L’opposition dénonce une privatisation déguisée

Le gouvernement Couillard est en train de favoriser l’expansion du secteur privé dans le réseau de la santé, selon l’opposition péquiste.

La porte-parole péquiste en santé, la députée Diane Lamarre, a estimé mercredi que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se servait de son projet-pilote sur le coût des chirurgies comme d’un « subterfuge » destiné en fait à intégrer davantage le secteur privé au réseau public. « C’est très, très clair. Ça pave la voie à la privatisation »,a dénoncé la députée en point de presse.

La veille, le ministre Barrette avait annoncé qu’il donnait un mandat à trois cliniques privées en vue de déterminer le coût réel d’une chirurgie, première étape vers une réforme du mode de financement des hôpitaux.

À terme, Québec veut passer d’un financement historique, donc renouvelé et bonifié automatiquement d’une année à l’autre, à un financement basé sur les soins réellement prodigués aux patients. À compter du mois de mai et jusqu’à la fin de 2018, des patients du réseau public nécessitant une chirurgie d’un jour seront donc réorientés vers ces cliniques privées, aux frais de l’État. Le ministre Barrette juge essentiel d’utiliser ces cliniques privées pour calculer le coût exact d’une chirurgie et fixer un coût « optimal », qui servirait de référence.

Mme Lamarre juge cet argument « farfelu ». Au contraire, selon elle, le projet-pilote devrait être mené en milieu hospitalier « avec les bons paramètres et la vraie vie » pour donner l’heure juste sur les coûts engendrés. Imperturbable, le ministre Barrette a répliqué en disant que c’était impossible, que le réseau public n’était pas conçu pour faire ce genre de calcul.

Les trois cliniques privées, toutes situées dans la région de Montréal (la clinique de chirurgie Dix30, le Centre de chirurgie Rockland MD et le Groupe Opmédic), pourront se partager quelque 4 millions de dollars par année pour remplir leur mandat. En point de presse, le ministre Barrette a convenu qu’il devrait négocier avec les administrateurs de ces cliniques la marge de profit acceptable pour effectuer les interventions requises dans le cadre du projet-pilote.

12 commentaires
  • - Inscrit 24 février 2016 15 h 16

    Combien de temps ?

    ...les Québécois paieront-ils en double les médecins pour des services médiocres gérés par un ministre d'une si grande nullité ?

    Le docteur Barrette est le pire ministre de la Santé que le Québec ait connu, n'en déplaise aux journalistes qui prennent l'activisme pour de la compétence.

  • Jacques-Olivier Brassard - Abonné 24 février 2016 15 h 34

    Méfions-nous des prédateurs... financiers (les sexuels, on semble avoir compris)

    Nos sociétés sont sous l’emprise de prédateurs financiers : Institutions financières, mafia, médecins.

    Tous appliquent des recettes d’intimidation basées sur la peur :

    « Nous reprendrons votre maison ou vos terres », disent les institutions financières.

    « Nous éliminerons vos êtres parents ou vos enfants », insinue la mafia
    .
    « Nous n’aurons plus le temps de vous soigner et vous, vos parents et vos enfants mourrez dans la souffrance », nous menacent les médecins.

    Et tous, peureux de nature que nous sommes, nous nous soumettons à leurs menaces.
    Nous laissons les institutions financières dicter les règles de la finance, nous laissons la mafia contrôler nos activités commerciales, et nous laissons les médecins décider de notre qualité de vie.

    Pour ces prédateurs insatiables, l’humanité n’est rien d’autre qu’un organisme à but lucratif. Il suffit d’en prendre le contrôle pour en profiter au maximum.

  • Claude Smith - Abonné 24 février 2016 15 h 47

    Mais alors ?

    Si le réseau public n'est pas conçu pour faire ce genre de calcul, comment M, Barrette fera pour comparer les coûts entre le public et le privé ?

    Claude Smith1

  • Michel Laberge - Abonné 24 février 2016 15 h 59

    Les profits au privé; les coûts au public

    En plus du coût des services que nous payons présentement sans aucun profit, nous devrons payer pour les mêmes services et ajouter les profits de ces entreprises privées. C'est un bel exemple du désengagement social de l'état. Le gouvernement plie naïvement devant les lobbys des entreprises requins qui font croire que ça va couter moins cher aux contribuables. Quelle escroquerie.

  • Sylvain Grenier - Inscrit 24 février 2016 16 h 14

    Et pourquoi pas?

    Un partenariat public-privé ou le gouvernement n'a aucune influence politique, contolé par la caisse de dépot en notre nom. Nos dividendes seraient payé sous la forme de meilleurs service et réduction des couts pour tout les québécois. On peut rêver non. ;)