Sam Hamad aurait favorisé Marc-Yvan Côté

Des échanges de courriels obtenus par «Enquête» semblent démontrer que M. Hamad fournissait des informations privilégiées et des conseils à M. Côté.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Des échanges de courriels obtenus par «Enquête» semblent démontrer que M. Hamad fournissait des informations privilégiées et des conseils à M. Côté.

Le gouvernement de Philippe Couillard se murait dans le silence et les partis d’opposition réclamaient une fois de plus la démission du président du Conseil du trésor, Sam Hamad, jeudi, à la suite de nouvelles révélations sur l’étroite relation entre ce ministre libéral et l’homme d’affaires Marc-Yvan Côté, arrêté la semaine dernière par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Des échanges de courriels obtenus par l’émission Enquête de Radio-Canada semblent démontrer que le ministre Hamad fournissait des informations privilégiées et des conseils à Marc-Yvan Côté, vice-président du conseil d’administration de l’entreprise Premier Tech, qui a reçu au fil des années des dizaines de millions de dollars de subventions de Québec et d’Ottawa. Il allait même jusqu’à militer à la demande de l’entreprise pour que celle-ci obtienne des subventions gouvernementales, selon les propos contenus dans ces échanges.

Sam Hamad doit être exclu du conseil des ministres

 

Arrêté en même temps que l’ex-ministre libérale Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté travaillait, quant à lui, de façon « significative » au financement politique du Parti libéral du Québec. Dans des courriels envoyés au président et chef de l’exploitation de Premier Tech, Jean Bélanger, M. Côté parle même de M. Hamad comme de « [s] on ami ».

À cette époque, en 2010, Premier Tech tente de convaincre le gouvernement Charest et Investissement Québec (IQ) de l’appuyer financièrement pour qu’elle puisse se porter acquéreur d’un concurrent. « Jean, je rappelle que Sam [Hamad] a offert son aide pour convaincre le Trésor, écrit M. Côté. J’attends d’ici la fin de la journée le retour de Sam qui parlera à [au président d’IQ, Jacques] Daoust. […] Dès le retour [d’appel] de Sam, je te fais rapport », écrit Marc-Yvan Côté.

Le lendemain, M. Côté écrit : « Mon ami vient de me faire rapport. Il a d’abord parlé à Daoust et à [Clément] Gignac », le ministre du Développement économique.

Pendant tout ce temps, malgré ces échanges nombreux avec M. Hamad, M. Côté ne s’est jamais inscrit au registre des lobbyistes pour Premier Tech, ce qui contreviendrait aux règles. C’est sans compter le fait que l’entreprise se trouvait en possession d’informations privilégiées sur les discussions tenues entre ministres.

D’autres courriels, ceux-là remontant à 2008, démontrent la volonté des dirigeants de Premier Tech de contribuer par un montant « significatif » au financement du PLQ. En quatre ans, les dirigeants de Premier Tech et leurs familles auraient versé plus de 20 000 $ à la caisse du PLQ. À lui seul, M. Côté et sa famille auraient donné 17 000 $ à la formation.

Expulsion exigée

Les trois partis d’opposition ont exigé sur-le-champ que Philippe Couillard expulse Sam Hamad du conseil des ministres, le temps que la lumière soit faite.

« Vu le sérieux des révélations, nous demandons une enquête de l’UPAC et du commissaire à l’éthique sur Sam Hamad », a commenté Bernard Drainville, du Parti québécois, estimant qu’il est nécessaire que M. Hamad soit exclu des rangs de la députation libérale d’ici là.

La CAQ, pour sa part, a qualifié d’« extrêmement inquiétante » cette proximité « entre un homme qui veut obtenir des subventions gouvernementales et un ministre qui lui a, peu de temps après, accordé les subventions demandées. »« Le premier ministre ne peut laisser planer aucun doute sur l’intégrité de son gouvernement », a insisté le député Éric Caire.

Amir Khadir, de Québec solidaire, exige, à l’instar de la CAQ, le déclenchement d’une enquête du commissaire à l’éthique et du commissaire au lobbyisme de l’Assemblée nationale. « Cela démontre une violation claire des lois en matière de lobbying et un manque grave à notre code d’éthique et déontologique en tant que député. »

Il n’a pas manqué de rappeler que Marc-Yvan Côté avait été banni à vie du Parti libéral du Canada, en 2005, à la suite des travaux de la commission Gomery, ce qui n’avait pas empêché le PLQ de « faire appel à ses services pour du financement jusqu’en 2012 ».

Le bureau du premier ministre Couillard, quant à lui, s’est abstenu de tout commentaire, tout comme celui de M. Hamad.

26 commentaires
  • Diane Gélinas - Abonnée 1 avril 2016 00 h 26

    À l'abordage, flibustiers !

    Au moment-même où Ottawa délie les cordons de la bourse pour les infrastructures et où l'argent des contribuables québécois et canadiens coulera conséquemment à flot, cet homme est Président du Conseil du TRÉSOR du vaisseau amiral du Québec ?

    Ce film de pirates va-t-il finir par finir ?

    • Donald Bordeleau - Abonné 1 avril 2016 17 h 14

      Après Hamad, cela n'est pas fini.

      Martin Coiteux va probablement démissionner bientôt pour s'éloigner de tous les ministres qui ont participé aux processus agressifs des affaires avec les célèbres quotas de 100,000$ que certaines ministres ne connaissaient pas les objectifs de financement. Dix des ministres présents de l’ancien gouvernement Charest ne seront plus en politique en 2018

      Comme les ministres avec les Madame Boulet, Norman MacMillan, Sam Hamad, Jean-Marc Fournier, Philippe Couillard, Line Beauchamp, Michelle Courchesne, Jacques Dupuis, Lise Thériault, Marguerite Blais, Tony Tomassi, Pierre Moreau, Kathleen Weil et le grand patron qui autorisait les décisions au Conseil des Ministres soit le premier Ministre Jean Charest.

      Cela est symptomatique de ce gouvernement libéral comme Madame Boulet qui appelait Monsieur Marchand (Maskimos) qui refusait de participer au financement illégal en 2007. Avec l'aide des fonctionnaires du MTQ, la firme Maskimos a été rayée pour l'obtention de contrats. La ministre Boulet aurait obtenu du MTQ, afin de donner à la firme Maskimos un petit bout d'asphalte pour le comté en fin de saison 2007 pour calmer Monsieur Marchand.

      Suite à l'arrêt du financement en 2008 au PLQ, la firme Maskimos a été rayée pour obtenir des contrats au MTQ. Cela démontre les liens allégués de collusion entre le politique et les fonctionnaires du MTQ.
      La vérité par la bouche de Julie Boulet qui a déjà dit qu’il n’y a pas plus de fraudeurs à l’aide sociale que dans le reste de la société.
      Pourtant en 2015, en Mauricie l'on peut dire que la firme Maskimos dépasse tous les standards de qualité pour ses travaux routiers.

      Julie Boulet a amassé 518 000 $ en dix ans dans «la circonscription de Laviolette la plus pauvre du Québec. Selon une moyenne de 24 ministres du gouvernement Charest sur cette période, le PLQ aurait amassé plus de 15 millions en dons auprès des firmes et entrepreneurs avec ce concept agressif d

    • Donald Bordeleau - Abonné 1 avril 2016 18 h 21

      L'UPAC a tous les enregistrements des contacts téléphoniques de Monsieur Côté et de Monsieur Hamad.

      Les faits allégués aujourd'hui sont connus depuis 2014 à la CEIC de Madame Charbonneau.

      Cela était connu depuis ce temps là. Il est impossible que l'UPAC n'est pas poussé plus loin ses enquêtes des malversations des ministres du PLQ de 2003 à 2012 et aussi de 2014 à 2016.

      De plus à la course à l'élection de Couillard au parti Libéral, c'est justement Monsieur Hamad qui était responsable du financement de le campagne à la direction du PLQ.

  • Marie Nobert - Abonnée 1 avril 2016 00 h 55

    De l'homme des «tavernes» à l'homme des sabirs(!)

    Qui de Marc-Yvan ou de Sam est le véritable «Hamad»? (!) Bonne pêche @ tous!

    JHS Baril

  • Hélène Gervais - Abonnée 1 avril 2016 06 h 17

    Vont-ils encore dire ....

    que c'était sous l'ancien gouvernement de charest? et charest quand vont-ils l'attrapper?

  • Raymond Chalifoux - Abonné 1 avril 2016 07 h 21

    C'est comme dans...

    "Would you buy a used car from this guy?"

  • Alain Lavallée - Abonné 1 avril 2016 07 h 25

    Un retrait du ministre Hamad

    M. Couillard ne cesse d,affirmer que le Parti Libéral a changé depuis l'ère Charest.
    Si c'est le cas, M. Hamad doit se retirer de son ministère.
    Ces faits se sont produits au cours d'une période (2008-2010) où M. Marc Yvan Côté avait été banni à vie du PArti LIbéral du Canada (suite à la COmmission Gomery), pour des questions de financement illégaux.