Québec doit offrir un taux de 6 % pour les parents incapables de payer le CPE, dit l’ACEF

L’ACEF du nord de Montréal voit d’un mauvais oeil l’endettement des familles québécoises quant à la modulation des tarifs de garde. 
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L’ACEF du nord de Montréal voit d’un mauvais oeil l’endettement des familles québécoises quant à la modulation des tarifs de garde. 

L’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) du Nord de Montréal appelle les familles à y penser deux fois avant de contracter un prêt auprès d’une caisse Desjardins pour encaisser le choc fiscal lié à la modulation des tarifs de garde.

« On utilise sa carte de crédit pour financer un service public », a déploré la conseillère budgétaire Carole Laberge mardi.

À l’approche de la date limite pour produire sa déclaration de revenus, l’ACEF a cru bon de rappeler la possibilité de conclure une « entente de paiement avec les gouvernements au taux de 6 % ». « C’est beaucoup plus avantageux qu’un emprunt dans une institution financière à 16 %, comme l’a proposé une de celles-ci à plus de 25 000 familles récemment », note-t-elle, faisant allusion à une publicité d’un prêt personnel accordé via AccordD — dont le taux d’intérêt varie entre 11 % et 16 % — du Mouvement Desjardins. « Bonne nouvelle. Il y a AccordD pour régler la contribution additionnelle pour les frais de garde », indiquait la publicité.

L’ACEF du nord de Montréal voit d’un mauvais oeil l’endettement des familles québécoises. Celles-ci sont aux prises avec une hausse du coût de la vie, mais connaissent une « stagnation » de leurs revenus. « Lorsque le gouvernement augmente les tarifs, que ce soit en santé, en éducation, en électricité et cette fois-ci les tarifs de frais de garde, les familles n’ont déjà plus la marge de manoeuvre nécessaire pour faire face à toutes ces nouvelles hausses. »

Proposition d’entente

De son côté, Revenu Québec a rappelé au Devoir que toute personne dont la situation financière ne permet pas de payer les sommes dues en un seul versement « [peut lui] faire une proposition d’entente de paiement par débits préautorisés en fonction de [sa] capacité à payer ». « Vous pourrez ainsi payer les sommes dues, si elles sont d’un montant maximal de 100 000 $, au moyen de paiements mensuels égaux répartis sur un maximum de 12 mois consécutifs », indique l’agence sur son site Web.

Le taux d’intérêt de Revenu Québec, fixé à l’heure actuelle à 6 %, est « déterminé selon la moyenne des taux de base des prêts bancaires consentis aux entreprises ».

2 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 30 mars 2016 09 h 15

    Voler les plus démunis pour gaver les mafias

    Tandis que des familles défavorisées paieront à la fois la facture omniprésente de la mesquinerie libérale étatisée et les intérêts sur cette facture...

    L'«explosion (orchestrée) des coûts » dans les infrastructures routières permet et permettra au gouvernement Couillard de gaver, par millions et milliards, les mafias de la construction à même les fonds publics.

    Le cycle de la corruption est reparti.

    Tout n'est que honte sous les libéraux.

  • Vanessa Dufour - Inscrite 30 mars 2016 15 h 42

    Toujours plus

    Depuis quelques années, j’ai pu lire des commentaires de parents se plaignant de la hausse des coûts journaliers des garderies subventionnées par le gouvernement québécois qui sont passés de cinq à sept dollars. Pourtant, je me souviens très bien que, pendant mon enfance, mes parents ont dû payer cinquante dollars par jour pour que ma sœur et moi puissions rester dans une garderie pendant la semaine. Faisant partie de la classe moyenne, je ne suis pas d’accord avec la décision de subventionner les familles pour un montant qui, selon moi, reste abordable. De plus, comment décider de qui seront ces familles qui «méritent» l’aide financière du gouvernement? À mon avis, cette décision n’engendrera que des conflits.