Le retour de François Blais est accueilli avec prudence

François Blais redevient ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne François Blais redevient ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Bouté hors du ministère de l’Éducation, le ministre François Blais retourne à la case départ en reprenant la barre du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ministère où il avait lui-même jeté les bases de la très controversée réforme de l’aide sociale portée jusqu’à tout récemment par le ministre Sam Hamad.

Jeudi, l’arrivée en poste de ce nouveau porteur de ballon inspirait des sentiments mitigés aux détracteurs de la réforme mise en avant par le gouvernement Couillard, y voyant peut-être un espoir que ce dernier puisse « reculer dans l’honneur et la dignité ».

Encore cette semaine, lors des consultations sur le projet de loi 70, Sam Hamad s’était attiré les foudres des groupes sociaux, des partis d’opposition et même de milieux patronaux, qui estiment que cette réforme pourrait aggraver encore davantage la situation des plus démunis de la société. La réforme en cours vise notamment à sabrer de moitié la prestation de 623 $ que touchent à l’heure actuelle les prestataires aptes au travail qui refuseront d’occuper un emploi.

« Les discussions étaient devenues impossibles avec M. Hamad, et il y a maintenant une certaine unanimité contre cette réforme », a fait valoir Serge Tardif, porte-parole du Collectif contre la pauvreté.

On est toutefois nettement moins optimiste du côté de Québec solidaire (QS), où l’on rappelait jeudi que le ministre Blais, lorsque titulaire du portefeuille de l’Emploi et de la Solidarité sociale pour une première fois, a amorcé les coupes à l’aide sociale en limitant le temps qu’un prestataire d’aide sociale peut passer hors de la province et en coupant le montant du chèque versé à un prestataire partageant son logement. Le ministre Blais est aussi à l’origine du retrait des prestations de 200 $ versées aux personnes en cure de désintoxication, qui a récemment entraîné la fermeture du Centre Mélaric.

« M. Blais n’a pas eu un parcours sans faute à l’éducation. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas conquis le monde de l’éducation. Il fallait un changement à l’aide sociale. Est-ce que le message envoyé, c’est de partir sur de nouvelles bases ? J’ai bien peur que la même médecine soit appliquée », soutient Françoise David, co-porte-parole de QS.

Cette dernière espère aussi que le revenu minimum garanti, que le ministre Blais doit instaurer, sera plus élevé que l’équivalent des chèques d’aide sociale, « qui permettent à peine aux gens de survivre ».

Chose certaine, le ministre Blais devra rapidement afficher ses couleurs, car les consultations sur le projet de loi 70 reprendront dès le 9 février.

Dans son allocution au salon rouge lors du dévoilement de son nouveau conseil des ministres, Philippe Couillard s’est montré quelque peu ambigu à ce sujet. « Je veux que vous sachiez que les décisions que nous prenons, même les plus difficiles, n’ont qu’un seul et unique objectif : améliorer votre qualité de vie et celle de vos proches. » Il a cependant laissé entendre que l’ère de l’austérité tirait à sa fin. « Nous avons maintenant retrouvé collectivement notre capacité financière pour mieux soutenir les secteurs qui nous tiennent tous à coeur, comme l’éducation, la santé, le soutien aux familles et aux personnes vulnérables. »

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