L’austérité n’a pas nui à l’économie, selon Philippe Couillard

À la veille du dépôt de son troisième budget, le ministre Carlos Leitão n’a pas présenté ses nouvelles chaussures, contrairement à la tradition. Il s’est plutôt procuré une brosse et du cirage, parce qu’il n’avait pas « besoin » de souliers neufs, a-t-il affirmé.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne À la veille du dépôt de son troisième budget, le ministre Carlos Leitão n’a pas présenté ses nouvelles chaussures, contrairement à la tradition. Il s’est plutôt procuré une brosse et du cirage, parce qu’il n’avait pas « besoin » de souliers neufs, a-t-il affirmé.

Le premier ministre Philippe Couillard a nié, jeudi, que l’austérité qui s’est traduite par des coupes dans les dépenses de l’État ait pu plomber l’économie du Québec.

« Je constate que la croissance économique est lente, mais il n’y a aucune relation entre ça et les décisions budgétaires du gouvernement », a affirmé Philippe Couillard dans une mêlée de presse à la veille de la présentation du troisième budget Leitão.

Le premier ministre a indiqué que certaines provinces avaient appliqué des « mesures de restrictions budgétaires » plus importantes que le Québec « avec des résultats différents », c’est-à-dire une croissance économique plus forte. « Donc, on ne peut pas faire ce lien-là », a-t-il conclu.

Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne À la veille du dépôt de son troisième budget, le ministre Carlos Leitão n’a pas présenté ses nouvelles chaussures, contrairement à la tradition. Il s’est plutôt procuré une brosse et du cirage, parce qu’il n’avait pas « besoin » de souliers neufs, a-t-il affirmé.

Philippe Couillard a aussi mentionné que le Québec s’est situé au deuxième rang au pays pour la création d’emplois. Il s’appuyait sur les sondages mensuels de Statistique Canada et la comparaison entre les mois de décembre 2014 et 2015. Cette comparaison, qui ne constitue toutefois pas une donnée fiable sur l’emploi, montre qu’il se serait créé 49 000 emplois à temps plein au Québec en un an.

L’atteinte de l’équilibre budgétaire en 2015-2016 est « une bonne nouvelle pour le Québec », a réitéré Philippe Couillard, rappelant que les partis d’opposition (à l’exception de Québec solidaire) en avaient fait leur objectif. « Ils disent qu’ils ne l’auraient pas fait comme ça. Mais comment l’auraient-ils fait ? » s’est-il demandé.

Ce retour à l’équilibre budgétaire dégage des « marges de manoeuvre pour nous permettre de réinvestir, par exemple, en éducation, en santé, de prendre des initiatives économiques », a fait valoir le premier ministre. Le gouvernement Couillard a maintenant les moyens de se doter d’une politique économique et « d’orienter le Québec vers la nouvelle économie ». Quatre thèmes seront privilégiés : « Il faut mieux former, innover, tirer profit de la transition vers une économie sobre en carbone, attirer et garder les talents chez nous », a-t-il énuméré.

Une situation « très préoccupante »

Dans un point de presse, le chef de l’opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, a qualifié de « très préoccupante » la situation économique. Il a réclamé un « budget résolument économique » ainsi qu’une politique de maintien des sièges sociaux au Québec, une stratégie numérique et le rétablissement des outils de développement économique régional.

Le porte-parole péquiste en matière de finances, Nicolas Marceau, a rappelé que l’économiste Pierre Fortin avait évalué que les coupes gouvernementales et la hausse du fardeau fiscal avaient retranché 1 % à la croissance économique. La Banque Nationale, qui entrevoyait il y a un an une croissance de 1,9 % en 2015 au Québec, vient de réduire sa prévision à un maigre 0,9 %.

Le Parti québécois exige une hausse du budget de l’éducation ainsi que l’abandon des tarifs des services de garde fixés en fonction du revenu familial, soit le retour à l’universalité.

À la Coalition avenir Québec, François Legault a exhorté le gouvernement de consentir une baisse d’impôt de 500 $ par contribuable, au coût de 1,7 milliard pris à même le versement de 2,2 milliards au Fonds des générations l’an prochain. « Actuellement, il faut un remède de cheval » pour stimuler l’économie, juge-t-il.

À Québec solidaire, c’est la totalité de la somme 2,2 milliards versée au Fonds des générations qu’il faut réaffecter, notamment dans le développement des CLSC (450 millions), le soutien à domicile (450 millions), l’éducation (400 millions), les services de garde (250 millions) et diverses mesures pour les plus démunis (300 millions). « Ceux qui ont contribué à l’effort budgétaire, parfois malgré eux, devraient être les premiers bénéficiaires », a plaidé Amir Khadir.

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15 commentaires
  • Robert Lauzon - Abonné 17 mars 2016 05 h 57

    Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir!

    Couillard, médecin du cerveau, travaille les nôtres pour nous faire croire que tous les économistes et les sociologues qui décrient et dénoncent les conséquences des exactions des PLQuistes sont dans le brouillard.

    M. Couillard et ses complices seraient les seuls à voir clair. Je souhaite que les PLQuistes rélevent le nez trop occupé à s'admirer le nombril, qu'ils ôtent leurs oeillères et constatent objectivement (s'ils le peuvent) l'ampleur des dégâts qu'ils font aux Québéçois.

    Les coupures irréfléchies et improvisées ont miné l'essence même du Québec. Les travailleurs, les gens ordinaires, les bâtisseurs obscurs ont été frappés de plein fouet dans leur portefeuille, leur emploi, leur avenir. Des rêves ont été détruits. La dignité et la fierté du Québec sournoisement affaiblies voire presqu'irradiquées. L'histoire jugera mais l'histoire nous, nous sommes à la subir.

    Et pourtant, croyez-moi le Québec peut et mérite tellement mieux!

    • Yves Nadeau - Abonné 17 mars 2016 10 h 08

      Rien de mieux qu'un bon massag du cerveau pour endormir les masses. Je suis d'accord avec vous pour soutenir que ce gouvernement a tué le rêve.

      Couillard a réalisé que la devise «Je me souviens» ne signifiait aucunement que les Québécoises et Québécois ont bonne mémoire.

      Travaillant à l'étranger depuis 2005, je peux affirmer que le Québec et ma langue me manquent, mais pas celui de Couillard.

    • - Inscrit 17 mars 2016 13 h 53

      L'expression qui sied le mieux à ce gouvernement myope, c'est : « Le roi est nu." M. Couillard sait que la croissance économique est poussive et que sa promesse de création d’emplois était de la poudre aux yeux, mais pense que personne ne le voit !

      Le dénie de la réalité est poussé à un tel niveau par ce gouvernement, qu’on a l’impression qu’il est formé d’extra-terrestres.

  • Jean Jacques Roy - Abonné 17 mars 2016 06 h 24

    L'austérité n'a pas nui aux salaires des médecins et des cliniques privées...

    .... mais oui, aux personnes en attentes de soin.
    L'austérité n'a pa nui non plus aux hauts cadres du mouvement Desjardins, en commençant par sa patronne.... mais allons voir le haut taux d'endettement des ménages qui doivent continuer de s'endetter pour payer de nouvelles factures pour la garde des enfants, les soins d'urgence en cliniques privées, pour les coûts liés à la scolarisation des enfants.
    L'austérité n'a certe pas nui à l'élite québécoise... ni aux collègues du ministre de la santé, particulièrement ceux qui désertent le service publique pour profiter des portes qui sont ouvertes pour exercer en cliniques privées.

    Depuis l'ère Bouchard, les gouvernements de passage ont complètement oublié la fonction première pour laquelle ils ont été élus! Servir et Administrer les intérêts de TOUS leurs concitoyens et concitoyennes.... Le gouvernement n'est pas élu pour protéger les intérêts ou la rentabilité des compagnies privées (Bombardier), ni de corporations puissantes (comme celle des médecins) et moins encore d'abandonner le financement des services et programmes publiques et sociaux.
    Lorsque Couillard, le premier ministre, affirme que l'austérité n'a pas nui à l'économie... c'est à rougir de honte! Il ne voit pas que les routes, les ponts, les viaducs sont en train de crouler, que les écoles et les édifices publiques manquent d'entretien. Et si maintenant le premier ministre regardait la détérioration des soins et services en santé et en éducation... dirait-il toujours que l'austérité n'aura pas nui à l'économie des GENS.

    • Yves Nadeau - Abonné 17 mars 2016 10 h 10

      Vous avez raison: notre élite se sert au lieu de servir et, à ce chapitre, le recteur de l'université de Montréal est un bel exemple. Aucune consicence sociale.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 17 mars 2016 07 h 33

    Agriculteurs ou médecins inc.

    Les médecins sont-ils a faire la preuve qu'en administration publique ils sont les maîtres ?
    Les économistes, les MBA, les comptables agréés, les ingénieurs et les avocats ont-ils été si médiocres pour qu'aujourd'hui l'on se rende compte qu'il nous fallait des médecins inc. au conseil des ministres libéral pour faire évoluer le Québec ?

    La Bolivie a bien fait la démonstration qu'un agriculteur peut diriger un pays puisqu’ Évo Morales a sorti la Bolivie de l'emprise des griffes américaines.

  • François Dugal - Inscrit 17 mars 2016 07 h 58

    Chantons en choeur

    "Tout va très bien, madame la marquise,
    Tout va très bien, tout va très bien."
    Tralalère.

    • Gilles Théberge - Abonné 17 mars 2016 09 h 38

      Pourtant il faut il faut que je vous dise
      on déplore un tout petit rien
      La mort de votre jument grise
      Dans le feu qui détruisit vos écuries...

      Oui on déplore un tout petit rien...

      Mais à part ça madame la marquise, tout va très bien. Tout va très bien...

      La tête bien enfouie dans un tas de sable, ça ne paraît pas que ça va si mal!

  • Charles Talon - Abonné 17 mars 2016 08 h 21

    Austérité

    Je suppose que c'est très difficile d'admettre des évidences. Les gens qui pensent à l'opposé du premier ministre sont sans doute de méchants séparatissss...

    Charles Talon