Le DGEQ « examine fortement » le financement politique de Premier Tech

Le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, a quitté pour la Floride lundi pour se «reposer».
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, a quitté pour la Floride lundi pour se «reposer».

La société Premier Tech a accusé lundi le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) de ternir « indument » son image avec l’annonce qu’il examinera « fortement » les contributions politiques de l’entreprise.

Dans une réaction à cette décision annoncée lundi par le DGEQ, la directrice des relations publiques de l’entreprise, France Bégin Parent, a réfuté toute allégation que des membres de son personnel aient pu faire des contributions illégales.

« Les propos du DGE ternissent indument l’image de Premier Tech », a-t-elle écrit dans un courriel transmis à La Presse canadienne.

Mme Bégin Parent n’a pas voulu préciser si l’entreprise envisage des recours judiciaires contre l’organisme chargé de faire respecter la Loi électorale.

« Nous n’avons rien à ajouter pour le moment et continuons de suivre le dossier », a-t-elle dit.

Une porte-parole du DGEQ, Alexandra Reny, a déclaré lundi que l’institution se penchait sur des allégations de financement politique illégal dont le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, aurait bénéficié.

« On examine fortement la situation, a-t-elle dit. On n’est pas encore rendu à l’étape des vérifications. »

Cette décision survient à la suite de la diffusion d’un reportage de Radio-Canada démontrant que M. Hamad aurait pu recevoir des dons illégaux de la part de dirigeants de l’entreprise Premier Tech, a affirmé Mme Reny.

Certains dirigeants et administrateurs de Premier Tech, ainsi que des membres de leur famille ont donné plus de 20 000 $ au Parti libéral du Québec (PLQ) de 2008 à 2012, indique le reportage.

Dans son courriel, Mme Bégin Parent a déclaré que « toutes les contributions électorales faites par les dirigeants de Premier Tech, ou les membres de leur famille, ont été effectuées dans le plus strict respect des dispositions législatives applicables ».

« Affirmer ou laisser entendre le contraire est hautement préjudiciable et porte atteinte à la réputation de l’entreprise et de son personnel », a écrit la porte-parole de Premier Tech.

La semaine dernière, le reportage a mis en évidence les liens unissant M. Hamad et l’ancien organisateur et ministre libéral Marc-Yvan Côté.

Informations et dons

Selon des courriels internes de Premier Tech cités par Radio-Canada, M. Hamad, qui s’est retiré volontairement de ses fonctions samedi, a transmis des informations stratégiques à M. Côté, vice-président du conseil d’administration de l’entreprise, active dans les secteurs de l’horticulture et du traitement des eaux.

Lors d’une entrevue, lundi, Mme Reny a déclaré que le DGEQ examine si des représentants de l’entreprise, qui tentaient d’obtenir une aide financière supplémentaire du gouvernement, auraient pu faire des contributions illégales.

« Ce qui peut mener à une enquête, c’est l’étape des vérifications, pour nous c’est une étape majeure, a-t-elle dit. Mais là on est à la première étape, sur trois. »

La semaine dernière, le commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Jacques Saint-Laurent, a annoncé qu’il enquêtera sur les échanges de M. Hamad et M. Côté, pour déterminer s’il s’est placé en contravention du code des députés.

M. Côté a fait des représentations auprès de M. Hamad, pour le compte de Premier Tech, sans être inscrit au registre des lobbyistes, a reconnu l’entreprise la semaine dernière.

Daniel Labonté, porte-parole du Commissaire au lobbyisme, n’a pas été en mesure de dire si une vérification ou une enquête est en cours concernant ces interventions.

« Le commissaire est au fait des informations, mais ne commente pas », a-t-il dit.

Selon l’article 7.2.4 de la politique de communication du commissaire, « lorsque cela lui est demandé, il confirme si une opération de vérification ou d’enquête est en cours ».

Repos

Depuis la Floride où il se trouve, M. Hamad a déclaré lundi qu’il demeure à la disposition du commissaire à l’éthique qui mène son enquête.

« J’attends son appel, a-t-il dit à Radio-Canada. J’espère lui parler le plus vite possible. »

M. Hamad a affirmé que les événements de la semaine dernière nécessitent qu’il se repose.

« Je suis parti pour refaire le plein d’énergie, a-t-il dit. Je suis brûlé. C’est pas évident, ce que je vis. »

4 commentaires
  • Sylvain Bolduc - Inscrit 4 avril 2016 20 h 08

    Ça travaille fort...

    En coulisses. C'est tout ce qu'il y a à dire là-dessus. Il doit y avoir quelques gros avocats bien occupés en ce moment

  • Pierre Valois - Abonné 4 avril 2016 21 h 46

    D.G.E. quand tu nous fais sourire

    Quand on pense qu'il y a plus d'agents de protection de la faune au Québec pour protéger des orignaux qu'ils n'y a de fonctionnaires chez le D.G.E. pour protéger la démocratie on se demande si on ne devrait pas demander aux premiers d'enquêter sur cette démocratie quand on se rend bien compte que dans certains partis le braconnage de la démocratie est aussi bien ancré dans les moeurs que la pêche du doré au dard.

    D'autant que ces mêmes agents de protection de la faune ont probablement des talents d'enquêteur supérieurs à ceux des fonctionnaires du D.G.E.

    Pensons seulement que les journalistes de la presse écrite et électronique de même que la microscopique équipe de recherchistes de Québec Solidaire ont mieux fait que tous les enquêteurs du D.G.E.

  • Bernard Morin - Abonné 5 avril 2016 09 h 04

    "Examiner fortement": le DGE adapte son niveau de langue ...

  • Donald Bordeleau - Abonné 5 avril 2016 14 h 28

    Charest au centre des problèmes du PLQ.

    Aucun doute ne doit peser sur l'intégrité du Conseil des ministres ou du Conseil du Trésor.

    Mais l’on constate que les abus étaient une coutume avec les Post-it et les nominations des juges avec Madame Chantal Landry déjà en 2003.


    Les portes tournantes pour des non élus comme Bibeau qui assistait au Conseil des Ministres comme révélé par Violette Trépanier. Idem avec Daoust, Gignac, Jean Charest et Hamad avec qui il cassait la croûte avec son ami Côté.

    Quand l’UPAC et la juge Charbonneau concluent aussi à un problème «systémique», difficile d’effacer l’ardoise.»


    Encore une fois l'éthique ayant peu d'intérêt pour le gouvernement libéral.

    Sanctions

    Le Comité du PLQ peut imposer des sanctions pour les infractions aux règles du
    Code allant de l'avertissement jusqu'à la suspension, la destitution et
    l'exclusion du Parti. Ces sanctions dépendent du contexte de l'infraction
    avec certains facteurs atténuants ou aggravants, notamment la
    répétabilité et l'intensité de l'infraction, l'intention, les regrets, l'aveu, la
    collaboration ainsi que le cumul d'autres infractions.

    http://www.plq.org/pdf/Code_Ethique_PLQ.pdf