Les déficits d’Ottawa font l’affaire de Québec, affirme Leitão

Même si son dernier budget s’astreint à l’équilibre budgétaire, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a exprimé, mardi, sa satisfaction de voir le gouvernement fédéral recourir aux déficits.

« Ça fait notre affaire », a déclaré Carlos Leitão, qui commentait, avec le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, le premier budget Morneau. « Six années de déficits consécutifs, ça devrait donner un certain stimulus à l’économie. »

Québec ne peut imiter Ottawa, a prévenu le ministre. « On ne peut pas faire ce choix-là, parce que notre niveau d’endettement, en partant, est beaucoup plus élevé. »

Carlos Leitão juge que le budget fédéral « est très intéressant pour les familles canadiennes ». Au Québec seulement, les familles toucheront 800 millions de plus en 2016-2017.

Le ministre a loué la décision d’Ottawa de rétablir le crédit d’impôt de 15 % destiné aux fonds d’investissement de travailleurs. Le renflouement de Radio-Canada, que Québec avait réclamé, est salué, tout comme le fait qu’Ottawa finance l’innovation, la recherche et la lutte contre les changements climatiques.

En revanche, les ministres sont restés dubitatifs devant les intentions du gouvernement fédéral en matière d’infrastructures. Cette section du budget Morneau « nous laisse un peu sur notre faim, a déclaré Carlos Leitão. Ce n’est pas que les montants ne soient pas importants, ils le sont. Mais il reste encore beaucoup de détails à régler. » Sam Hamad a insisté pour affirmer que les investissements fédéraux dans les infrastructures municipales ne pourront être versés directement aux municipalités. « L’ordre de priorité des projets du Québec va se faire par le gouvernement du Québec en collaboration avec les municipalités », a-t-il tranché.

Enfin, Québec savait déjà qu’il n’y aurait rien dans le budget fédéral pour Bombardier. « Je ne suis pas inquiet », a indiqué le ministre des Finances, qui se dit convaincu qu’Ottawa viendra en aide à Bombardier « pour la Série C en particulier ».

On ne peut pas faire ce choix-là parce que notre niveau d’endettement, en partant, est beaucoup plus élevé

1 commentaire

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  • Clermont Domingue - Abonné 23 mars 2016 09 h 46

    Endettement...

    Le ministre Leitao a raison.On ne peut pas faire comme Ottawa,non seulement parce que notre niveau de dette est plus élevé,mais surtout parce que nous n'avons pas de Banque Centrale. Dans cinq ans, si la dette canadienne est insupportable,la Banque du Canada pourra recourir aux QE (création monétaire) comme fait la FED et la BCE.