400 000 $ pour lutter contre la radicalisation

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a annoncé l’octroi de l’aide financière en présence de la directrice générale du Collège de Maisonneuve, Malika Habel, et du maire de Montréal, Denis Coderre. Elle promet que l’argent ne servira pas à du «travail de bureau».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a annoncé l’octroi de l’aide financière en présence de la directrice générale du Collège de Maisonneuve, Malika Habel, et du maire de Montréal, Denis Coderre. Elle promet que l’argent ne servira pas à du «travail de bureau».

Action. Réaction. Québec débloque 400 000 $ pour venir en aide au Collège de Maisonneuve de Montréal dans sa lutte contre la radicalisation de plusieurs de ses étudiants. L’annonce en a été faite dimanche matin par la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, en présence du maire de Montréal, Denis Coderre. L’enveloppe doit alimenter un « projet-pilote » et l’embauche d’une « personne-ressource », le tout pour l’implantation « de mesures d’appui au vivre-ensemble », a indiqué la ministre.

L’octroi de cette aide financière fait suite à une rencontre de la ministre, le 29 février dernier, avec le personnel enseignant, les représentants des étudiants et la direction de l’établissement scolaire où plusieurs incidents liés à la montée d’une pensée radicale violente ont été recensés dans les dernières années.

« Ces 400 000 $ vont permettre d’avoir une présence pour être témoin ou prévenir des situations, a indiqué Denis Coderre. C’est le chaînon manquant dans le processus visant à ramener un climat propice aux études. »

Pour la directrice générale du collège, Malika Habel, c’est également une somme qui doit favoriser le rapprochement entre les personnes fréquentant le collège tout comme une meilleure compréhension de « ce qui se passe sur le terrain », a-t-elle indiqué. Pas question toutefois d’un budget pour du « travail de bureau », a dit Mme David. Cette somme doit permettre de « rétablir le dialogue » et « renouer des liens » concrètement au sein du collège, et ce, pour y rétablir un environnement consacré réellement à l’apprentissage, plus qu’à la violence et à la division.

Aide supplémentaire

Ces nouveaux fonds injectés par Québec dans la lutte contre la radicalisation s’ajoutent au demi-million octroyé début mars par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence pour prévenir la montée de ce type de discours et les embrigadements qu’ils peuvent induire en milieu scolaire.

Depuis plusieurs mois, le Collège de Maisonneuve fait régulièrement la manchette pour les incidents qui s’y produisent ou pour ses liens avec des jeunes partis grossir en Syrie ou en Irak les rangs du groupe terroriste État islamique après avoir fréquenté l’établissement.

Deux de ces cégépiens radicalisés, Mahdi Jamali et Sabrine Djaermane, 18 ans, ont d’ailleurs été interceptés par la police alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le pays pour suivre les traces de cinq autres élèves, partis plus tôt en janvier 2015 sans laisser de trace. Le couple est actuellement derrière les barreaux et fait face à des accusations de terrorisme et de possession de substances explosives.

Fin février, la police a été appelée au collège pour mettre un terme à une altercation impliquant l’imam et prédicateur Adil Charkaoui avec un gardien de sécurité de l’établissement scolaire. L’utilisation d’une partie du gymnase pour de la prière, alors que le groupe avait réservé l’endroit pour normalement y jouer au soccer, aurait déclenché les hostilités, selon les informations rapportées alors par La Presse.

Par ailleurs, plusieurs membres du personnel se plaignent d’un climat d’intimidation qui règne dans une partie de la bibliothèque occupée par un groupe d’élèves.

C’est le chaînon manquant dans le processus visant à ramener un climat propice aux études

11 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 14 mars 2016 06 h 31

    La pensée magique

    Les troublons qui font du recrutement sont connus. Il faut les chasser ou les écarter. Directiuons de collèges doivent chausser leurs culottes et les ministres les soutenir au lieu de centraliser les décisions pour faire du marketing politique. Pas saupoudrage au perlinpinpin pour montrer que l'on fait quelque chose et à grands frais pour un soi-disant vivre ensemble. «paroles, paroles»...

  • Brigitte Garneau - Abonnée 14 mars 2016 10 h 41

    «Mesures d'appui au vivre ensemble»

    De quoi parle-t-on au juste? Comment quantifier le «mieux vivre ensemble»? Ne devrait-on pas régler le problème à sa source? C'est Charkaoui qui doit rire dans sa barbe!

  • Michel Gélinas - Abonné 14 mars 2016 11 h 03

    Généralités dans l'information

    C'est quoi ces nouvelles qui reviennent régulièrement sur le CEGEP Maisonneuve? Le journaliste devrait être celui qui explique clairement l'état de la situation; les paramètres qui distinguent ce CEGEP des autres CEGEPS; bref, c'est quoi le problème? que fait Charkaoui dans ce CEGEP, est-il membre du personnel enseignant?

    Souvent, les journalistes ne sont pas clairs et devraient avoir à l'esprit d'écrire sur le QUOI? (le problème); le POURQUOI? expliquer le CONTEXTE particulier..etc.

    On perd notre temps à lire des annonces de subventions sans savoir pour quoi!
    Faites de l'analyse, enfin, c'est votre métier!

    On retrouve ces mêmes imprécisions dans les nouvelles policières, en particulier de nature sexuelle. On lit l'article et on ne siat pas de quoi la personne est précisément coupable.

  • Colette Pagé - Inscrite 14 mars 2016 11 h 10

    Ces extrémistes de la tolérance !

    Tant et aussi longtemps qu'une détermination politique sans faille ne sera pas établie comme objectif prioritaire au plus haut niveau de l'État, l'intégrisme sera en progrès et rien ne pourra l'arrêter. C'est un leurre et une tromperie de croire que ce 400 000 $ fera la différence. Car les promoteurs de l'intégrisme n'auront qu'à se déplacer dans un autre lieu. Le mal est plus profond.

    Car face à des extrémistes tolérants comme le PM du Canada, le chef du NPD et du PM Couillard, la voie sera libre pour toutes les dérives.

    Il faut garder en mémoire le coup de pouce qu'ont donné aux intégristes le PM du Canada et le chef du NPD lorsqu'ils ont soutenu l'assermentation à visage couvert, une négation de l'égalité hommes /femmes. Une belle victoire pour les intégristes et pour les hommes qui imposent ce vêtement non exigé par le Coran aux femmes.

    Pourtant les chefs de ces deux partis se déclarant sans ambages féministes.

    Et que dire du PM Couillard qui demeure incapable de proposer une Charte des valeurs lorsqu'il fait la leçon au chef de la CAQ lorsque ce dernier s'interroge à raison sur l'opportunité d'augmenter de 10 000 le nombre d'immigrants alors que le PM sait ou devrait savoir que le Québec, faute de moyens et de ressources, est incapable de bien accueillir les nouveaux arrivants qui devront pour s'en sortir multiplier les petits boulots dans le taxi ou chez Adonis.

  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 14 mars 2016 12 h 07

    O.K....si...

    ...si ce 400,000 piastres sert à l'identification certaine des candidats au djihad.
    Mais,comme les exemples européens nous le démontrent,ces candidats sont insoup-
    connables tellement ils font profils bas et oeuvrent silencieusement à leur endoctri-
    nement.Ce sera des coups d'épées dans l'eau que de vouloir les désendoctriner à
    priori.Laissez-les partir se sacrifier mais faites en sorte qu'ils ne remettent plus les
    pieds en nos paisibles terres.