David interpellera les recteurs la semaine prochaine

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, invitera poliment les recteurs des universités québécoises à ouvrir leurs livres et, qui sait, à ralentir leur train de vie. La « rémunération des hauts dirigeants universitaires » sera le sujet de l’heure d’une rencontre du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI), à laquelle elle assistera au lendemain du dépôt du budget Leitão, soit le 18 mars prochain.

« C’est le premier point à ordre du jour », a-t-elle annoncé mercredi, au lendemain de la mise au jour d’informations selon lesquelles l’Université de Montréal fournit notamment à son recteur, Guy Breton, un véhicule Audi Q5 hybride coûtant 862 $ par mois, en plus de lui payer des vols en première classe.

Mme David a enjoint le 3 mars dernier à la sous-ministre Sylvie Barcelo de lui soumettre « des propositions concernant la rémunération applicable au personnel de direction supérieure des universités ». Dans une lettre qu’elle lui a transmise, l’élue libérale — et ex-vice-rectrice aux relations internationales à l’UdeM — se dit favorable à l’idée de « modifier le cadre normatif en vue, notamment d’élargir la portée des règles budgétaires pertinentes ».

Mme Barcelo a demandé mardi aux recteurs des universités québécoises de lui « faire parvenir, dans les meilleurs délais, la documentation pertinente […], la plus complète possible, [de tous les] documents relatifs à la rémunération, aux conditions de travail et aux avantages directs et indirects de l’emploi de chaque membre du personnel de direction supérieure de [leur] établissement ».

Projet de loi 590

De son côté, le député péquiste Alexandre Cloutier a déposé un projet de loi visant à étendre la portée des pouvoirs de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, aux universités dites « à charte », comme l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université McGill.

« L’austérité libérale, le problème, M. le Président, c’est que ça semble être à deux vitesses. Pendant qu’on coupe des centaines de millions dans nos universités, plusieurs de nos recteurs et administrateurs, eux, continuent de piger dans le plat à bonbons : arachides dorées de 620 000 $ pour le recteur de l’Université Bishop’s ; indemnités de départ de 750 000 $ pour l’ex-rectrice de l’Université McGill ; bonis d’après-mandat de 1,4 million pour de hauts dirigeants de l’Université Laval ; traitement royal pour le rectorat de l’Université de Montréal, et carrément des bonis illégaux de 1,2 million versés à des cadres des universités du Québec, M. le Président, c’est carrément indécent », a-t-il déclaré en Chambre, ayant à la main le projet de loi 590.

Nombreux reproches

La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a récemment reproché à l’ETS, l’INRS, l’UQAC et l’UQAR d’avoir accordé à leurs dirigeants des « sommes non conformes » totalisant près de 820 000 $ en quatre ans. À elle seule, l’École de technologie supérieure (ETS) a versé une « somme non conforme » de 425 000 $ à ses cadres entre le 1er avril 2010 et le 31 mars 2015, indiquait-elle dans un rapport déposé à l’Assemblée nationale fin février.

Son prédécesseur, Michel Samson, avait un an plus tôt conclu que l’UQAM avait violé la loi 100 sur le retour à l’équilibre budgétaire, en 2013-2014, en octroyant des « sommes forfaitaires » totalisant 352 767 $ à 85 cadres.

6 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 10 mars 2016 09 h 18

    Et que dire de l'austérité à deux vitesse du PQ?


    « L’austérité libérale, le problème, M. le Président, c’est que ça semble être à deux vitesses..» - Alexandre Cloutier

    1) Pourquoi les péquistes parlent-ils sans cesse d'«austérité libérale», alors qu'il y a deux ans à peine le PQ infligeait une fois encore aux citoyens.nes et aux services publics, son propre programme d'austérité?

    2) Sachons que le PQ appliquait lui aussi un programme d'austérité à deux vitesses quand il avait coupé dans les services publics, le transports aux personnes handicapée et dans l'aide sociale, en même temps qu'ils accordait plus de 10 milliards de cadeaux par année à l'entreprise privée.

    Nous en avons plus que raz-le-bol de ce double discours et de ce double standard chez des péquistes résolument aussi néolibéraux que les libéraux eux-mêmes, qui critiquent l'austérité libérale en faisant fi de leurs propre régime d'austérité et dont ils ont même été les instigateurs au Québec, avec leur dogme du déficit zéro instauré sous Lucien Bouchard.

    Christian Montmarquette

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    • Hélène Paulette - Abonnée 10 mars 2016 10 h 07

      Et naturellement, c'est avec ce genre de discours rassembleur que nous allons pouvoir chasser le PLQ du pouvoir.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 mars 2016 15 h 46



      «Et naturellement, c'est avec ce genre de discours rassembleur que nous allons pouvoir chasser le PLQ du pouvoir.» -Hélène Paulette

      Expliquez-nous donc en quoi cela nous avance tellement de remplacer l'austérité libérale par l'austérité péquiste Mme Paulette?

      Il ne sert à rien de rassembler pour rassembler, si cela n'est pour rien changer.

      Et si vous tenez vraiment à chasser le néolibéralisme du pouvoir et les politiques d'austérité au Québec Mme Paulette. Je vous recommande vivement de ne pas vous limiter à remplacer éternellement les néolibéraux rouges du Parti libéral par des néolibéraux bleus du Parti québécois.

      Christian Montmarquette

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    • Hélène Paulette - Abonnée 11 mars 2016 12 h 17

      J'attnds toujours que vous nous expliquiez comment QS pourra imposer ses réformes dans un Québec dépendant, face aux grosses corporations, aux menaces de décotes, à la fuites des capitaux et laissé au bon vouloir du ROC...

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mars 2016 21 h 24

      «J'attnds toujours que vous nous expliquiez comment QS pourra imposer ses réformes dans un Québec dépendant» - Hélène Paulette


      Je vous l'ai déjà expliqué à Madame Paulette.

      Même en restant dans la fédération canadienne, il y a près de 18 milliards aller chercher en éliminant les 10 milliards de cadeaux par année fait aux entreprises. Plus un autre 8 milliards d'économie en éliminant la pauvreté qui coute plus de 17 milliards par année en frais de santé à l'État.

      18 milliards par année de plus dans le buget du Québec, c'est assez d'argent pour changer bien des choses et financer nos services publics correctement et nous donner des des systèmes de santé et d'éducation dignes de ce nom, tout en éliminant la misère par-dessus le marché.

      Christian Montmarquette

    • Hélène Paulette - Abonnée 12 mars 2016 18 h 01

      Ce ne sont que des voeux pieux, monsieur Montmarquette, soyez sérieux!