Le couperet tombe

Le couperet tombe sur le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Celui-ci écopera d’une baisse de son budget de fonctionnement d’un montant maximal de 5,2 millions de dollars, et ce, à compter du 1er avril prochain.

L’élue péquiste Véronique Hivon a qualifié d’« excessivement inquiétante, voire indécente » la coupe dans le budget de l’équipe de la DPCP, Annick Murphy, et ce, après « la mise en oeuvre de mesures structurantes pour améliorer l’efficacité de l’organisation », selon une expression retenue par le Conseil du trésor. « Les besoins sont grandissants. [Le grand patron de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière] lui-même disait [jeudi] qu’il y avait des dizaines d’enquêtes en cours en ce moment à l’UPAC. […] Qu’est-ce que ça donne si, à l’autre bout, il y a engorgement et qu’on n’est pas capable de traduire ça en accusations ? » a-t-elle demandé lors d’une mêlée de presse jeudi soir. Mme Hivon a souligné à gros traits le « timing » de l’annonce du resserrement du budget de fonctionnement du DPCP. « Quel timing ! Quelle ironie ! Aujourd’hui même, on commence à voir les fruits du travail de l’UPAC et du DPCP parce qu’enfin des accusations ont été portées contre Madame Normandeau », a-t-elle déclaré, pressant le gouvernement libéral de « justifier » cette décision « complètement inconcevable ».

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a appelé à ne pas perdre de vue les « sommes d’argent [liées] à la récupération fiscale du ministère des Finances » qui seront transférées « pendant l’année et selon les besoins » au « budget de base » de 5,2 millions. « Approximativement, bon an, mal an c’est environ 3 millions. Dans le budget de dépenses 2016-2017, il n’est pas inclus parce qu’on ne peut pas prévoir le montant [avec précision] », a-t-elle expliqué dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.

Par ailleurs, le budget de dépenses du programme « Administration de la justice », visant notamment à assurer le « soutien administratif nécessaire au fonctionnement des cours de justice », a également été revu à la baisse, et ce, de 3,6 millions par rapport à la dépense anticipée pour l’année financière 2015-2016. « Cet écart résulte, en partie, de la mise en oeuvre de mesures de contrôle des dépenses », a expliqué le Conseil du trésor.

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3 commentaires
  • Michèle Lévesque - Abonnée 18 mars 2016 09 h 32

    Une image claire vaut mille mots confus

    Une image valant mille mots, ça vaut la peine d'aller visiter Jean-François Lisée sur sa page Facebook pour y voir une copie de la page du Budget concernant cette coupure, avec entre autres son commentaire sur ce "timing" pour le moins déconcertant (il dit "bizarre") et dont parle également madame Hivon, entre autres intervenant(e)s péquistes.

    Mme Stéphanie Vallée, actuelle Ministre de la Justice, "explique" et "contextualise" avec la clarté et la rigueur intellectuelles qui lui sont coutumières - en espérant que cette nébuleuse ne soit que ça, une confusion mentale déplorable pour une personne avec de telles responsabilités, mais sans méchanceté, et non pas carrément du brouillard sur les pistes.

    Ce qui est certain, c'est que dire que (je cite) "on ne peut pas prévoir le montant [avec précision]", en lien au reste de sa déclaration téléphonique au Devoir, cela donne un étrange image de rigueur budgétaire pour un gouvernement qui ne fait que ça - couper et tenir un discours faussement rationnel à partir d'une vision strictement comptable de l'économie.

    * * *

    Aussi : les coupures de fausse austérité "des dépenses" dans l'ensemble des services de Justice sont vraiment difficiles à concevoir dans le cadre d'autres dossiers chauds et urgents, telle la prostitution juvénile (mineure) en lien à la lutte aux proxénètes de rue et le crime organisé, d'une part, et des criminels de première ligne que sont les clients adultes, bien nantis ou non. Pour ne nommer que ça.

    Ici encore, revoir la page de M. Lisée et le commentaire d'un de ses abonnés FB qui fait remarque que (je cite) : " Ils ont quand même prévu 11 M$ en indemnisation pour s'excuser de l'atteinte à la réputation une fois que les poursuites auront été abandonnées à cause des délais ou autres technicalité [sic.] du genre !" C'est pas mal mal plus précis, ça, non ?

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 18 mars 2016 10 h 09

    Tu penses que j'm'en aperçois pas ?


    Faut-il qu'ils nous prennent pour une bande d'idiots pour essayer de nous passer une affaire aussi grosse qu'une maison ? C''tivident, voyons : ils veulent tout détruire, y compris nos institutions judiciaires. Ça doit l'être une vengeance parce qu'ils voyaient venir l'arrestation de Nathalie Normandeau...

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 19 mars 2016 10 h 54

    Parlant de rigueur...

    « La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a appelé à ne pas perdre de vue les « sommes d’argent [liées] à la récupération fiscale du ministère des Finances » qui seront transférées « pendant l’année et selon les besoins » au « budget de base » de 5,2 millions. »

    Les crédits budgétaires de la DPCP étaient l'an passé de 126,3 millions. Cette année, ils sont à 123 millions. Rien à voir avec un budget de base de 5,2 millions. Et comme la ministre ne pouvait évidemment déterminer d'avance la hauteur de la récupération fiscale en partie récupérée par la DPCP, le journalisme laisse entendre que c'est un gros zéro.

    Merci à monsieur Lisée de nous donner les vrais chiffres, au moins.