Coiteux veut dissiper les craintes des opposants au registre

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, est décidé à voir le projet de Loi sur l’immatriculation des armes à feu adopté.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, est décidé à voir le projet de Loi sur l’immatriculation des armes à feu adopté.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a pris le contre-pied des opposants au registre des armes à feu. Contrairement à ce qu’ils prétendent, les coûts liés à l’immatriculation des armes de chasse n’exploseront pas : « Le chiffre qui a été dit publiquement, incluant la contingence, est de l’ordre d’une vingtaine de millions de dollars, ça ne dépassera pas ça », a insisté l’ex-président du Conseil du trésor mardi.

Après son arrivée aux commandes du ministère de la Sécurité publique, M. Coiteux a demandé la validation d’« un certain nombre de données ». « Au fur et à mesure qu’on les valide, on est encore plus certains qu’on s’en va vers une solution qui va être abordable, surtout dans l’optique où c’est un outil qui va être extrêmement important[pour] nos policiers sur le territoire », a-t-il fait valoir à une semaine du coup d’envoi des consultations publiques sur le projet de loi 64.

M. Coiteux a aussi dissipé les craintes de certains chasseurs ou collectionneurs de devoir procéder au burinage de chacune de leurs armes avec un numéro unique si le projet de loi controversé passe la rampe de l’Assemblée nationale. Or, il n’en sera rien. « On peut le dire tout de suite : il n’y en aura pas », a promis M. Coiteux, ajoutant que le gouvernement libéral « n’a jamais eu l’intention d’imposer le burinage ». « Donc, ce n’est pas un recul », a-t-il mentionné au passage.

M. Coiteux est décidé à voir le projet de Loi sur l’immatriculation des armes à feu adopté. « On est un gouvernement qui a l’intention de livrer ses engagements. Alors, on va le faire », a-t-il dit. Il n’a toutefois pas écarté la possibilité de voir certains élus libéraux briser les rangs au moment du vote final, dans la mesure où une majorité d’élus de l’Assemblée nationale appuierait tout de même le projet de loi 64.

Quelques élus libéraux refusent toujours de s’engager à voter pour. « Le travail continue », s’est contenté de dire le député de Beauce-Sud, Paul Busque, à l’entrée du caucus libéral.

Plus tôt, des porte-parole de différents organismes — Association des policières et policiers provinciaux du Québec, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Association québécoise de prévention du suicide, etc. — ont rappelé l’importance de procéder à l’enregistrement de « toute arme à feu » au Québec. « C’est pas les “matantes de Montréal”, c’est les experts en matière de sécurité publique, en santé publique, en prévention qui appuient le contrôle des armes à feu », a déclaré la coordonnatrice du groupe PolySeSouvient, Heidi Rathjen, qui a été entraînée malgré elle dans une bataille médiatique contre le « bruyant », l’« organisé »« lobby contre le registre ». « On a vécu, on a été témoins et on a vécu les dommages et la souffrance que peut causer une arme qui tombe dans les mauvaises mains, et on veut empêcher cette même douleur à d’autres gens », a-t-elle ajouté.

L’élue indépendante Sylvie Roy a pour sa part remis en mains propres au secrétariat de l’Assemblée nationale une boîte remplie à rebord de pétitions demandant au gouvernement libéral de renoncer au projet de loi 64.