Sam Hamad redevient simple député

Sam Hamad renonce à ses fonctions ministérielles
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Sam Hamad renonce à ses fonctions ministérielles

Sam Hamad a refusé de répondre aux questions jeudi avant-midi, après avoir annoncé l’abandon de ses privilèges de ministre. 

Dans une allocution de moins de six minutes, le député de Louis-Hébert a dit vouloir mettre toutes les énergies pour se « battre pour défendre [son] intégrité » une semaine après la diffusion d’un reportage d’Enquête truffé, selon lui, d’« amalgames » et de « raccourcis ». « Je n’ai rien à me reprocher. […] Force est d’admettre que je suis devenu une [distraction]. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai convenu avec le premier ministre de siéger comme député de Louis-Hébert sans aucun autre privilège », a-t-il déclaré, la voix éraillée par l’émotion, en marge du caucus des élus libéraux jeudi avant-midi.

M. Hamad n’a pas répondu ni aux questions des journalistes ni aux questions des élus d’opposition. Il aura donc fallu tout près d’une semaine au député pour conclure que la démission de ses fonctions à titre de ministre était la seule avenue possible en attendant le rapport d’enquête du Commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale.

Celui-ci doit démêler la participation de M. Hamad dans le processus d’octroi d’un prêt de 11,2 millions $ et d’une subvention de 8,5 millions $ octroyés respectivement par Investissement Québec et le ministère du Développement économique à l’entreprise Premier Tech au printemps 2012.

À la défense de projets

M. Hamd a nié vigoureusement jeudi avoir offert un « traitement de faveur » à Premier Tech, mais pas avoir discuté avec « des représentants de l’entreprise » comme l’ex-collecteur de fonds libéral Marc-Yvan Côté. « Aujourd’hui, on me parle de Premier Tech, mais j’ai défendu avec autant de vigueur d’autres projets porteurs au Québec. »

D’autre part, l’ex-président du Conseil du trésor a admis avoir eu tort de partir pour la Floride alors qu’il était plongé dans la controverse. Son séjour aux États-Unis a provoqué l’« indignation de la population », a-t-il regretté. « Mon départ à l’extérieur du Québec a été une décision guidée par l’émotion. Quand on se sent si injustement visé, quand on s’attaque à notre réputation et notre intégrité, on souhaite prendre une certaine distance. J’étais en colère et la colère est mauvaise conseillère. »

Le premier ministre Philippe Couillard s’était abstenu mercredi réitérer sa confiance à l’égard de son ministre englué dans des allégations de trafic d’influence. Il lui a au contraire reproché d’avoir discuté candidement avec Marc-Yvan Côté de la demande d’aide financière de Premier-Tech. À ses yeux, M. Hamad aurait dû s’assurer que M. Côté figure au registre des lobbyistes, et ce, même si les règles en matière de lobbyisme ne l’obligeaient pas à le faire. « Est-ce que le député de Louis-Hébert aurait dû être plus prudent ? Certainement qu’il aurait dû être plus prudent », avait-il déclaré.

D’autres détails suivront.

Le Devoir

19 commentaires
  • Pierre R. Gascon - Inscrit 7 avril 2016 10 h 25

    Suggestion pour la santé de SAM

    Le député et membre de l'Assemblée nationale, monsieur Sam Hamad, pourrait explorer, dans le Vieux-Québec, une expérience en santé globale pour y vivre une expérience vivante et vivifiante dans l'ancien monastère des Augustines, sous cinq thèmes, savoir :

    1. Un accompagnement bienveillant des personnes dans leur démarche;
    2. Une cuisine saine et variée qui s'inspire de l'alimentation consciente;
    3. Des soins attentionnés offerts par des professionnels certifiés;
    4. Une programmation foisonnante en santé, culture et patrimoine, et
    5. Une ambiance calme et un confort simple propices à la détente.

    Il a dit qu'il était brûlé; alors, en sa qualité de député, il aura emplement de temps pour vivre une expérience en santé globale; exprience qui lui est offerte à deux enjambées de son bureau de comté. Sûrement qu'un de ses nombreux électeurs ou donateurs s'enorgueillera de l'amener à ce monastère historique reconvertit en centre de santé globale.

  • André Poirier - Inscrit 7 avril 2016 10 h 47

    Prudent ?

    « Est-ce que le député de Louis-Hébert aurait dû être plus prudent ? Certainement qu’il aurait dû être plus prudent », a déclaré M. Couillard en Chambre.
    Quand on est honnête, on n'a pas à être prudent.

    • Patrick Daganaud - Abonné 7 avril 2016 20 h 36

      Voilà qui est une bonne analyse des propos révélateurs du PM.

      Il n'exhorte pas ses troupes à l'éthique, mais à la prudence.

      Une sorte de « pas vu, pas pris! »

  • André Mutin - Abonné 7 avril 2016 10 h 49

    L'imprudent !


    « Est-ce que le député de Louis-Hébert aurait dû être plus prudent ? Certainement qu’il aurait dû être plus prudent ».

    En fait ça veut dire, soyez croche mais ne vous faites pas prendre !

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 7 avril 2016 10 h 52

    Questions

    Ce qu'il y a de formidable avec l'élocution de M. Hamad est que les journalistes maintenant peuvent formuler leurs questions comme ils veulent; les réponses sont données. Personne n'ira plus loin.

    PL

  • Jean-François Trottier - Abonné 7 avril 2016 11 h 00

    Il y a des limites à la plaisanterie

    Tout d'abord, Hamad n'a PAS demandé l'enquête dont il fait l'objet, contrairement à ce que les Libéraux chantent partout. Le PQ l'a demandé, et ensuite il en a fait autant alors que l'enquête était déjà inévitable. Ce serait comme une oie qui demande d'être nourrie alors qu'on la gave déjà, sans comparer M. Hamad à un quelconque volatile.

    Ensuite, M. Hamad n'est pas parti en Floride. On lui a dit de partir. a question était de disparaître du portrait le tempas que ça se calme. Mais voilà, le choix de la Floride, fortement associée ici à la dolce vita, était pourri. Encore fait-iul dire que tout aurait été pourri de toute façon puisque plus personne ne pet croire ce gouvernement de dissimulateurs patentés.

    Enfin, M. Hamad n'a pas choisi de redevenir simple député. Actuellement le PLQ est totalement paniqué parce que justement il n'a plus de crédibilité. Quoi qu'un Libéral dise, personne ne le croit. Donc chaque geste de chaque député est pesé au milligramme près par les stratèges, i.e. les organisateurs et king makers, suite aux études marketing que le PLQ commande à chaque jour sinon plus fréquemment, et Hamad suit les ordres pour survivre.

    C'est maintenant que la caisse occulte prend toute son importance: toutes ces études hyper-rapides et précises se font à mêne des fonds qui n'apparaîrtront jamais dans la comptabilité du parti. Le PLQ est riche, mais riche!
    Comme ce club fermé de gens qui méprisent le bon peuple cultive le secret comme d'autres les tomates, on sait qu'ils se croient au-dessus des lois. Ils ne craignent que de se faire prendre. Hé! Des gens qui trichent sans se faire prendre, comme sous Charest, feront forcément pires par la suite. C'est pas un préjugé, c'est une évidence.

    Alors, fait-il le répéter ? Honte au bloc "soviétique" anglophone qui vote pour ces pourris sans se poser de question depuis 150 ans en passant par Taschereau et Charest.

    Cette majorité écrasante est d'une fragilité identitaire maladive. Faut se faire soigner.