, des objets. » Il s’est défendu d’avoir sous-estimé le mécontentement populaire.

À l’Assemblée nationale, les partis d’opposition ont exploité les révélations de RDI selon lesquelles en 2009, cinq élus libéraux avaient des objectifs annuels de financement, non pas de 100 000 $ comme tous les ministres, mais de 150 000 $, selon un document du Parti libéral du Québec.

Sam Hamad était du nombre et en 2009, il a recueilli 171 000 $, a relevé Bernard Drainville. Le leader parlementaire de l’opposition officielle a accusé Sam Hamad d’avoir menti devant Paul Arcand quand il a affirmé, vendredi dernier, n’avoir jamais atteint l’objectif de 100 000 $. Combien d’argent venait de Marc-Yvan Côté ? a demandé le député de la Coalition avenir Québec Éric Caire.

Menée par le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, la riposte libérale se résume ainsi : tous les partis politiques ont péché. Même le premier ministre, d’habitude peu enclin à « s’abaisser », comme il le dit lui-même, a participé à cet échange fangeux, citant le rapport Moisan et le dossier Oxygène 9, qui ont éclaboussé le Parti québécois.

32 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 8 avril 2016 00 h 08

    Moisan et le dossier Oxygène 9. voici l'UPAC avec MTQ

    Il semble que l'opposition va continuer à tourner la broche du barbecue pour les prochains mois.

    Des rumeurs veulent que Madame Boulet sera la suivante par sa grande implication de diriger soit le financement et d'allouer des contrats au plus méritants ( généreux ) selon Luc Berthold

    Plusieurs ont quitté discrètement leur poste de chef de cabinet de Julie Boulet au MTQ.

    Outre M. Drouin, l'actuel directeur Jean-Philippe Brunet en 2007 a eu comme prédécesseur, selon la Liste du personnel politique des cabinets ministériels, Guy Beaudet, Luc Berthold, Guy Paquin et Louis-Marie Pelletier, Hélène Ménard, Manon Gagnon et Claude Drouin . Un radar photo devant les portes tournantes du cabinet de madame la ministre.

    Hélène Ménard se retrouve aujourd’hui au Cabinet du ministre de la Justice depuis 2010.

    Luc Berthold a été directeur de cabinet des ministres Normandeau et Boulet.

    http://www.lapresse.ca/la-tribune/actualites/20140

    • Robert Beauchamp - Abonné 8 avril 2016 08 h 35

      Moisan et Oxygène 9, de la petite bière à côté du scandale d'Ilôt Voyageur, n'est-ce pas M. Fournier?

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 8 avril 2016 00 h 17

    Et il aura sa grosse prime de départ...

    et on en parlera encore des mois jusqu'à ce que Phil augmente les salaires des minis ministres.

    Au secours!

    Sam, notre ami, s'il te plait, refuse ta satanée prime et donne l'exemple!

    Je crois que Sam va faire comme sa pote Nathalie et se faire embaucher à radio X en attendant d'être claustré pour autre chose.

    Son émission s'appellera "Sam Pique les contribuables"...

    En ondes tout l'été, têtes de nœuds en fréquences!!!

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 8 avril 2016 18 h 59

      Ah, il est encore député!!! Pardon!

  • Denis Paquette - Abonné 8 avril 2016 00 h 50

    Il était temps

    C'est la premiere fois que je les vois avoir une tête sincêre

    • Patrick Daganaud - Abonné 8 avril 2016 10 h 21

      On ne voit pas la même chose.

      Cela ressemble plus à des voleurs pris la main dans le sac...

  • Louise Collette - Abonnée 8 avril 2016 07 h 11

    La roue

    Comme il n'a pas inventé <<la roue à trois boutons>>il ne va pas vraiment nous manquer...

    • Patrick Daganaud - Abonné 8 avril 2016 10 h 23

      Non, mais avec Couillard encore en selle, le supplice de la roue va se poursuivre pour la population...

  • Christian Montmarquette - Abonné 8 avril 2016 07 h 45

    - Réclamons l'application de la loi 70 pour Sam Hamad !

    Comme il vient de perdre sa job, pour aider le très gentil, très humain et très sympathique Sam Hamad à remonter la pente dans sa dure épreuve..

    Je suggère qu'on lui donne son propre 310$ par mois d'aide sociale pour vivre comme il l'avait lui-même proposé avec sa loi 70 pour favoriser son intégration en emploi. Et autant que possible, à deux ou trois cents kilomètres de chez lui, comme il l'avait lui-même aussi évoqué.

    Je suis persuadé que ça va l'aider.

    Bon courage Sam.

    Comme tu le vois.. On est avec toi!

    Christian Montmarquette

    .

    • Brian Monast - Abonné 8 avril 2016 09 h 01

      ... hi hi hi.

    • Patrick Daganaud - Abonné 8 avril 2016 10 h 24

      Excellente idée!

    • Hélène Paulette - Abonnée 8 avril 2016 11 h 33

      C'est dommage mais il n'est pas éligible car il faut un compte de banque à zéro pour y avoir droit... À moins d'un transfert de fonds en Floride, naturellement.

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 avril 2016 11 h 57

      En Floride? Pourquoi pas au Panama? Ou à un pays qui le remplace, maintenant que le Panama est brûlé?

    • gaston bergeron - Abonné 8 avril 2016 17 h 07

      Bravo pour trait d'humour suave!

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 avril 2016 19 h 46

      Merci, M. Bergeron, c'est bien apprécié.

      Mais pour vous dire franchement..

      Je me demande si on ne devrait pas faire subir aux politiciens les lois qu'ils imposent..

      Il me semble qu'un tel procédé en concientiserait plus d'un, avant qu'ils ne votent n'importe quoi, n'importe comment..

      ;-)

      .