Les wagons de pétrole ne rouleront pas cette année

Des wagons de brut avaient explosé au centre-ville lors de la tragédie du 6 juillet 2013.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des wagons de brut avaient explosé au centre-ville lors de la tragédie du 6 juillet 2013.

À défaut d’avoir l’annonce d’une voie de contournement, voire même de l’arrêt des convois pétroliers, les résidants de Lac-Mégantic peuvent lâcher un soupir de soulagement pour la prochaine année.

En visite à Lac-Mégantic pour l’inauguration du Bureau de reconstruction du centre-ville, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a confirmé qu’il n’y aurait pas de transport ferroviaire de pétrole dans la localité en 2016.

Le transporteur Central Maine Quebec Railway a repoussé l’échéance qui devait prendre fin ce mois-ci. « Il m’a dit qu’il n’avait pas l’intention de transporter du pétrole brut sur son chemin de fer cette année, pour le restant de 2016 et aussi il m’a parlé des investissements que la compagnie est en train de faire dans le réseau de transport », a indiqué le ministre fédéral.

La question de l’état actuel des rails sur lesquels circulent d’autres matières dangereuses a été soulevée. Durant l’événement, le ministre Marc Garneau a affirmé recevoir « beaucoup de lettres des municipalités pour parler du sujet de la sécurité ferroviaire ». Il a dit prendre ce dossier « très au sérieux ».

Reconstruction

 

Autre nouvelle importante, la reconstruction dans la zone sinistrée de Lac-Mégantic, où a eu lieu le déversement de pétrole, pourra finalement commencer ce printemps, soit plus de deux ans et demi après la tragédie ferroviaire qui a coûté la vie à 47 personnes en plus de détruire une partie du centre-ville de la petite municipalité estrienne de 5815 habitants.

Les travaux de décontamination ont été plus longs et plus compliqués que prévu au départ, selon ce qu’a expliqué le directeur du Bureau de reconstruction du centre-ville de Lac-Mégantic, Stéphane Lavallée, samedi, en entrevue à La Presse canadienne. Il a précisé que les travaux de décontamination n’ont été terminés qu’à l’automne dernier, avant les premières neiges.

M. Lavallée a toutefois souligné que plusieurs projets avaient été mis en branle dès les premières semaines ayant suivi la tragédie du 6 juillet 2013. Deux nouveaux secteurs commerciaux ont vu le jour, moins d’un an après la tragédie.

Le Bureau de reconstruction du centre-ville, qui a été officiellement inauguré samedi, permettra donc d’assurer une continuité puisque son mandat est de coordonner l’effort de reconstruction du centre-ville. Cette entité est dotée d’un budget de 2,2 millions de dollars sur trois ans, dont 1,9 million provient d’Ottawa.

Stéphane Lavallée reconnaît « qu’il sera impossible de tout reconstruire en trois ans », soit la durée du financement allouée au Bureau de la reconstruction du centre-ville. Selon lui, le processus de reconstruction va prendre encore cinq, huit, voire dix ans avant d’être achevé.

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