Québec met en avant les avantages d’accueillir plus d’immigrants

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a présenté lundi à Montréal la nouvelle politique d’immigration, à laquelle une somme de 42,5 millions sur cinq ans est rattachée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a présenté lundi à Montréal la nouvelle politique d’immigration, à laquelle une somme de 42,5 millions sur cinq ans est rattachée.

La nouvelle politique de l’immigration, présentée lundi par la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, fait miroiter les avantages de hausser de 50 000 à 60 000 le nombre d’immigrants reçus annuellement au Québec.

« Selon les perspectives démographiques, à partir d’un niveau de 60000 personnes immigrantes admises annuellement, le Québec éviterait un recul de sa population en âge de travailler en dessous de son niveau de 2011 » alors qu’avec le maintien du seuil d’immigration actuel de 50000 nouveaux arrivants par année, « la taille de la population en âge de travailler connaîtrait un recul marqué entre 2016 et 2031, entraînant une rareté de main-d’oeuvre, particulièrement dans certaines régions et secteurs d’activité », peut-on lire dans le document de 61 pages décrivant la nouvelle politique d’immigration du Québec et accompagné d’une stratégie d’action 2016-2021. Dévoilé en mars 2015, le Plan économique du gouvernement Couillard prévoyait consacrer 42,5 millions de dollars en cinq ans à cette stratégie.

En février, lors de la consultation en commission parlementaire portant sur le projet de loi 77 qui refonde la Loi sur l’immigration adoptée en 1991, des participants, notamment l’économiste Pierre Fortin, mettaient en garde le gouvernement contre une hausse des seuils d’immigration qui pourrait s’avérer « destructive » pour la cohésion sociale, tout en ne présentant pas d’avantages économiques pour la population d’accueil. La politique d’immigration dévoilée lundi insiste plutôt sur le « rôle important [de l’immigration] pour accroître la prospérité du Québec ».

Distincte de la politique, la consultation sur les seuils d’immigration triennaux doit se tenir plus tard cette année.

Entre sélection et besoins

La nouvelle politique préconise de mettre en place « un système d’immigration novateur qui permettra une adéquation optimale entre la sélection et les besoins du marché du travail », a déclaré la ministre Kathleen Weil en conférence de presse à Montréal.

Le projet de loi 77 permet l’implantation de ce nouveau système reposant sur une déclaration d’intérêt de la part des candidats à l’immigration dite « économique », c’est-à-dire les candidats choisis par Québec. « Il mettra fin au principe du premier arrivé, premier servi », a souligné la ministre. Les délais imposés au candidat avant son arrivée au pays, variant de un à quatre ans à l’heure actuelle, passeront de trois à six mois, a promis Kathleen Weil.

Le gouvernement Couillard entend accentuer ses efforts pour recruter des immigrants parmi les étudiants étrangers et les travailleurs temporaires. Un peu moins du quart de ces étudiants et travailleurs décident de s’établir au Québec, une proportion que la ministre souhaite augmenter substantiellement. La moitié des étudiants étrangers souhaitent immigrer au Québec, a signalé la ministre, citant un sondage commandé par Montréal International.

Kathleen Weil a présenté la connaissance du français comme « la clef de voûte de la réussite de la participation économique et sociale des personnes immigrantes ». Le Québec sélectionne une majorité d’immigrants qui connaissent le français. Entre 1990 et 1994, ils étaient 35,1 % de l’ensemble des immigrants reçus contre 61,3 % entre 2010 et 2014, a-t-elle mentionné. L’immigration est « une contribution à la vitalité du français » au Québec. Les cours de français destinés aux immigrants seront mieux adaptés aux besoins particuliers des immigrants. Tout immigrant, quelle que soit sa date d’admission au Québec, aura droit à des cours à temps partiel.

Avec La Presse canadienne

9 commentaires
  • Marc Tremblay - Abonné 8 mars 2016 01 h 07

    Erreur du gouvernement

    Le Québec n'a pas avantage d'accueilir plus d'immigrants, portant le nombre de 50 000 à 60 000. Il peine à en intégrer 20 000.

    Mais le PLQ y trouve son compte car ça lui fait plus d'électeurs.

  • André Nadon - Abonné 8 mars 2016 05 h 09

    Suite au Rapport Durham.

    La politique d'immigration du Québec est en tous points conforme aux Recommandations du rapport Durham visant l'assimilation des Canayens par l'immigration. Avec la politique actuelle de francisation des immigrants, à peine 40 % s'intègrent à la majorité francophone et à peine 25% votent comme la majorité.
    On n'a qu'à regarder ce qui se passe à Montréal pour réaliser que nous avons les yeux plus grands que la panse.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 8 mars 2016 06 h 59

    Politique nataliste

    C'est d'une politique nataliste dont le Québec a besoin pour assurer sa pérennité, pas d'une politique de remplacement de population.

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 mars 2016 09 h 32

      Ne trouvez-vous pas qu'il y a assez de personne sur la Terre? L'économie ne devrait pas être une arnaque à la Ponzi, qui a besoin de toujours plus de nouveaux adhérents pour continuer à fonctionner.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 8 mars 2016 12 h 13

      Les humains ne sont pas interchangeables ni ne sont de la marchandise ou du bétail, et je suis de ceux et celles qui ne croit pas au suicide collectif d'un peuple.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 10 mars 2016 02 h 59

      M. Auclair, ce qui est une "arnaque à la Ponzi" est justement ces politique d'immigration massive que nous voyons imposées aux peuples européens et très bientôt au Canada.

  • Bernard Terreault - Abonné 8 mars 2016 08 h 09

    Peu importe le nombre exact

    Mais qu'ils soient francophones en plus d'être instruits et compétents. Il y en a un bassin énorme chez les jeunes français et chez les francophones d'Afrique et du Maghreb.

  • Colette Pagé - Inscrite 8 mars 2016 09 h 23

    Plus d'immigrants = Plus d'électeurs pour le PLQ

    Au nombre de ces avantages la Ministre Weil se garde bien de mentionner l'augmentation du nombre d'électeurs fédéraliste votant pour le PLQ.

    Car la prime aux urnes. 20 % s'est connu d'électeurs anglophones et allophones votent automatiquement pour le PLQ. Alors il faut rapidement ouvrir les portes comme l'a fait le fédéral en exigeant lors du dernier référendum l'acceptation par le Tribunal d'immigration de nombreux immigrants.