Québec bonifie la lutte contre la radicalisation

Martin Coiteux et Denis Coderre
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Martin Coiteux et Denis Coderre

La subvention d’un demi-million de dollars octroyée par Québec au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) afin qu’il puisse intensifier ses efforts de prévention en milieu scolaire n’a rien à voir avec les événements qui sont survenus au collège de Maisonneuve dans les derniers mois, ont assuré jeudi le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et le maire de Montréal, Denis Coderre.

La somme, qui s’ajoute aux 2 millions de dollars qu’ont déjà investis, conjointement, Québec et Montréal pour les années 2015 à 2017, sert tout de même à « favoriser la prévention,notamment en milieu scolaire », selon l’annonce officielle du ministère de la Sécurité publique.

« Ce n’est pas lié à un événement en particulier. C’est lié à la reconnaissance que ce que fait le centre est extrêmement valable, que c’est une approche qui doit être soutenue, qui doit être reconnue », a affirmé le ministre Coiteux, en insistant sur le « virage préventif » qu’il souhaite préconiser dans « tous les volets de la sécurité publique ».

Pas de publicité à Charkaoui

La direction du collège de Maisonneuve a sollicité le soutien du maire de Montréal, la semaine dernière. Depuis le début de l’année 2015, le cégep fait les manchettes, tantôt parce que certains de ses élèves auraient quitté le pays pour s’engager auprès du groupe armé État islamique, tantôt en raison des ententes de location de locaux qu’il avait avec le prêcheur Adil Charkaoui.

« Je ne donnerai pas de publicité à cette personne », a déclaré le maire Coderre au sujet de M. Charkaoui. « Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est que le personnel enseignant, le personnel étudiant, la haute direction puissent avoir non seulement une oreille attentive, mais des partenaires, advenant des situations qu’ils vivent. »

Depuis son ouverture il y a un an, le CPRMV a reçu 647 appels de personnes qui s’inquiétaient de la radicalisation d’un de leurs pairs. Du nombre, 147 ont mené à une intervention directe de l’équipe du centre et 9 ont été transmis aux autorités policières.

« Ça ne sert absolument à rien de focaliser sur Maisonneuve », a encore insisté le directeur du CPRVM, Herman Deparice-Okomba. « On a fait plus de 140 interventions directes auprès de personnes ou d’individus qui étaient déjà au début du processus de radicalisation [et auprès desquels] on a dû intervenir très, très rapidement. Nous, on travaille avec l’ensemble des écoles, des institutions au Québec. »

Selon M. Deparice-Okomba, le centre consacre 40 % de ses ressources à la formation dans les écoles. « Ce qu’on regarde avec les jeunes, c’est quelle est la meilleure façon de contrer le discours, par exemple, [du groupe] État islamique », a-t-il illustré. « [La subvention] vient nous donner du tonus pour nous concentrer sur la clientèle jeunesse », a-t-il résumé.

1 commentaire
  • P. Raymond - Inscrit 4 mars 2016 12 h 36

    Des doutes et de l'inquiétude

    « Les efforts seront concentrés en milieu scolaire… » Ça, on n'en doute pas une seconde et ça sème une immense inquiétude chez les étudiants et chez tous ceux qui seraient tentés de prendre la rue pour contrer les effets de nos champions de l'austérité radicale pour le peuple et de l'investissement public massif pour les amis du parti et pour sa police politique radicalisée. N'en doutez point, n'en doutez point, suivez son regard.