Le contrôle ne passe pas nécessairement par un registre, dit la CAQ

Bromont — Le contrôle des armes à feu ne passe pas nécessairement par la mise en place d’un nouveau registre québécois, a déclaré lundi le député caquiste André Spénard, porte-parole du dossier de la sécurité publique pour son parti.

M. Spénard a affirmé que le caucus de la Coalition avenir Québec est divisé sur l’opportunité du projet de loi 64, présenté en décembre par le gouvernement.

« On est en train d’en discuter ; comme dans toutes les formations politiques, il y en a des pour, il y en a des contre, alors on va analyser la situation », a-t-il dit.

Cette initiative a été annoncée par Québec à la suite de la décision du gouvernement fédéral d’abolir le fichier national des armes d’épaule.

Selon le député caquiste, le registre envisagé par le gouvernement du Québec déplaît parce qu’il traiterait les détenteurs d’armes d’épaule comme des criminels en resserrant les contrôles.

La mise en place du projet québécois nécessiterait des investissements de 17 millions de dollars et son coût d’exploitation annuel serait de 5 millions.

En marge d’un caucus des députés de la CAQ en Montérégie, M. Spénard a évoqué d’autres mesures de contrôle qu’un registre, qui pourraient passer par un meilleur contrôle de la carte d’acquisition d’armes à feu, de l’achat de munitions ou de l’achat de permis de chasse.

« On a toujours été pour le contrôle des armes à feu, mais ça ne veut pas dire que ce contrôle passe par un registre comme il en existait un avant au gouvernement fédéral, a-t-il dit dans un point de presse. Y aurait-il un meilleur moyen, tout en épargnant l’argent des contribuables ? »

Après le dépôt du projet de loi 64 par le ministre intérimaire de la Sécurité publique, Pierre Moreau, M. Spénard avait pourtant participé à un point de presse en compagnie d’un regroupement pour le contrôle des armes à feu constitué dans la foulée de la fusillade de l’École Polytechnique à Montréal.

Le député a affirmé lundi que personne n’avait encore lu le projet de loi, qui compte quatre paragraphes, au moment de ce point de presse.

« On n’avait pas lu le projet de loi ; on n’avait pas discuté du projet de loi, a-t-il dit. Personne n’était au courant du projet de loi comme tel. »

En décembre dernier, alors qu’il se tenait à côté de M. Moreau, M. Spénard avait une appréciation sommaire du texte soumis aux législateurs.

« On a vu la loi ce matin, je l’ai lue vitement », avait-il dit.

Des dissensions sont également apparues, au cours des dernières semaines, au sein des groupes péquiste et libéral à l’Assemblée nationale, après avoir pourtant présenté un front uni en décembre.

Plus tôt, lundi, le chef caquiste François Legault a affirmé que son parti était le seul à avoir émis des réserves sur le projet de loi 64.

« Les libéraux, les péquistes, Québec solidaire, tout le monde a dit qu’ils appuyaient sans réserve, a-t-il dit. Nous on a dit qu’on avait des réserves. On a des réserves, entre autres, sur les coûts. On se demande si c’est nécessaire de tout recommencer à zéro. »

Les caquistes demeurent favorables au principe, tout comme les péquistes, ce qui devrait permettre aux parlementaires d’en débattre formellement.

Le député caquiste Benoit Charette a expliqué qu’il n’est pas convaincu de la pertinence du registre.

« On est pour le principe, mais encore faut-il que dans la pratique, ce registre soit pertinent », a-t-il dit.

1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 26 janvier 2016 08 h 47

    Incompréhensible

    Les opposants clament qu'on traite les honnêtes chasseurs comme des criminels. Pourtant, comme automobiliste, je ne me sens pas criminalisé du fait que je suis obligé d'immatriculer mon auto et d'avoir un permis de conduire. Et combien sont-ils ces chasseurs si susceptibles qui font du chantage auprès de certains? Je ne connais aucun chasseur parmi ma centaine de parents, voisins et amis.