Sébastien Proulx et Hélène David viennent en relève à Pierre Moreau

La maladie qui touche Pierre Moreau — un possible cancer — a forcé Philippe Couillard à revoir la composition du Conseil des ministres, lundi soir : les ministres Sébastien Proulx (Éducation) et Hélène David (Enseignement supérieur) se partageront la tâche en son absence. 

Élu l'été dernier — et nommé ministre de la Famille il y a moins d'un mois —, M. Proulx a prêté serment à 17 h 30 comme ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Il conserve en plus ses fonctions à la Famille. 

Comme c'était le cas sous le gouvernement Marois, le ministère de l'Éducation est de nouveau scindé en deux. Mme David s'occupera donc de l'Enseignement supérieur. Elle délaisse en contrepartie son poste à la Culture.

C'est le député de Sherbrooke, Luc Fortin, qui prendra la place d'Hélène David à la Culture, aux Communications et comme ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française. M. Fortin était depuis moins d'un mois ministre délégué du Loisir et du Sport. Il devra notamment opérer le « grand renouveau » de la Politique culturelle du Québec.

Actuelle ministre déléguée  à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois s'occupera par ailleurs des dossiers régionaux de M. Moreau (comme ministre responsable de la Montérégie). 

Quant à Pierre Moreau, il demeure membre du Conseil des ministres à titre de ministre délégué aux Finances, le temps qu'il se rétablisse. « Sa nouvelle fonction […] lui permet des activités compatibles avec cette réduction importante de ses activités, tout en permettant à la fois — lorsqu’il aura vaincu son combat ou qu’il sera en train de le gagner — de réintroduire progressivement sa présence au sein du Conseil des ministres », a précisé Philippe Couillard lors d’une conférence de presse suivant la courte cérémonie d'assermentation.

Le premier ministre a indiqué que les nominations ne sont pas temporaires, parlant plutôt de « moyen terme ». 

Maladie

Ce remue-ménage inattendu — le Conseil des ministres a été remanié en profondeur le 28 janvier — a été provoqué par l'annonce que M. Moreau pourrait avoir un cancer. « C'est une triste nouvelle aujourd'hui qui frappe un homme brillant, fort et engagé », a indiqué M. Couillard. 

En fin d'après-midi, un communiqué émis par son cabinet avait révélé que M. Moreau devra « réduire substantiellement ses activités professionnelles au cours des prochains mois ». Le médecin du ministre l'a informé dans la journée que des tests subis récemment ont indiqué la présence probable d'une tumeur. 

« À la suite d'examens requis par l’état de santé de M. Moreau, son médecin l'a informé le 22 février 2016, que “les symptômes, signes cliniques et les tests d’imagerie médicale nous orientent vers une néoplasie” dont la nature reste à préciser », indique le communiqué. « Des biopsies sont en cours et les résultats devraient confirmer le diagnostic. »

Une néoplasie décrit la formation d'un tissu nouveau, parfois tumoral. La masse tissulaire peut être bénigne ou maligne. 

« Le ministre Moreau entend commencer les traitements rapidement afin d’entamer sa guérison et de planifier la reprise de ses activités habituelles », mentionne le communiqué. 

Politicien doué, M. Moreau est perçu comme l'un des ministres les plus solides du gouvernement Couillard. Ses ennuis de santé ont été révélés lorsqu'il a dû s'absenter de la cérémonie d'assermentation du nouveau cabinet, le 28 janvier. M. Moreau était revenu au travail la semaine dernière, visiblement amaigri. 

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a souhaité à l’élu libéral « la force pour le mener à la guérison que nous lui souhaitons tous ». « Bon courage », a-t-il écrit sur Twitter.

Proulx

Sébastien Proulx est un ancien militant et député de l'Action démocratique du Québec (ADQ). Il a joué un rôle de premier plan auprès du chef Mario Dumont, entre 2003 et 2008. Il a été leader parlementaire du jeune parti, avant d'être défait aux élections de 2008. Avocat de formation, il est devenu stratège au bureau du premier ministre Couillard en 2014. Il a été élu député libéral de Jean-Talon, à Québec, à l'élection partielle du 8 juin 2015.

Propulsé parmi les piliers du gouvernement Couillard, M. Proulx en aura beaucoup sur sa table de travail avec deux portefeuilles importants, Famille et Éducation. « La formation de nos enfants commence dès l’âge préscolaire. Il y a donc un intérêt […] et une belle convergence à établir dans la formation des enfants avant l’école, à la maternelle, à l’école primaire et par la suite », a expliqué M. Couillard. Le député de Jean-Talon est « tout à fait en mesure de remplir ce défi », a-t-il fait valoir. 

Le gouvernement gardera le cap dans sa réorganisation du réseau de l’éducation québécois, notamment par l’abolition de l’élection au suffrage universel des commissaires scolaires, a-t-il ajouté « Il n’est absolument pas question de faire un brassage de structures stérile », a insisté le chef du gouvernement, qui souhaite voir le projet de loi 86 visant à « donner de la voix » aux parents et aux enseignants rallier un certain « consensus ».

Quant à Hélène David, députée d'Outremont et soeur de la chef de Québec solidaire, Françoise David, elle vient du milieu universitaire. Docteure en psychologie clinique, elle a notamment été vice-rectrice aux relations internationales et à la Francophonie à l’Université de Montréal, où elle a été professeure de psychologie et chercheuse.

Mme David a été sous-ministre adjointe à l’enseignement supérieur au ministère de l’Éducation dans le gouvernement de Jean Charest.
2 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 22 février 2016 16 h 56

    Du repos loin de la joute parlementaire !

    Reprendre le travail si rapidement n'était peut-être pas la meilleure idée.

    Du repos, du repos loin de la lutte parlementaire, récupérez, subir les traitements appropriés et revenir en santé. Tel est le souhait que nous pouvons faire au Ministre de l'Éducation en qui les espérances et les attentes sont si nombreuses.

  • Donald Bordeleau - Abonné 22 février 2016 22 h 24

    Selon Couillard

    L'éducation c'est un ministère très difficile selon le PM.

    Ce ministre a dit que les CPE ce n'était pas sa tasse de thé. Il se retrouve à un ministère pas facile. Lui qui voulait abolir les commissions scolaires et donner plus de pouvoir aux écoles.

    Aussi couper les subventions aux écoles privées pour retrouver un coussin de 500 millions pour le gouvernement.