Pauline Marois décrit un parcours semé d’embûches

Citoyens, artistes, et souverainistes de toutes les générations ont rendu lundi soir un vibrant hommage à la « première première ministre du Québec », Pauline Marois, qui est revenue sur son parcours semé d’embûches en tant que femme en politique.

L’ancienne chef péquiste a pris la parole au terme d’une soirée ponctuée de témoignages et d’anecdotes rappelant les moments qui ont marqué sa carrière politique. Cette soirée était organisée par un comité désirant saluer son héritage politique.

« Nos routes se croisent ce soir, même si nous n’avons pas toujours été d’accord, a lancé Mme Marois devant la foule rassemblée dans l’auditorium de la Grande Bibliothèque, à Montréal. Nous sommes réunis parce que, pour l’essentiel, nous partageons un idéal : construire un Québec de justice, de générosité. »

À la veille de la Journée internationale des femmes, l’ancienne première ministre s’est remémoré ses débuts en politique, notamment aux côtés de Lise Payette. « Avec vous, je suis devenue totalement féministe, a-t-elle lancé. En travaillant avec vous, j’ai acquis la conviction que notre monde demeurerait injuste sans une révolution féministe, sans une politique qui appuie une véritable égalité homme-femme. »

« Cette égalité, a-t-elle poursuivi, n’est pas un concept abstrait. L’égalité économique et sociale sera réelle quand le revenu des femmes sera égal à celui des hommes. L’égalité sera atteinte quand autant de femmes que d’hommes occuperont des postes de direction. L’égalité sera concrète quand une jeune femme se sentira aussi en sécurité qu’un jeune homme en marchant seule le soir dans la rue. »

Plafond de verre


Lors de la soirée, plusieurs femmes ont témoigné des avancées qu’elles ont pu observer au fil des décennies et du chemin qu’il reste à parcourir. Le monde politique n’y échappe pas, a affirmé Pauline Marois. « La politique est souvent cruelle, a-t-elle noté. C’est vrai pour tous les politiciens et, encore aujourd’hui, c’est particulièrement vrai pour les femmes. »

Cela dit, l’action politique apporte des « satisfactions exceptionnelles », a-t-elle ajouté. « Il y a la joie que l’on ressent quand on brise un plafond de verre. Il y a surtout l’immense satisfaction que nous éprouvons quand une de nos réalisations contribue à construire une société un peu plus juste et plus humaine et quand nous participons à la mise en oeuvre d’une politique qui améliore la vie quotidienne des gens. »

Après avoir fait le bilan de son passage en politique, Pauline Marois a mis de côté la cause des femmes pour revenir plus largement sur le projet qu’elle aimerait voir se réaliser. « Tout au long de mon parcours politique, je n’ai jamais renoncé à ce que le Québec devienne un État souverain, un pays indépendant, a-t-elle conclu. Aucune aventure ne peut être plus grande et plus noble. »

Hommage-surprise


Avant de faire son entrée sur scène, l’ex-première ministre a eu droit à une série d’hommages, en discours et en chanson. Certains sont provenus de la bouche d’amis et de supporters de longue date, tandis que d’autres ont été plus inattendus : la ministre de la Condition féminine, la libérale Lise Thériault, a salué une « femme d’exception ».

« En tant que femmes, nous avons toutes les raisons d’être fières d’elle, et de saluer son parcours, a-t-elle déclaré dans un message livré en son absence par Lorraine Pintal, la directrice artistique du Théâtre du Nouveau Monde.

Mme Thériault a par ailleurs félicité les organisateurs de la cérémonie qui a permis de rendre hommage « à celle qui, grâce à sa persévérance et à son formidable engagement envers le Québec, a écrit une page importante de l’histoire de femmes et contribué à celle-ci dans les lieux du pouvoir ».

9 commentaires

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  • Pierre Martin - Inscrit 8 mars 2016 07 h 52

    Quand je pense à notre «première» ministre...

    Quand je pense à madame Marois, je ne peux malheureusement m'empêcher de penser qu'elle a été à deux doigts d'être la victime d'un attentat politique que l'on a habilement réussi à travestir en un simple fait divers.
    https://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&view=article&id=843:un-projet-de-societe&catid=277&Itemid=755

  • Colette Pagé - Inscrite 8 mars 2016 09 h 03

    Hommage mérité pour un parcours exceptionnel .

    Tant d'embûches sur sa route, tant de couleuvres à avaler. On ne lui a pas fait de câdeau. Malheureusement, les électeurs, par peur du référendum, l'ont amené à quitter sa fonction trop rapidement. Un peuple frileux pour un projet de pays qui amènerait pourtant le Québec à prendre ses affaires en mains.

    Et surtout en période d'austérité une femme de coeur et de compassion aurait pu éviter des coupures significatives entraînant des conséquences aussi dramatiques sur les enfants, les femmes, les pauvres et les plus démunis.

  • Josée Duplessis - Abonnée 8 mars 2016 09 h 06

    Tous mes hommages Mme Marois.
    Point à la ligne.

  • Robert Laroche - Abonné 8 mars 2016 10 h 00

    Un hommage bien mérité

    Un hommage bien mérité pour cette femme en politique dans un monde, quoi qu'on en dise, machiste et patriarcale où les dimensions féminines et masculines des personnes sont en recherche d'équilibre.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 8 mars 2016 10 h 06

    Sur la dernière photo,

    on reconnaît Bernard Descôteaux, en haut à gauche. Salut Bernard !

    • Yvan Trottier - Inscrit 8 mars 2016 19 h 30

      Un commentaire qui ne passe pas la rampe de la grandeur de soi. Désolé pour vous.