Un débat peu utile, selon Couillard

La conversation entourant l’étiquette féministe que refusent de porter les ministres Lise Thériault et Stéphanie Vallée n’intéresse guère Philippe Couillard.

« Ce n’est pas un débat utile pour moi », a résumé le premier ministre du Québec en entrevue à Vancouver, mardi soir.

« Le débat véritable, c’est de croire profondément à des gestes concrets pour assurer l’égalité des chances, l’égalité des occasions, la progression des femmes dans la société », a-t-il insisté.

M. Couillard se trouve dans la métropole britanno-colombienne pour participer à des rencontres avec ses homologues provinciaux et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui se dit résolument féministe.

Lorsqu’on demande au premier ministre du Québec s’il se décrirait ainsi, il esquive la question : « Je ne voudrais pas qu’on embarque sur les étiquettes. »

« L’important pour moi, c’est l’action, et que l’on croie profondément à l’égalité, à l’égalité des femmes, à la possibilité d’accéder à n’importe quel poste, à n’importe quel type de profession », a-t-il enchaîné.

« Et c’est de cette façon-là, je crois, que beaucoup de femmes, maintenant, voient les choses aussi », suggère M. Couillard.

Déclaration controversée

Il cite en exemple la nouvelle ministre de la Condition féminine, Mme Thériault, qui s’est attirée de nombreuses critiques après avoir confié en entrevue à La Presse canadienne qu’elle refusait de porter l’étiquette de féministe.

« Je pense que si vous regardez, par exemple, [Lise] Thériault, sa vie même est un témoignage de la capacité des femmes d’accéder aux plus hautes fonctions, et on veut rendre ça possible pour toutes les femmes », fait valoir le premier ministre.

Mercredi, Mme Thériault a rectifié le tir dans une lettre ouverte. La prédécesseure de Mme Thériault à la barre du ministère, Stéphanie Vallée, a quant à elle réclamé le droit de militer pour l’égalité hommes-femmes sans pour autant porter l’étiquette de féministe.

« Je suis davantage une humaniste, c’est davantage ce qui m’anime », a-t-elle dit en entrevue à La Presse canadienne, mardi.


La ministre Thériault se défend

Quelques jours après avoir refusé l’étiquette de féministe, la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, se ravise. Dans une lettre ouverte publiée mercredi dans La Presse+, Mme Thériault souligne qu’elle est bel et bien féministe, mais « à sa manière », sans opposer les hommes et les femmes. La ministre affirme qu’elle ne souscrit pas à la vision « polarisante » de certaines féministes qui veulent confronter les hommes plutôt que les inclure dans leur cause. Elle dit défendre un féminisme « inclusif et rassembleur » pour assurer « l’égalité de fait » entre les hommes et les femmes. Mme Thériault rappelle qu’elle s’est « toujours battue pour l’égalité des femmes et des hommes » et elle concède qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour y arriver. Elle ajoute qu’elle a « pour mission », en tant que ministre, de défendre les intérêts de « toutes les femmes du Québec ». « Au-delà de la rectitude politique et des étiquettes », conclut-elle, c’est la cause de l’égalité entre les sexes qui demeure importante. « À celles et ceux qui s’en étonneraient, je rappelle que cette vision s’inscrit en droite ligne avec la plus récente campagne de sensibilisation des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes », note-t-elle.
14 commentaires
  • André Lajoie - Inscrit 3 mars 2016 00 h 15

    Donc les libéraux sont contre la promotion...

    FÉMINISTE : Doctrine qui fait la promotion des droits des femmes et de l’importance de leur rôle dans la société, mouvement qui milite en faveur des droits des femmes.

    • Donald Bordeleau - Abonné 4 mars 2016 13 h 50

      Beaucoup de dérapage du gouvernement libéral, sur l'environnement, sur le féministe, sur Énergie Est, sur Anticosti, sur l’éducation, pour les CPE, sur Bombardier et sur l'économie qui fait perdre 26 emplois permanents par semaine dans chaque région (17) du Québec depuis 2 ans pour un total de plus 44,000 emplois.

      Les mesures d'austérité actuelles frappent de plein front les femmes qui étaient dans les CRE et les CLD.

      De plus 50% de l'aide a été coupée dans le décrochage scolaire et surtout l'aide au devoir. Le personnel est à 80% féminin.

      Le thème de la Journée internationale des femmes est ( Appel à toutes pour se faire entendre! )

      Cette journée est pour inspirer les actions qui se dérouleront partout au Québec dans le cadre de la Journée internationale des femmes. Le Collectif 8 mars saisira l’occasion de la Journée internationale des femmes pour rencontrer le gouvernement.
      Personne n'oserait prétendre qu'il n'y a pas de forêt mais seulement des arbres. Pourtant un arbre au milieu d'un champ est encore un arbre à 100%.
      En espérant que les ministres Lise Thériault et Stéphanie Vallée seront présentes pour accueillir leur consoeur le 8 mars 2016 et faire acte de présence pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes.

  • Yves Côté - Abonné 3 mars 2016 04 h 55

    "L’important pour moi..."

    "L’important pour moi, c’est l’action...", dit Monsieur Couillard.
    Et il a raison, c'est biel et bien la seul chose qui compte pour lui.
    A tous les jours, briser un peu plus la société, ce qui lui reste de solidarité pour celles et ceux qui ne sont ni riches, ni puissants, pour déshabiller toujours un peu plus la culture et la langue du Québec par des actions.
    Pour une fois, j'affirme formellement que notre Premier ministre ne ment en rien dans sa phrase.

    Tourlou !

  • Jean Lapointe - Abonné 3 mars 2016 06 h 50

    La réflexion n'est pas nécessaire pour Philippe Couillard.

    « Ce n’est pas un débat utile pour moi », a résumé le premier ministre du Québec en entrevue à Vancouver, mardi soir.»

    On voit bien ce que pense Philippe Couillard. Il y a une seule façon de voir les choses et c'est la sienne. Il n'y a donc rien à débattre.

    Il n' y a que l'action qui compte d'après lui. Il n'est pas nécessaire de dire dans quel sens l'action doit être menée ni pourquoi. Lui il sait »d'instinct» dans quel sens elle doit aller et ce n'est pas discutable. Tout le monde doit aller dans le même sens que lui.

    En d'autres mots, pour Philippe Couillard et certains de ses ministres, il n'est pas nécessaire de réfléchir avant d'agir pour bien savoir pourquoi on décide de faire ce que l'on entend faire (l'action). Pour lui réfléchir avant d'agir pour pouvoir tenir compte des connaissances que l'on possède actuellement sur l'être humain et sur les sociétés c'est une perte de temps.

    Ce qui semble caractériser Philippe Couillard et certains sinon tous ses ministres et peut-être même tous les députés du PLQ, c'est l'absence de conscience d'appartenance à différents groupes et les conséquences que cela entraîne dans la vie de chacun.

    Pour eux, aussi incroyable que cela puisse être, il semble n' y avoir que des individus. Chacun se construit de lui-même par lui-même. Rien d'autre ne fait ce qu'il est ou ce qu'elle est. Ce n'est que par la volonté qu'on peut devenir ce qu'on veut devenir.

    Le moins qu' on puisse dire c'est qu'ils et qu'elles semblent avoir une connaissance plutôt limitée de la nature humaine et des sociétés humains.

    On pourrait même dire qu'ils et qu'elles souffrent d'un sous-développement psychologique. Normalement l'éducation permet de sortir de cet égocentrisme propre aux enfants mais on dirait que cela ne s'est pas fait dans certains cas.

    Etre égocentrique c'est être exclusivement centré sur soi-même.

    Nous ne pouvons quand même pas laisser le Québec gouverné par des gens aussi limités. C'est grave.

  • Lisette Saint-Pierre - Abonnée 3 mars 2016 07 h 16

    « Je ne voudrais pas qu’on embarque sur les étiquettes. » Est-ce que ce sont vraiment ses mots ? C'est nul et déprimant qu'un premier ministre s'exprime de cette façon. Et quand le PM déclare : « Ce n’est pas un débat utile pour moi », il pense vraiment que le ton péremptoire employé va dissimuler son manque de profondeur, son incapacité à cerner les questions importantes et à nous livrer un message clair ?
    Laurier V.

    • Yves Côté - Abonné 3 mars 2016 12 h 12

      Madame Saint-Pierre, vous avez cent fois raison.
      Toutefois, pour que le moins de Québécois que possible s'en apperçoivent, les libéraux travaillent depuis des années à sans cesse moins instruire les jeunes et moins jeunes...
      Education, culture, réflexion ?
      Ah ! que de vilains mots pour les porteurs de vraies affaires...
      Individualisme, consommation, puissance, voilà les seuls poêmes qui vaillent pour nos gouvernements depuis quelques décennies.
      Allez-allez, pas de chichi : embarquons donc tous sur des étiquettes comme hier les enfats que nous étions rêvaient de le faire sur des tapis volants.
      Ainsi, nous en survolerons mieux et plus allègrement les débats inutiles de notre existence si particulière en Amérique.

      Mes amitiés républicaines, Madame.

  • Pierre Asselin - Abonné 3 mars 2016 07 h 56

    Mauvaise compréhension ou Ignorance

    Je crois que premier ministre , ministre de condition féminine et ministe de la justice devrait être en mesure de définir ce qu'est la discrimination systémique et ses conséquences .
    Le PM donnant en exemple la ministre Thériault , démontre l'évidence de son imcompréhension et induit la population en erreur . Le PM et ses deux ministres devraient se questionner sur les raisons pour les lesquelles les lois traitant de l'acces à l"égalité en emploi , l'égalité des chances et autres . En plus ils devraient faire une petite recherche pour .au moins , compre ce qu'est la discrimination systemique ..... Difficile de rester poli et posé quand on lit des absurdités semblables

    • Patrick Daganaud - Abonné 3 mars 2016 11 h 14

      Ignorance!

      Quotient culturel zéro.

      Vide libéral abyssal.

      Entreprise gouvernementale de démantèlement massif.