Les libéraux accusés de négliger la lutte contre l’exploitation sexuelle

Les porte-parole péquistes en matière de condition féminine et de protection de la jeunesse, Carole Poirier et Jean-François Lisée
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les porte-parole péquistes en matière de condition féminine et de protection de la jeunesse, Carole Poirier et Jean-François Lisée

Alors qu’une cinquième adolescente fréquentant le Centre jeunesse de Laval a été portée disparue lundi, le Parti québécois (PQ) a accusé le gouvernement Couillard de faire preuve de négligence dans le dossier de l’exploitation sexuelle.

De l’avis des porte-parole péquistes en matière de condition féminine et de protection de la jeunesse, Carole Poirier et Jean-François Lisée, non seulement le gouvernement libéral n’a « rien fait »pour lutter contre l’exploitation sexuelle, mais il a ignoré les moyens de lutte contre la traite des femmes qui étaient à sa disposition.

« Ce qu’on reproche au gouvernement libéral, c’est d’avoir cassé un élan. […] On était prêts à agir en 2014, et le gouvernement Couillard n’a pas agi », a déclaré Jean-François Lisée dans une conférence de presse.

Peu de temps après, la police de Laval a médiatisé une nouvelle disparition : celle de Vanessa Ticas, 17 ans, qui devait rentrer au Centre jeunesse de Laval en fin d’après-midi dimanche. La jeune femme, qui n’en est pas à sa première fugue, est la cinquième à disparaître de l’établissement lavallois en un peu plus d’une semaine. Ses quatre consoeurs ont été retrouvées saines et sauves.

Du laxisme

Selon le PQ, les jeunes femmes comme Vanessa Ticas sont en partie victimes du laxisme du gouvernement actuel en matière de lutte contre l’exploitation sexuelle.

Un rapport découlant des travaux d’un comité interministériel mis sur pied par le gouvernement péquiste — et auquel avaient participé 260 groupes, dont le Service de police de Montréal (SPVM) — attendait le gouvernement libéral à son arrivée au pouvoir. Mais ce dernier l’a tabletté, ont reproché les députés péquistes. « C’est un rapport dans lequel des pistes de solution sont indiquées. […] Nous le demandons immédiatement », a exigé Carole Poirier. « On a perdu deux ans », a ajouté M. Lisée.

Ce dernier a ensuite dénoncé le refus, par le gouvernement Couillard, de créer l’escouade policière mixte qu’avait demandée en juin 2014 l’ex-directeur du SPVM, Marc Parent. Le plan prévoyait la création d’une équipe de lutte contre l’exploitation sexuelle composée de policiers de Longueuil, de Laval et de Montréal, de même que la mise sur pied d’un Centre intégré pour les victimes et un soutien supplémentaire à l’équipe de soutien aux urgences psychosociales.

La demande a été refusée « pour des raisons strictement budgétaires », a regretté M. Lisée.

 

Trois leviers d’action

Sa collègue et lui ont aussi déploré les coupes de 20 millions de dollars imposées aux centres jeunesse du Québec en 2014-2015.

« Ce qu’il [le gouvernement] fait, c’est désinvestir sur les trois leviers d’action contre la prostitution juvénile, c’est-à-dire : couper dans les centres jeunesse, couper face aux demandes de la police et couper dans les organismes qui luttent sur le terrain contre les gangs de rue et pour venir en aide aux jeunes filles qui sont prises dans les filets de ces groupes », a pesté Jean-François Lisée.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a rencontré le SPVM et le Service de police de Laval pour discuter des cas récents de fugues d’adolescentes qui seraient sous l’emprise de proxénètes.

Ni le SPVM ni le ministre n’ont souhaité commenter le dossier dans l’immédiat. M. Coiteux devrait cependant répondre aux questions à ce sujet mardi, a fait savoir son attachée de presse.

4 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 9 février 2016 08 h 15

    Et les bélugas!?

    Il ne reste plus qu'à blâmer le gouvernement Couillard pour la disparition des bélugas et ce sera la totale!

    M.L.

    • Bernard Terreault - Abonné 9 février 2016 09 h 26

      Pas si farfelu ! La disparition des bélugas est probablement due à un effluent toxique pour elles dans le fleuve. Et la décision par une quelconque entreprise 'créatrice d'emplois' de déverser ce résidu dans le fleuve a pu être prise avec l'accord implicite d'un gouvernement libéral.

    • Raymond Chalifoux - Abonné 9 février 2016 10 h 51

      Justement, à ce propos...

    • Gilles Théberge - Abonné 9 février 2016 11 h 42

      Oui vous avez raison monsieur Lebel.

      C'est certain que l'attitude Laxiste du Gouvernement et en particulirer de son ministre des ressources naturelles heurtel y sont pour quelque chose!