Plus d’argent pour éloigner les gens de l’aide sociale

Du côté de l’aide au revenu, le budget augmente les prestations des assistés sociaux qui participent au programme Objectif emploi.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Du côté de l’aide au revenu, le budget augmente les prestations des assistés sociaux qui participent au programme Objectif emploi.

Les plus gros efforts financiers du gouvernement Couillard en matière de lutte contre la pauvreté ciblent les travailleurs à faible revenu. En multipliant les primes au travail, on vise à les décourager de recourir à nouveau à l’aide sociale.

Juste pour les ménages sans enfants, ces primes augmenteront en 2016-2017 de 42 millions, ce qui devrait toucher 43 000 ménages de plus. Le gouvernement veut ainsi « valoriser l’effort de travail » et « inciter les personnes à quitter l’aide financière de dernier recours ».

Accueil partagé

Or, les groupes sociaux présents au huis clos du budget n’ont pas semblé emballés par cette mesure. « Cet incitatif […] réduit en fait la pression sur les employeurs du Québec pour qu’ils accordent de meilleurs salaires », fait valoir le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Sur un autre front, le gouvernement hausse aussi son aide aux banques alimentaires via de l’aide fiscale aux donateurs. Cet investissement de 100 000 $ par an permettra à un plus grand nombre de grossistes d’avoir droit à des avantages fiscaux s’ils donnent de la nourriture (les producteurs de lait, les fournisseurs d’aliments pour bébés, de farine, de sucre, de pâtes alimentaires, de légumes surgelés et de mets préparés).

L’an dernier, on l’avait offert aux maraîchers, ce qui avait permis d’ajouter 143 producteurs aux fournisseurs du réseau de Moisson Québec. En 2014-2015, plus de la moitié des 19 banques alimentaires avaient manqué de denrées pour répondre à la demande.

Sinon, le gouvernement Couillard a été critiqué jeudi particulièrement en matière de logement social et d’aide au revenu. Des organismes comme le FRAPRU lui reprochent de maintenir la baisse des unités Accès Logis entreprise l’an dernier au profit des suppléments au loyer.

Plus de 10 000 logements Accès Logis financés dans les budgets précédents sont actuellement en préparation ou en voie de l’être. Mais Marie-José Corriveau, organisatrice au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), fait valoir que les autres coupes imposées au programme les rendent très difficiles à réaliser. « Non seulement le nombre d’unités nouvelles est-il insuffisant, mais en plus, ce qu’on met sur la table ne sera pas livrable. »

Du côté de l’aide au revenu, le budget augmente les prestations des assistés sociaux qui participent au programme Objectif emploi. Or, il reste muet quant aux pénalités que le projet de loi 70 entend imposer aux personnes qui refusent d’y participer.

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