Des craintes s’élèvent à l’approche du budget

Le chantier du Domaine des Méandres, à Québec, en 2012. AccèsLogis finance la construction des logements sociaux qui sont ensuite gérés par des organismes à but non lucratif ou des coopératives.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le chantier du Domaine des Méandres, à Québec, en 2012. AccèsLogis finance la construction des logements sociaux qui sont ensuite gérés par des organismes à but non lucratif ou des coopératives.

L’opposition péquiste et des groupes communautaires en logement craignent que le gouvernement libéral en finisse avec le principal programme en logement social, AccèsLogis. De son côté, le cabinet du ministre responsable du dossier, Martin Coiteux, reste flou sur ses intentions pour le prochain budget.

Le gouvernement est en train de « tuer le programme indirectement », selon Carole Poirier, porte-parole de l’opposition officielle en habitation.

AccèsLogis finance la construction des logements sociaux qui sont par la suite gérés par des organismes à but non lucratif ou des coopératives. Le programme a été créé en 1997 quand le gouvernement fédéral s’était retiré du financement du logement social.

Le chef de l’opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, et Mme Poirier ont rencontré la presse lundi à Montréal aux côtés de groupes concernés pour dénoncer la situation.

La réalisation de 6000 logements a déjà été approuvée dans le passé, mais le processus est bloqué ou ralenti pour diverses raisons — ce qui fait craindre pour les autres 1500 logements qui doivent être développés, disent-ils.

Mme Poirier fait état de délais d’approbation, d’abolition de subventions, bref d’embûches qui lui font croire qu’on pourrait assister bientôt à la fin du programme AccèsLogis.

« Dans la tournée [que j’ai faite], tous les signaux qui ont été donnés aux groupes n’étaient pas au sujet de la reconduction du programme AccèsLogis — de là la crainte de l’abolition du programme. Toutes les conditions qui étaient autour, pour favoriser le programme AccèsLogis, elles ont toutes été abolies. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage », a conclu Mme Poirier.

Invité à réagir, le cabinet du ministre Coiteux rappelle que le gouvernement « soutient toujours » AccèsLogis et qu’il a consacré 126 millions de dollars à la réalisation de nouveaux logements dans le dernier budget.

« Le gouvernement est sensible à la situation des ménages à faibles revenus », souligne l’attachée de presse Marie-Ève Pelletier. Priée de commenter les coupes indirectes dénoncées par le PQ et le milieu, elle rétorque que c’est « pourquoi le gouvernement décide de privilégier l’aide directe » et que « la solution proposée permet d’aider plus de gens, et ce, plus rapidement et plus directement. » Elle n’a pas voulu donner de détail sur le sens à donner à ces propos.

L’aide directe ou Programme de supplément au loyer (PSL) est une aide financière apportée aux locataires à faibles revenus qui permet de limiter leur loyer à 25 % de leur revenu. L’an dernier, le gouvernement a pris une partie de l’argent dévolu antérieurement à AccèsLogis pour réinstaurer ce programme et créer 5800 PSL sur cinq ans (123 millions).

Au Front d’action populaire en réaménagement urbain, on « nage dans l’incertitude », soutient le porte-parole, François Saillant. « Les discussions qu’on a eues avec le gouvernement ne sont pas rassurantes. À leur avis, le programme ne fonctionne pas et il coûte trop cher. »