Le gouvernement Couillard a perdu le contrôle, dit PKP

Le gouvernement Couillard a perdu le contrôle dans le dossier du projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada, estime Pierre Karl Péladeau.

Les consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ne répondent aucunement aux besoins de la population québécoise, a soutenu le chef du Parti québécois lors d’une allocution prononcée lundi midi devant des étudiants de l’Université de Montréal.

« On avait souhaité un BAPE détaillé, aujourd’hui c’est un BAPE générique. Ce n’est pas ce que nous souhaitons et ce n’est pas ce que souhaitent la grande majorité des citoyens qui s’intéressent à la question », a-t-il spécifié aux journalistes après la conférence.

Le processus est vicié et n’inspire aucune confiance, selon M. Péladeau.

« Est-ce que TransCanada souhaite cacher des choses ? On a vu leur opposition au BAPE détaillé. Ça m’apparaît tout à fait inacceptable », a-t-il dit.

La société TransCanada maintient que son projet d’oléoduc est de juridiction fédérale, mais plaide qu’elle respecte les exigences du Québec. Le refus de l’entreprise de soumettre toute une panoplie d’informations a contraint le BAPE à mener une évaluation environnementale plus limitée, ce que l’on appelle un « BAPE générique ».

« Combien de cours d’eau va traverser le pipeline ? Combien de municipalités vont être touchées », a demandé M. Péladeau. Autant de questions qui ne trouveront pas de réponses à l’issue des consultations du BAPE, selon lui.

La semaine dernière, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a déposé une requête en injonction pour forcer TransCanada à se conformer à la Loi sur la qualité de l’environnement.

« Il doit certainement y avoir une raison valable pour voir le ministre de l’Environnement déposer devant la Cour supérieure du Québec une demande en injonction. C’est justement parce qu’il considère que cette entreprise ne souhaite pas être assujettie aux lois du Québec », a dit M. Péladeau.

Les entreprises dont les activités relèvent du fédéral « savent que la Constitution protège leurs droits », selon le chef du PQ, ce qui les amène à vouloir outrepasser les lois provinciales.

« Pourquoi les entreprises de juridiction fédérale ne considèrent-elles pas qu’elles vont traverser des provinces, des communautés ? Pourquoi elles ne veulent pas répondre aux questions de la population qui y vit ? » s’est-il indigné.

Au cours de son allocution devant les étudiants, M. Péladeau a réitéré l’opposition du Parti québécois au projet Énergie Est. « Mais est-ce que le Parti québécois va être contre le projet dans 10, 15 ou 20 ans, je n’en sais rien du tout », a-t-il ensuite nuancé.

4 commentaires
  • Benoit Thibault - Abonné 7 mars 2016 19 h 06

    Perdu contrôle et crédibilité

    Tout cela envolé en à peine 2 ans de gouvernance libérale. Coup de barre ou coup de pied au ... va t'il vraiment ce relever ?

  • Marc Bouchard-Marquis - Inscrit 7 mars 2016 23 h 03

    Olé! O! Duc!

    Hélas! Je suis persuadé que les libéraux, Trudeau, Couillard, Charest, Johnson et tous leurs semblables vont labourer le pays du Québec...nos lacs, nos rivières, nos villes et nos villages.... de leur oléoduc Énergie est.

    Voilà le fruit de notre DÉPENDANCE.

    Le Québec leur appartient...nous l'avons refusé à deux reprises...Nous en payerons le prix...avec en prime, des déversements accidentelles de pétrole sale, quasi innévitables...

    Pourtant, la Colombie Britannique et les USA seront épargnés...

  • Pierre Asselin - Abonné 7 mars 2016 23 h 58

    Premier intervention au BAPE et j'en suis fier

    Considérant que la loi sur la qualité de l'environnement n'a pas été respecté par TransCanada
    Considérant que le ministre de l'environnement à accepté le non-respect de la loi
    et a quand même donné un mandat d'évaluation au BAPE basé sur des documents que vous n'avez pas en main
    Considérant que vous avez le mandat d'assurer l'acceptabilité sociale de ce projet , ce qui est une aberration
    Considérant que le premier ministre s'est dit favorable même s'il n'a pas en main les documents exigés par la loi
    Je crois donc que le ministre de l'environnement , le BAPE et les membres du BAPE n'ont aucune crédibilité et que la population et les différents groupes sociaux représentant les citoyens et citoyennes doivent s'abstenir et contester cette mascarade opérée à leurs frais

  • Donald Bordeleau - Abonné 8 mars 2016 13 h 23

    Un Bape finalement envoyé au oubliette.

    Un groupe de 60 universitaires et de 50 industriels de BC en particulier et du Canada anglais ont publié une lettre ouverte au PM Trudeau pour lui demander d'abandonner les pipelines et les sables bitumineux car ceux-ci ne seront jamais rentables, car le prix du pétrole mondial demeurera très bas...

    http://www.theglobeandmail.com/news/national/scien


    Dans un billet qui a été publié sur le Huff Post à l'effet que ""Énergie- Est est un NON-SENS ÉCONOMIQUE" et il n'y aura pas de demande pour ce pétrole bitumineux. Le coût est estimé de 12 à 15 milliards pour quelques milliers d'emplois temporaire.

    Après 30 ou 40 ans l'on passera à autre chose. Le pipeline servira un jour à exporter de l'eau vers l'ouest.

    http://quebec.huffingtonpost.ca/alain-lavallee/pip