La défense des intérêts du Québec est trop molle au goût du PQ

Québec - L'opposition officielle a accusé le gouvernement Charest de mollesse face aux intrusions du gouvernement fédéral dans les compétences du Québec, tel qu'annoncé dans le discours du Trône.

«Le gouvernement manque de colonne vertébrale», a dénoncé Daniel Turp, le député de Mercier et porte-parole de l'opposition officielle pour les affaires intergouvernementales canadiennes. «C'est un gouvernement qui ne se tient pas debout, un gouvernement mou.»

Le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, estime qu'il faut «rester vigilants», a rappelé M. Turp. En se complaisant dans cette attitude passive, «on devient simple observateur de ce train fédéral de l'envahissement des compétences du Québec, ce TGV fédéral», a-t-il déploré.

Selon le député péquiste, le gouvernement Charest doit défendre les intérêts du Québec et demander à Ottawa un droit de retrait avec pleine compensation, sans conditions, pour la douzaine d'intrusions que prépare le nouveau gouvernement de Paul Martin. M. Turp note que le discours du Trône use à maintes reprises de l'expression «le fédéral de concert avec les provinces», ce qui signifie, à son avis, qu'Ottawa entend assumer le leadership même dans les matières de compétence provinciale.

Pour l'ancien député bloquiste, les gouvernements Martin et Chrétien, c'est «bonnet blanc, blanc bonnet». Le gouvernement Martin s'acharne aussi à imposer ses priorités dans les champs de compétence qui ne sont pas les siens. Ottawa entend tout autant prendre des «décisions unilatérales» et exercer «ce pouvoir pernicieux» qu'est le pouvoir fédéral de dépenser. «Le Québec se fait donc envoyer promener par Paul Martin, comme il s'est fait envoyer promener par Jean Chrétien», a dit M. Turp, avec plus de politesse, toutefois.

Dans son discours du Trône, Paul Martin se montre comme «le roi de la dépense», estime M. Turp. On peut constater qu'il y a de l'argent à Ottawa. «On veut en faire beaucoup, ce qui est un aveu à peine voilé de l'existence de surplus et peut-être d'énormes surplus», a-t-il dit. Tout en persistant à ne pas reconnaître le déséquilibre fiscal, M. Martin confirme qu'il s'est donné un outil, «une espèce de matraque fiscale qui lui permettra de dicter ce que bon lui semble dans toutes sortes de domaines», a ajouté le député de Mercier.