Onde de choc dans le monde politique

L’ex-vice-première ministre, Nathalie Normandeau, a été arrêtée pour corruption. 
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir L’ex-vice-première ministre, Nathalie Normandeau, a été arrêtée pour corruption. 

L’arrestation de l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau et de six autres personnes pour corruption a créé toute une onde de choc chez les acteurs politiques québécois. Voici leurs réactions.

En point de presse, le premier ministre Philippe Couillard a insisté sur les réformes apportées ces dernières années aux règles de financement des partis politiques, qui ont changé le contexte. Selon lui, l’abaissement du seuil maximal de contribution à 100 $ a été un élément déterminant qui a changé les façons de faire.

Le PQ réagit : Couillard doit poser des gestes

Le député péquiste Pascal Bérubé a quant à lui exhorté le premier ministre à faire face à la musique. « Il doit cesser le déni, cesser de banaliser une situation extrêmement grave », a-t-il déclaré. « Le premier ministre, dans sa dimension de chef du Parti libéral du Québec, doit poser des gestes pour nous démontrer qu’il est conscient de la gravité des accusations. »

Il est primordial d’identifier la source du système de financement illégal, que l’UPAC a qualifié de systémique, dit-il. « Qui est à l’origine du système qui a été démontré par l’UPAC aujourd’hui ? », a-t-il insisté.

Québec solidaire : la réaction de Couillard prématurée

De son côté, la députée de Québec solidaire Françoise David estime que M. Couillard a eu une réaction prématurée en assurant que les accusations déposées jeudi témoignaient d’une époque qui est désormais révolue. Des ministres qui sont encore en fonction étaient soumis aux anciennes exigences de récolter 100 000 $ en dons chaque année, a-t-elle rappelé. « C’est certainement prématuré de dire que ça n’a aucun rapport avec le Parti libéral actuel puisqu’il y a aujourd’hui à l’Assemblée nationale des députés et des ministres qui étaient là à cette époque-là », a-t-elle dit.

Silence chez Jean Charest, Pauline Marois et d’ex-ministres

Le premier ministre du Québec de 2003 à 2012, le libéral Jean Charest, n’a pas commenté la situation. « Il est à l’extérieur du pays actuellement et il n’aurait pas fait de commentaires de toute façon », a affirmé son adjointe aux bureaux montréalais du cabinet d’avocats McCarthy Tétrault, où il travaille désormais.

« Mme Marois ne fera aucun commentaire », a aussi indiqué Josée Jutras, l’adjointe de l’ex-chef de gouvernement péquiste Pauline Marois.

« Je n’ai pas de commentaire », a indiqué William Brock, l’avocat ayant représenté Marc Bibeau, un témoin qui était fort attendu devant la commission Charbonneau, mais qui, à la surprise générale, n’a jamais pris la barre. Le patron de CIMA +, Kazimir Olechnowicz, avait qualifié M. Bibeau de « responsable du financement sectoriel » au sein du PLQ.

Même son de cloche chez l’ex-ministre libérale Line Beauchamp, aujourd’hui diplomate. « Mes fonctions m’obligent à un devoir de réserve », écrit-elle au Devoir.

6 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 17 mars 2016 15 h 33

    Qui ne savait pas?

    A part Mme Charbonneau, tout le monde savait, et surtout les amis et collègues du PLQ. Il était temps que l'UPAC remette la main au collet de cette dame, qui s'en était très bien sortie à la Commission Charbonneau ( Mystère)! L'UPAC semble resserrer som emprise sur le PLQ de Jean Charest , et ceux qui continuent encore aujourd'hui cette machination de la récolte du 100 000$/an, de la part des membres de ce parti

  • Colette Pagé - Inscrite 17 mars 2016 17 h 58

    L'écurie d'Augias !

    Il faut reconnaître que quatre ans d'enquête avant le dépôt d'accusations c'est long. Serions-nous non pas à la fin mais au tout début d'une multiplication d'accusations en lien avec le financement politique. Et dire que le commissaire Lachance n'a rien vu ou préférer ne rien voir de ces liens occultes entre les donataires et les décideurs.

    Comment expliquer un tel déni voir un tel aveuglemen du commissaire face à ce que tous les commentateurs ayant constaté ce lien. En se faisant, le commissaire Lachance contribuait à banaliser ces liens.

    Que dire également de la sollicitude et de l'accueil exceptionnellement amical de la présidente de la Commission envers Madame Normandeau. Une surprenante flagornerie comparée à l'accueil froid et réservé du président de la CSN.

  • Pierre Fortin - Abonné 17 mars 2016 18 h 49

    Le Yâb est dans la cabane


    S'il y a accusation engagée par la DPCP — enfin! — c'est qu'il y a plus, beaucoup plus que des doutes.

    Le commissaire Lafrenière a bien montré que les arrestations découlaient du processus judiciaire dans toute son indépendance, le hasard faisant qu'elles occultent le discours du budget. Mais à qui le gouvernement libéral pourrait-il bien s'en prendre?

    Enfin! la Justice s'articule. Ce que les procès révéleront tracera de nouvelles pistes pour les autres enquêtes et les transactions de réduction de peine, moyennant contributions à l'enquête, pourraient ouvrir de nouveaux horizons. L'UPAC mérite notre confiance.

    Cette enquête qui vient d'aboutir s'étirait depuis bientôt cinq ans et résulte de deux autres enquêtes qui se sont reliées en progressant, signe d'évolution. Nous comprenons mieux, mais il a fallu être patient et il faudra l'être encore avant de pouvoir dire que Justice a été rendue.

    Mais le Yâb est dans la cabane.

    Qu'en penseraient René Lévesque, Claude Ryan, Jacques Parizeau, Camille Laurin, Robert Bourassa... tous les autres grands démocrates du Québec?

  • Bruno Bergeron - Abonné 17 mars 2016 18 h 58

    Arrogance

    Voyez le sourire de cette personne pour un temps au sommet du pouvoir politique du Québec. Quelle arrogance dégage t'il, se sachant au-dessus de toutes lois, de toutes règles étiques

  • Maryse Veilleux - Abonnée 17 mars 2016 21 h 34

    Son itinéraire!...

    Elle avait oubliée de donner aux citoyens son itinéraire!...Celle qui dénonçait les flatulences des bovins comme responsable des gaz à effets de serres ( qui a été caricaturé par garnotte) est enfin sous les verrous! Je luii souhaite longue vie... et que les années à venir lui fasse goûter à la médecine qu'elle a voulu servir aux citoyens en 2012...