Les syndicats sont déçus en santé, en éducation et en économie

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Régine Laurent
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Régine Laurent

Les syndicats sont déçus du budget Leitão ; ils estiment que les réinvestissements promis dans les services publics sont trop timides et que même le coup de fouet requis à l’économie n’est pas au rendez-vous.

À leur avis, les réinvestissements en éducation sont trop faibles, puisque la hausse de 3 % du financement n’égale à peu près que l’augmentation normale des coûts du système.

Et dans la santé, il faudra même s’attendre à d’autres compressions, selon les dirigeants syndicaux interviewés, parce que l’augmentation prévue du budget de 2,4 % équivaut à environ la moitié de la hausse normale des dépenses de programmes.

« 2,4 %, ce n’est pas un investissement dans la santé. Ces dernières années, ce sont des coupures qu’il y a eues dans le réseau de la santé », s’est exclamée Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).

« Le réseau public de santé est sous le respirateur. Il nous reste une inconnue : c’est quelle année que le gouvernement va débrancher le respirateur » a-t-elle ajouté.

À la CSN aussi, c’est la désillusion. « On a derrière nous des compressions budgétaires importantes qui se font encore sentir. Est-ce qu’on va remettre à flot le niveau de services ? Je ne le crois pas », a conclu le président, Jacques Létourneau.

Il se dit d’autant plus déçu que, selon lui, le gouvernement disposait d’une certaine marge de manoeuvre. « C’est un gouvernement qui avait les moyens de donner un électrochoc à l’activité économique » et qui ne l’a pas suffisamment fait, a encore critiqué M. Létourneau.

 
Budget timoré
 

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, trouve aussi ce budget trop timoré au plan de la relance économique.

« On aurait souhaité quelque chose avec plus d’envergure pour relancer l’emploi, l’économie. On le dit depuis un certain temps : il faut que le Québec se dote d’une véritable politique industrielle digne du XXIe siècle. Oui, il faut aider nos entreprises, mais il faut qu’il y ait des obligations qui viennent avec, des obligations en innovation, en amélioration de productivité et surtout en création d’emplois », a lancé M. Boyer.

À la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), une centrale qui représente les deux tiers des enseignants du primaire et du secondaire, la présidente Louise Chabot se dit grandement déçue, d’autant plus que le premier ministre Philippe Couillard avait annoncé « un signal très fort » en faveur de l’éducation dans ce budget.

« Il n’annonce aucun vrai réinvestissement. Alors, comment nous dire que c’est un signal fort ? » s’est exclamée Mme Chabot. Selon elle, les sommes annoncées ne feront que maintenir les acquis, non pas réparer les compressions passées et encore moins développer le réseau.

Quant à Pierre Blain, du Regroupement provincial des comités d’usagers, il s’est insurgé contre le fait que la plus grande part des sommes annoncées en santé sera consacrée au personnel dans la santé et non aux services, comme les soins à domicile.