Au tour de la ministre Stéphanie Vallée de refuser de se dire féministe

Stéphanie Vallée est l’actuelle ministre de la Justice, détentrice du portefeuille de la Condition féminine d’avril 2014 à janvier 2016.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Stéphanie Vallée est l’actuelle ministre de la Justice, détentrice du portefeuille de la Condition féminine d’avril 2014 à janvier 2016.

Après que Lise Thériault eut refusé de se considérer comme féministe, celle qui l’a précédée à titre de ministre responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, lui a emboîté le pas, lundi.

« Je ne suis pas de cette génération-là. Honnêtement, j’ai toujours fait mes batailles pour l’égalité », a affirmé l’actuelle ministre de la Justice, détentrice du portefeuille de la Condition féminine d’avril 2014 à janvier 2016. « L’objectif, ce n’est pas d’être supérieure, c’est d’être égalitaire, peu importe notre sexe, peu importe notre orientation sexuelle, peu importe notre race, notre religion », a-t-elle ajouté, pendant une mêlée de presse tenue en marge de l’inauguration d’une maison de naissances dans la région de l’Outaouais.

Dimanche, La Presse canadienne rapportait les propos de Lise Thériault, qui a déclaré être « beaucoup plus égalitaire que féministe » pendant une entrevue à propos de ses priorités d’action dans ses nouvelles fonctions de ministre responsable de la Condition féminine.

En mars dernier, le refus de la ministre Vallée d’étudier l’impact des mesures d’austérité sur les femmes avait dérangé des groupes de femmes. Malgré les études qui avançaient, ici comme en Europe, que les stratégies de sortie de crise auraient creusé le fossé entre les hommes et les femmes ; malgré les doléances des mouvements féministes, la ministre avait martelé qu’il s’agissait là d’opinions et de perceptions.

#FéministeInspirante

Dans la foulée des commentaires de Lise Thériault, le mot-clic #FéministeInspirante a été lancé sur les réseaux sociaux. Des dizaines d’internautes — hommes et femmes — ont partagé des photos et des noms pour « inspirer » la ministre Thériault : Madeleine Parent, Idola Saint-Jean, Marie Gérin-Lajoie, Sue Montgomery ou Dalila Awada ont été suggérées pour accompagner le mot-clic.

« Je suis féministe. Depuis toujours et pour longtemps », a écrit sur Twitter la députée péquiste Agnès Maltais, responsable de la Condition féminine de 2012 à 2014. « Décidément, libéraux et féministes ne font pas bon ménage… », a twitté le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, un peu plus tard.

La porte-parole de Québec solidaire en matière de condition féminine, Manon Massé, s’est quant à elle dite inquiète des propos de Lise Thériault. « Mme Thériault avance que sa priorité est de réduire l’écart entre les hommes et les femmes aux postes décisionnels et qu’il faut simplement aller dans les bons réseaux pour trouver ces femmes. Ce credo est insultant. L’absence des femmes des postes de pouvoir n’est pas une question de si elles prennent leur place ou non, c’est une question de discrimination systémique », a-t-elle déclaré.

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