Anglade doit mobiliser et stimuler l’innovation

La nouvelle ministre de l’Économie, Dominique Anglade, aura la pleine et entière collaboration du milieu des affaires au cours des prochains mois, mais celui-ci insiste sur le besoin urgent d’attirer davantage d’investissements privés et de miser sur l’innovation.

Saluée pour son « dynamisme » et sa « feuille de route », Mme Anglade, qui était tout récemment p.-d.g. de Montréal International, prend les rênes d’un ministère névralgique au moment où certains déplorent la faiblesse de la croissance québécoise.

En plus de l’Économie, Mme Anglade hérite de la Science et de l’Innovation et de la nouvelle Stratégie numérique, sur laquelle le gouvernement Couillard travaille depuis l’automne 2014. Ce croisement de portefeuilles a été bien vu.

« Pour nous, l’équation est très simple pour la croissance économique au Québec, a dit le président des Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétrault. Il faut mettre en branle tous les moyens de l’État pour régler nos besoins en main-d’oeuvre qualifiée, mais il faut aussi faire du Québec une des nations les plus innovantes au monde. On signe des traités de libre-échange à la pelle, on a l’Europe dans deux ans, le PTP peut-être dans cinq ans… On n’est pas assez compétitifs. »

Au Conseil du patronat, on a souligné l’urgence de « mobiliser tous les acteurs gouvernementaux pour tenir un discours économique stimulant, susciter davantage d’investissements privés et faire de l’innovation une stratégie centrale ».

Dans sa mise à jour économique de novembre 2015, le gouvernement du Québec a chiffré à 1,5 % la croissance de l’an dernier, grâce aux dépenses des ménages et aux exportations, et a prévu un taux de 1,7 % pour 2016.

Aux yeux des MEQ, le ministre sortant, Jacques Daoust, n’a pas semblé avoir la même sensibilité à l’innovation. Lors d’un point de presse jeudi, M. Daoust a indiqué qu’il demeure quand même au volant du dossier de Bombardier, dans laquelle le gouvernement a promis d’injecter 1,3 milliard pour appuyer le programme CSeries en échange d’une participation de 49,5 % dans le projet.

« Il est clair qu’un des vecteurs de croissance de l’économie québécoise sera la recherche et l’innovation »,a écrit l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec. Ce secteur québécois a pris du retard à l’échelle internationale, a mentionné le groupe. « Les études de l’OCDE indiquent que 50 % de la croissance du PIB peut être attribuable à l’innovation. »

Dans son allocution, le premier ministre Couillard, qui avait promis 50 000 emplois par année pendant cinq ans, a évoqué une économie future « propulsée par deux grandes forces : l’innovation, notamment numérique, et la transition vers une économie plus sobre en carbone ».

L’économie québécoise a créé 48 300 emplois de décembre 2014 à 2015. En cumulant le nombre d’emplois créés et supprimés chaque mois, le total est de 37 000, soit une croissance légèrement supérieure à la moyenne canadienne.

La nomination de Lise Thériault comme ministre responsable des PME a par ailleurs été saluée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui l’a qualifiée de « femme d’action qui connaît très bien les enjeux et la réalité des PME ».

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2 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 29 janvier 2016 12 h 05

    Mobiliser, stimuler, mais aussi synchroniser

    Il est capital que le développement futur des industries des secteurs secondaire et tertiaire soient, non pas orienté, mais vu dans l'axe d'une économie autosuffisante.

    La mondialisation peut être une bonne chose en autant qu'elle ne devient pas essentielle à une saine économie intérieure. Sinon le Québec restera ce qu'il est pour le moment, d'une fragilité extrême face aux marchés.

    L'auto-suffisance est bien sûr un idéal impossible à réaliser totalement. Toutefois, il ne faut jamais perdre de vue que le but d'une économie saine est de permettre à tous, dans un territoire donné, de vivre dans un minimum de sécurité quant aux besoins essentiels. À la rigueur on peut aider les riches à aider les moins nantis, mais jamais ne doit-on privilégier ceux qui le sont déjà sans en retirer une assurance de stabilité immédiate. Les "lendemains qui chantent" n'existent pas.

    C'est ainsi que le devoir du gouvernement et donc de la ministre est de subordonner le secteur des matières premières d'abord au marché interne, et de n'utiliser le marché externe qu'à des intentions de surplus financiers. En clair, il faut éviter la stupidité de l'erreur albertaine. que le Canada payera encopre longtemps d'autant plus que l'ouest refuse de changer de modèle.

    Le virage nécessaire ne se fera pas facilement, surtout en voyant l'entêtement puéril de Couillard à continuer de vendre son Nord, lui qui ne voit en ces marchés que des "opportunités" sans en voir les pièges pourtant grossiers: il condamne le Québec à boîter d'une crise à l'autre sans jamais trouver son propre équilibre.

    C'est contre son propre chef que la ministre doit se positionner. Tâche ardue mais possible en autant quelle développe immédiatement ses arguments via des études appropriées, tâtant les marchés de proximité et se basant sur une main-d'oeuvre qui est encore, pour le moment étant donnée la baisse en éducation, assez forte pour la soutenir.

  • Donald Bordeleau - Abonné 31 janvier 2016 22 h 14

    Perdre 100,000 emplois permanents et ne créer que 50,000 emplois la plupart à temps partiel.

    Ils sont passés du côté du PLQ, le parti de la corruption.

    http://www.journaldemontreal.com/2015/09/25/les-me

    Mais la situation actuelle est difficile pour le Québec. Madame Dominique Anglade va probablement s'inspirer du programme des Gazelles de Madame Élaine Zakaïb.

    Il est prouvé que les PME et les travailleurs autonomes sont l'avenir du Québec.

    Pour réussir, il faut en priorité investir massivement en éducation.

    https://www.economie.gouv.qc.ca/ministere/salle-de-presse/communiques-de-presse/communique-de-presse/?prov=rss&tx_ttnews%5Btt_news%5D=12730&cHash=bc4649edce2cdf27c50c8688479f50d8