Sam Hamad est parti en Floride

Sam Hamad n’aura pas à répondre aux questions pressantes de l’opposition cette semaine à Québec : « brûlé », le ministre est parti se reposer en Floride. Un « sans-gêne » dénoncé par l'opposition.

« Je ne me sauve pas. Je suis parti pour refaire le plein d’énergie. Je suis brûlé. C’est pas évident, ce que je vis », a indiqué M. Hamad à Radio-Canada, lors d’un entretien téléphonique.

« Mon seul objectif est de collaborer avec le Commissaire à l’éthique. J’attends son appel. J’espère lui parler le plus vite possible », a ajouté M. Hamad. Les rumeurs concernant un possible départ au soleil du député ont commencé à circuler en fin de journée dimanche, par l’entreprise de Radio X. M. Hamad a confirmé la nouvelle lundi matin.

Le député péquiste Jean-François Lisée a dénoncé « le sans-gêne du premier ministre — qui a annoncé sur le perron de l’église que son ministre Hamad avait toute sa confiance et était en congé de maladie, alors qu’il est en congé éthique — et le sans-gêne de M. Hamad de se rendre en Floride [parce que] c’est dur pour lui… Non, M. Hamad, non M. Couillard, ce n’est pas dur pour vous, c’est dur pour les Québécois de se rendre compte qu’on a un gouvernement qui a si peu d’intérêt pour l’éthique qu’il s’aveugle et ne prend pas ses responsabilités », a lancé le député de Rosemont en conférence de presse.

La porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice, Véronique Hivon, craint que le séjour de M. Hamad en Floride complique inutilement l’enquête du Commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale. « Qui paiera le voyage du commissaire […] pour aller rencontrer Sam Hamad ? » a-t-elle lancé avec une pointe d'ironie sur Twitter.

La vice-première ministre du Québec, Lise Thériault, s'est pour sa part portée à la défense de son collègue lundi matin. M. Hamad est un « chic type » au-dessus de tout soupçon, selon elle. « Les gens ne sont pas coupables parce que leur nom est mentionné dans un reportage », a-t-elle mentionné au Journal de Québec en marge d’une annonce à Québec.  

Marc-Yvan Côté

Sam Hamad se retrouve sous les feux de la rampe depuis que l’émission Enquête a dévoilé jeudi une série de courriels montrant qu’il filait des informations privilégiées à son « ami » Marc-Yvan Côté, récemment arrêté par l’UPAC.

M. Hamad aurait ainsi travaillé en coulisses en 2012 pour faire en sorte qu’une subvention accordée par le gouvernement à une entreprise pour laquelle travaillait M. Côté (Premier Tech) soit bonifiée. Ses démarches ont porté fruits. M. Côté y fait référence dans un courriel en disant qu’elles devaient être récompensées par une « contribution significative » à un cocktail de financement pour M. Hamad.

Samedi, M. Hamad s’est retiré « temporairement » de son poste de président du Conseil du trésor, le temps que le Commissaire à l’éthique fasse enquête sur son cas. « On attaque injustement mon intégrité », avait-il commenté dans une déclaration écrite. « Je ne peux accepter que ce genre de reportage, fondé sur des amalgames non vérifiés, entache ma réputation et remette en question l’honnêteté avec laquelle j’exerce mes fonctions depuis toujours. »

Le premier ministre Couillard lui a réitéré sa confiance dans l’intervalle, qualifiant la décision de se retirer de « noble et généreuse ». M. Couillard a comparé son départ à un « congé de maladie ».

46 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 4 avril 2016 10 h 38

    Unissons-nous!..

    ... Et prions en cœur pour un ouragan qui froisserait sa somptueuse cravate indigo!!!

    • Sylvain Rivest - Inscrit 4 avril 2016 14 h 13

      ...quand-même, ça doit bien faire du bien se reposer en Floride?

    • Pierre Hélie - Inscrit 4 avril 2016 17 h 00

      D'après votre commentaire de ce matin sur le livre de M. Lebel, je n'ose pas imaginer ce que vous souhaitez à Mme Marois... Probablement la même chose que ce que les partisans de QS lui souhaitaient en applaudissant à tout rompre sa défaite de 2014...

    • Bernard Plante - Abonné 4 avril 2016 17 h 06

      Et moi qui croyait qu'il s'était suffisamment fait chauffer les fesses! :)

  • Michel Lebel - Abonné 4 avril 2016 10 h 46

    La vie continue!

    Au Commissaire à l'éthique de faire son boulot! Et que le vie politique et autre continue. Que les médias et partis politques se calment le pompon et qu'ils arrêtent de sonner l'hallali!

    M.L.

    • Marc Lacroix - Abonné 4 avril 2016 14 h 27

      Je crois comprendre que vous estimez normal que des ministres se placent dans des positions douteuses, comme M. Hamad l'a fait!

      Vous savez que nous ne sommes pas dans un procès criminel, et la question d'apparence de conflit d'intérêts ne peut pas être mise de côté aussi rapidement que ce que le font présentement M. Hamad et son patron M. Couillard.

      Les politiques douteuses de ramassage de contributions politiques qui ont existées dans le passé, sont elles bien terminées? Nous n'en avons pas l'assurance. Et excusez-moi de le souligner, mais ceux qui se sont pliés à des jeux politiques douteux par le passé, devraient avoir la décence de quitter le parlement!

      L'UPAC va de toute évidence devoir faire le grand ménage, car le PLQ se déclare propre peut-être un peu facilement!

    • Bruno Martin - Abonné 4 avril 2016 15 h 12

      Si la situation de M. Hamad ne fait pas partie de la vie politique... et possiblement judiciaire, je ne sais pas ce qui en fait partie! C'est justement parce qu'on a trop longtemps ignoré ce genre de situation qu'on se retrouve là aujourd'hui.

    • François Dugal - Inscrit 4 avril 2016 16 h 25

      Si monsieur le commissaire a comme référence les standards de l'éthique libérale, il m'apparaît clair que monsieur le ministre Hamad sera effectivement exonéré de tout blâme, monsieur Lebel, et la "vie continuera comme avant", n'est-ce pas?

    • Michel Lebel - Abonné 4 avril 2016 17 h 51

      Envoyer le tout au Commissaire à l'éthique est une option. Quant à moi, j'aurais plutôt souhaité que le premier ministre Couillard prenne lui-même connaissance des faits et décide du sort de M.Hamad, quel qu'il soit. Le leadership est ainsi fait. En politique, un premier ministre n'a pas d'amis. Mais tôt ou tard, le premier ministre devra de fait trancher et vivre avec sa décision. Ainsi va la politique.


      Michel Lebel

    • Donald Bordeleau - Abonné 4 avril 2016 23 h 42

      Encore fâché Monsieur Lebel, ce n'est qu'un début pour plusieurs mois.

      Aucun doute ne doit peser sur l'intégrité du Conseil des ministres ou du Conseil du Trésor.


      Mais l’on constate que les abus étaient une coutume avec les Post-it et les nominations des juges avec Madame Chantal Landry déjà en 2003.


      Les portes tournantes pour des non élus comme Bibeau qui assistait au Conseil des Ministres comme révélé par Violette Trépanier. Idem avec Daoust, Gignac, Jean Charest et Hamad avec qui il cassait la croûte avec son ami Côté.

      Quand l’UPAC et la juge Charbonneau concluent aussi à un problème «systémique», difficile d’effacer l’ardoise.»

      Tomassi nie la partisanerie. On connait la suite. Il a été accusé au criminel en 2014.

      http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politi

  • Patrick Boulanger - Abonné 4 avril 2016 11 h 08

    Un dangereux pétard mouillé

    Il est tout de même étonnant qu'un "pétard mouillé" fasse autant de dégâts. N'est-ce pas M. Hamad?

    • Pierre Valois - Abonné 4 avril 2016 17 h 12

      Dans l'expression... il y a tout de même le mot pétard...

      Je vous parie qu'en avion, faire la farce à l'agent de bord que son bagage ne cache qu'un pétard mouillé cause de multiples ennuis à celui qui veut s'embarquer avec.

  • Gilles Théberge - Abonné 4 avril 2016 11 h 17

    Même règles pour tous...?

    On devrai peut-être lui administrer les mêmes règles que celles qu'on sert aux chômeurs et autres personnes vivant de prestations diverses!

    Elles sont coupées dans le cas où elles s'absentent du pays.

    Après tout un gars qui s'absente de son bureau parce qu'il est sous enquête...

    Ça vaut pas cher la tonne!

    • Richard Lupien - Abonné 4 avril 2016 15 h 28

      Moi itou des fois j'aimerais ça partir au soleil, là-bas, là-bas, au bord de la mer, sur une plage déserte, m'enfoncer les orteils dans le sable...mais y aller la conscience tranquille....mon boss me donnerait carte blanche, " tu reviens quand cela te tente, on a pas besoin de toi pour l'instant..."

  • Brigitte Garneau - Abonnée 4 avril 2016 11 h 18

    LES VACANCES DE SAM HAMAD...

    Selon Philippe Couillard, la décision de se retirer (Sam Hamad) est «noble et généreuse» et son départ est comparé à un «congé de maladie». Pincez-moi quelqu'un!! Où est la NOBLESSE? Où est la GÉNÉROSITÉ? De quelle MALADIE souffre Sam Hamad? Quel médecin a eu la bonne idée de lui prescrire des VACANCES? Décidément, Les gens du gouvernement ne parlent pas le même langage que nous ou, du moins, n'ont pas la même signification des mots... Peut-être qu'un bon médecin pourrait prescrire aux membres du gouvernement un cours d'«ÉTHIQUE 101»! Bref, on nous prend vraiment pour des IMBÉCILES!!