Landry songe à rester jusqu'en 2008

Québec — Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, est galvanisé par les sondages favorables à son parti et par le taux d'insatisfaction élevé à l'endroit du gouvernement Charest. À tel point que la possibilité qu'il mène ses troupes jusqu'aux prochaines élections et, s'il l'emporte, à un référendum sur la souveraineté en 2008 est de plus en plus envisagée.

«Les cartes sont sur la table. Je choisirai ce qui est à choisir au bon moment», a lancé hier un Bernard Landry tout sourire à la sortie d'un discours qu'il a prononcé devant plus de 300 étudiants de l'Université Laval afin de relancer la «saison des idées» entamée au PQ au lendemain de la défaite électorale.

Lorsqu'on lui a demandé s'il voulait devenir «président de la République du Québec», il a répondu que «les institutions restent à déterminer». Dans l'entourage de M. Landry, on indique que «sa réflexion se poursuit» alors que des membres du comité national des jeunes souhaitent qu'il reste jusqu'au prochain rendez-vous électoral.

Jusqu'à maintenant, M. Landry a toujours dit qu'il demeurerait président du PQ jusqu'au congrès de 2005 et qu'une décision sera prise au sujet de son avenir dans le cadre de cet événement.

Comme il l'a fait au conseil national d'octobre dernier, Bernard Landry a réitéré hier devant les étudiants de l'Université Laval que son parti souhaitait tenir un référendum sur la souveraineté en 2008, à temps pour le 400e anniversaire de l'implantation du fait français en Amérique. Le PQ devra d'abord remporter les prochaines élections, qui auront lieu entre avril 2007 et avril 2008, selon la volonté du premier ministre Jean Charest.

Le chef péquiste s'est dit en désaccord avec des membres du Cercle Godin-Miron qui ont affirmé dans un texte publié hier par Le Devoir que si le PQ obtient la majorité des sièges aux prochaines élections, il «aura la légitimité pour procéder à l'indépendance» sans tenir de référendum. «J'ai dit que je ne tuais aucune idée de la saison des idées. Il pousse toutes sortes de plantes. J'espère que certaines vont mourir sur place, dont l'élection référendaire. Mais ils ont le droit de la semer et de la cultiver. J'ai choisi une autre voie. Je veux que le Québec accède à l'indépendance quand la majorité de la population aura dit oui», a-t-il dit.

Bernard Landry estime par ailleurs que le premier ministre Paul Martin s'immisce «grossièrement» dans les champs de compétence du Québec en voulant négocier directement avec les municipalités et accorder un «bon d'apprentissage» pour chaque enfant né dans une famille à faible revenu.

«De quoi il se mêle? La santé, c'est Québec. L'éducation, c'est Québec. Les municipalités, c'est Québec. Comment un premier ministre du Canada peut-il se dire fédéraliste alors qu'il se comporte comme un centralisateur?», a dit M. Landry.

Selon lui, le gouvernement Martin «est pire» que le gouvernement Chrétien. «Ceux qui pensaient avoir des réformes avec Paul Martin se rendent compte que c'est du pareil au même, sauf qu'au lieu d'être un p'tit gars de Shawinigan, Paul Martin est un p'tit gars de Windsor», a-t-il lancé. Le chef péquiste estime que le Bloc québécois tirera profit de cette situation lors des élections fédérales, qui auront lieu au printemps.